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Le blog de Dib hamza

l'évangile de barnabé ( suite )

6 Octobre 2011 , Rédigé par Dib Hamza

Chapitre 54 

Après ces signes, il y aura quarante années de ténèbres sur le monde, Dieu seul étant vivant, à qui soient honneur et gloire éternellement. 

Passés ces quarante ans, Dieu donnera la vie à son Messager, qui surgira comme le soleil, mais aussi resplendissant que mille soleils. Il siégera et ne parlera pas parce qu'il sera comme ravi hors de lui-même. Dieu ressuscitera ses quarante anges préférés qui rechercheront le Messager de Dieu, et l'ayant vu ils lui feront escorte des quatre côtés. 

Puis Dieu donnera la vie à tous les anges qui viendront tourner autour du Messager de Dieu comme des abeilles. Ensuite Dieu donnera la vie à tous les Prophètes qui, un par un à la suite d'Adam, iront baiser la main du Messager de Dieu, en se recommandant à lui. 

Dieu donnera ensuite la vie à tous les élus qui crieront : “ Muhammad, souviens-toi de nous.” A leur voix, la pitié du Messager de Dieu s'éveillera et il pensera à ce qu'il doit faire craignant pour leur salut. 

Puis Dieu, donnera la vie à toutes les choses créées et elles retourneront à leur existence, avec cette différence que chacune sera douée de la parole. 

Ensuite Dieu donnera la vie à tous les réprouvés. En les voyant réapparaître, toutes les créatures de Dieu prendront peur à cause de leur hideur et crieront : “ Que ta miséricorde ne nous abandonne pas, Seigneur notre Dieu!” Ensuite, Dieu fera ressusciter Satan. A sa vue toutes les créatures seront comme morte de crainte à cause de la forme horrible qu'il présentera. Plaise à Dieu, dit Jésus, qu'en ce jour-là, je ne voie un tel monstre! Seul, le Messager de Dieu ne craindra pas ces figures, car il ne craindra que Dieu.” 

Alors l'ange qui nous aura ressuscités au son de sa trompette, fera encore retentir la trompette pour dire : “ Venez au jugement, ô créatures, car votre créateur veut vous juger!” Un trône resplendissant apparaîtra au milieu du ciel, au-dessus de la vallée de Josaphat, et une nuée blanche viendra sur lui. Alors les anges crieront : “ Sois béni, notre Dieu, toi qui nous a créés et qui nous a sauvés de la chute de Satan!” 

Le Messager de Dieu craindra alors car il saura que personne n'a aimé Dieu autant qu'il faut. En effet, celui qui veut obtenir un denier d'or doit donner soixante minutes en échange, et s'il n'a qu'une seule minute, il ne peut pas la changer. Mais si le Messager de Dieu craint alors, que feront les impies qui sont remplis de perversité? 

 

 

Chapitre 55 

Le Messager de Dieu s'en ira rassembler tous les Prophètes. Il leur parlera et les priera d'aller prier Dieu avec lui pour les fidèles. Alors, par crainte, chacun s'excusera. Vive Dieu, je n'irais pas moi-même en sachant ce que je sais. Ce que voyant, Dieu remettra en mémoire à son Messager qu'il a tout créé pour son amour. Aussi la crainte le quittera-t-elle et, avec amour et révérence, il se rendra auprès du trône pendant que les anges chanteront : “ Que ton saint nom soit béni, ô notre Dieu! ” Quand il se sera approché du trône, Dieu se révélera à son Messager, comme l'ami se révèle à l'ami quand ils ne se sont pas vus depuis fort longtemps. Le Messager de Dieu parlera d'abord en disant : “ Je t'adore, je t'aime, mon Dieu, et je te remercie de toute mon âme et de tout mon cœur, parce que tu as daigné me créer pour être ton serviteur. C'est pour mon amour que tu as tout fait, afin que je t'aime pour tout, en tout et par-dessus tout. C'est pour cela que toute créature te rend grâces, ô mon Dieu. ” Toutes les choses créées par Dieu diront alors : “ Nous te rendons grâces, Seigneur, et nous bénissons ton saint nom.” je vous le dis en vérité, en ce temps là, les démons et les réprouvés ainsi que Satan pleureront tellement qu'il sortira plus d'eau des yeux d'un seul d'entre eux que n'en a le Jourdain. Et ils ne verront plus Dieu. Dieu dira à son Messager : “ Tu es le bienvenu, ô mon fidèle serviteur. Aussi demande-moi tout ce que tu veux et tu l'obtiendras.” Le Messager de Dieu répondra : “ Seigneur, je me souviens qu'en me créant, tu dis que tu voulais faire le paradis et le monde, les anges et les hommes par amour pour moi, afin qu'ils te glorifient par moi ton serviteur. Seigneur Dieu, miséricordieux et juste, je te prie donc de te souvenir de la promesse que tu fis à moi, ton serviteur.” Dieu répondra comme un ami qui plaisante avec son ami. Il dira : “As-tu des témoins de cela, mon ami Muhammad? ” Avec révérence, il dira alors : “ Oui, Seigneur.” Dieu répondra : “ Gabriel, va les appeler!” L'ange Gabriel viendra vers le Messager de Dieu et dira : “ Quels sont tes témoins, Seigneur? ” Le Messager de Dieu répondra : “ Ce sont Adam, Abraham, Ismaël, Moïse, David et Jésus fils de Marie.” L'ange s'en ira alors et appellera les susdits qui s'approcheront avec crainte. 

Quand ils se seront présentés, Dieu leur dira : “ Vous souvenez-vous de ce que dit mon Messager ? Ils répondront : “ De quoi, Seigneur ? ” Dieu dira : “ Que j'ai tout fait par amour pour lui, afin que tous me louent par lui.” Chacun répondra : “ Il y a avec nous trois témoins meilleurs que nous, Seigneur.” Dieu demandera alors : “ Qui sont ces trois témoins ? ” Moïse dira alors : “ Le premier, c'est le livre que tu m'as donné.” David répondra : “ Le second, c'est le livre que tu m'as donné.” Celui qui parle dira alors : “ Tout le monde, trompé par Satan, disait que j'étais ton fils et ton compagnon, mais le livre que tu m'as donné dit, ce qui est vrai, que je suis ton serviteur, et reconnaît tout ce que dit ton Messager.” Le Messager de Dieu déclarera alors : “C'est ce que dit le livre que tu me donnas, Seigneur.” 

Après ces paroles du Messager de Dieu, Dieu déclarera : “ Tout ce que je viens de faire, je l'ai fait pour que chacun sache combien je t'aime. ” Cela dit, Dieu donna à son Messager un livre où sont inscrits tous les élus de Dieu et toutes les créatures révèreront Dieu en disant : “A toi seul, notre Dieu, soient louange et honneur, parce que tu nous as données à ton Messager !”

 

Chapitre 56 

Dieu ouvrira le livre dans la main de son Messager. En le lisant, son Messager appellera tous les anges, tous les Prophètes et tous les élus. Chacun portera inscrit sur son front la foi du Messager de Dieu et dans le livre, sera inscrite la gloire du paradis. Alors chacun s'en ira à la droite de Dieu. Près de lui, siègera son Messager, et les Prophètes s'assiéront près de lui. Les saints s'assiéront près des Prophètes, et les bienheureux, près des saints. Alors l'ange sonnera de la trompette et appellera Satan en jugement.

 

Chapitre 57 

Le misérable viendra et sera accusé avec suprême opprobre par toutes les créatures. Puis Dieu appellera l'ange Michel. Celui-ci le frappera cent mille fois. Avec l'épée de Dieu il le frappera. Et chaque coup est lourd comme dix enfers. Puis il sera le premier à être chassé dans l'abîme. L'ange appellera ses partisans qui seront semblablement outragés et accusés. Et l'ange Michel, par commission de Dieu, frappera qui cent, qui cinquante, qui vingt, qui dix, qui cinq fois. Ensuite, ils descendront dans l'abîme, car Dieu leur dira : “ L'enfer est votre demeure, maudits ! ” 

Puis seront appelés en jugement tous les incrédules et les réprouvés. Contre eux se dresseront d'abord toutes les créatures inférieures à l'homme. témoignant devant Dieu qu'elles l'ont servi et que ceux-ci ont outragé Dieu et ses créatures. Chaque Prophète se lèvera et témoignera contre eux. Alors ils seront condamnés par Dieu aux flammes de l'enfer. 

Je vous le dis en vérité, un jour terrible, il n'y aura pas une seule parole ou une seule pensée inutile qui restera sans punition. Je vous le dis en vérité, le cilice resplendira comme le soleil et chaque pou que l'homme aura supporté pour l'amour de Dieu sera changé en pierre précieuse. O bienheureux trois et quatre fois, les pauvres qui auront servi Dieu de tout cœur, dans une vraie pauvreté, car eux qui sont privés en ce monde de tout souci terrestre, seront alors libres de beaucoup de péchés ! En ce jour-là, ils n'auront pas à rendre compte de la façon dont ils auront dépensé les richesse du monde, mais ils seront récompensés de leur patience et de leur pauvreté. Je vous le dis en vérité, si le monde le savait, il choisirait plutôt le cilice que la pourpre, les poux plutôt que l'or, et les jeûnes plutôt que les orgies. 

Quand tout aura été examiné, Dieu dira à son Messager : “ Tu vois mon ami, comme a été grande leur perversité ! Moi, leur créateur, j'avais mis à leur service tout ce qui est créé, et eux, ils m'ont déshonoré en toute chose. Il est donc on ne peut plus juste que je ne leur fasse pas miséricorde. Le Messager de Dieu répondra : “ C'est vrai, Seigneur, notre Dieu glorieux ! Aucun de tes amis et serviteurs ne peut te demander de leur faire miséricorde. Bien plus, moi, ton serviteur, je demande, avant tous, justice contre eux. A peine le Messager aura-t-il prononcé ces paroles que tous les anges et Prophètes et tous les élus de Dieu, - et que dis-je : les élus? Je vous le dis en vérité, les araignées, les mouches et les pierres et le sable, - crieront contre les impies et réclameront justice. Dieu fera alors redevenir terre toute âme vivante inférieure à l'homme. Puis il enverra les impies en enfer. Ceux-ci, en s'en allant, verront cette terre dans laquelle seront retournés les chiens, les chevaux et autres animaux vils, et ils diront : “ Seigneur, fais-nous retourner nous aussi dans cette terre.” Mais ce qu'ils demanderont ne leur sera pas accordé.

 

Chapitre 58 

Tandis que Jésus parlait, les disciples pleuraient amèrement. Jésus aussi versait des larmes abondantes. 

Après ces pleurs, Jean reprit : “ Maître, nous voudrions savoir deux choses. Premièrement, comment est-il possible, qu'en ce jour-là, le Messager de Dieu qui est rempli de pitié et de miséricorde n'aura pas pitié des réprouvés, alors qu'il sont tirés d'une même boue? Deuxièmement, comment faut-il comprendre que l'épée de l'ange Michel est lourde comme dix enfers? Y a-t-il donc plus d'un enfer? Jésus répondit : “ N'avez-vous pas entendu ce que dit le Prophète David : le juste se rira de la perte du pécheur et le méprisera en disant : Voici l'homme qui a mis son espérance dans ses propres forces et dans ses richesses et qui a oublié Dieu? ” “ Je vous le dis donc en vérité, Abraham méprisera son père, et Adam tous les réprouvés. Il en sera ainsi parce que les élus ressusciteront si parfaits et si unis à Dieu que leur esprit ne concevra pas la plus petite pensée contre sa justice. Aussi chacun réclamera-t-il justice, et plus que tout autre le Messager de Dieu. Vive Dieu, en présence de qui je me tiens, si je pleure maintenant par pitié pour l'humaine nature, en ce jour-là je réclamerai justice sans pitié contre ceux qui méprisent mes paroles et surtout contre ceux qui contamineront mon Evangile! ”

 

Chapitre 59 

“ Il n'y a qu'un seul enfer, ô mes disciples, et les damnés y souffriront éternellement leur peine, bien qu'il s'y trouve sept demeures ou régions, l'une plus profonde que l'autre, de sorte que celui qui s'en ira dans la plus profonde souffrira plus grande peine. Pourtant ce que j'ai dit de l'épée de l'ange Michel est tout à fait vrai, car celui qui fait un seul péché mérite l'enfer et celui qui en fait deux est digne de deux enfers. Aussi les réprouvés ressentiront-ils en un seul enfer autant de peine que s'ils étaient eux-mêmes répartis en dix, cent ou mille enfers, car Dieu tout puissant, avec sa puissance et par sa justice, fera en sorte que Satan souffrira autant que s'il se trouvait en dix fois cent mille enfers; et chacun des autres selon sa propre scélératesse. Pierre dit : “ Maître, elle est vraiment grande la justice de Dieu, et tu es fort éprouvé d'en parler aujourd'hui. Tu nous feras donc la grâce de te reposer et demain tu nous diras comment est l'enfer.” Jésus répondit : “ Pierre, tu me dis de me reposer. Pierre, tu ne sais pas ce que tu dis et c'est pourquoi tu as parlé ainsi. Je vous le dis en vérité, le repos dans la vie présente est un poison pour toute piété et un feu qui brûle toute œuvre bonne. Vous est-il donc sorti de mémoire combien Salomon, Prophète de Dieu, et tous les Prophètes réprouvent l'oisiveté? Le fait est qu'il dit : “ Par crainte du froid, le paresseux ne veut pas travailler la terre; il ira donc mendier en été ”. Puis il dit : “ Tout ce que ta main peut faire, fais-le sans repos!” Et que dit Job de notre vie, Job, le très innocent ami de Dieu? : “ Comme l'oiseau naît pour voler, ainsi l'homme naît pour travailler. ” Je vous le dis en vérité, je hais le repos par dessus tout. ”

 

Chapitre 60 

L'enfer est le contraire du paradis, comme l'hiver est le contraire de l'été, et le froid du chaud. Aussi celui qui voudrait raconter les misères de l'enfer devrait voir le paradis des délices de Dieu. Oh, demeure maudite de la justice de Dieu pour la malédiction des infidèles et des réprouvés. Job, l'ami de Dieu, dit d'elle : “ Là, il n'y a pas d'ordre, mais une épouvante éternelle. ” Le Prophète Isaïe dit contre les réprouvés : “ Leurs flammes ne s'éteindront jamais, et leur ver ne mourra pas. ” Et notre père David dit en pleurant : “ Il pleuvra sur eux des éclairs, flèche, soufre et grande tempête. ” Oh malheureux pécheurs, car là-bas, les mets recherchés, les vêtements précieux, les lits recherchés et les chants suaves de leurs harmonies leur donnent la nausée. 

Oh, quelle répulsion provoqueront en eux la faim dévorante, les flammes ardentes, les braises qui font se desquamer la peau, et les tourments cruels et les plaintes amères! ” Ici, Jésus poussa un gémissement pitoyable et dit : “ Vraiment, il vaudrait mieux n'être jamais né que souffrir un aussi cruel tourment! ” 

Maintenant, imaginez un homme tourmenté dans toutes le parties de son corps sans que personne ait compassion de lui et méprisé de tous. Dites-moi, cette peine ne serait-elle pas grande? ” Les disciples répondirent : “ Très grande. ” Jésus dit alors : “ Eh bien, elle serait un délice en enfer, car je vous le dis en vérité, si Dieu mettait en balance toutes les peines que tous les hommes ont souffertes en ce monde et qu'ils souffriront jusqu'au jour du jugement et, d'autre part, une seule heure de peine de l'enfer, les réprouvés choisiraient sans aucun doute les tribulations de ce monde, parce que celles-ci viennent de la main des hommes, tandis que celles-là viennent de la main des diables qui n'ont aucune compassion. 

Oh, de quel feu cruel il les tourmenteront! Oh, quel froid rigoureux, sans que pour autant leurs flammes en soient modérées! Oh, quels grincements de dents! Oh, combien de sanglots et de plaintes! Hélas, misérables pécheurs! Car le Jourdain a moins d'eau que les larmes qui sortiront de leurs yeux en un seul instant. Là, les langues maudiront tout ce qui est créé ainsi que leurs père et mère, et leur créateur, qui est béni éternellement ”

 

Chapitre 61 

Après ces paroles, Jésus et ses disciples se lavèrent selon la loi de Dieu inscrites au livre de Moïse et ils prièrent. ce jour-là, ses disciples, le voyant ainsi affligé, ne lui dirent rien, mais chacun était dans l'épouvante à cause de ses paroles. 

Après vêpres, Jésus ouvrit la bouche et dit : «Quel est le père de la famille qui dormirait, en sachant que le voleur veut forcer la maison? Certainement personne. Il veillerait et se tiendrait prêt à tuer le voleur. Eh bien, ne savez-vous pas, dit Jésus que Satan est comme un lion qui rôde, rugissant et cherchant à dévorer? Ainsi il cherche à faire pécher l'homme. 

Je vous le dis en vérité, si l'homme faisait comme le marchand, il ne craindrait rien ce jour là, car on le trouverait bien prêt. Il était une fois un homme qui donna de l'argent à ses voisins pour qu'ils puissent faire du commerce, et que le bénéfice soit partagé en parts égales. Certains firent donc le commerce si habillement qu'ils doublèrent l'argent; mais d'autres le dépensèrent en faveur de l'ennemi de celui qui le leur avait donné et dirent du mal de lui. Eh bien, dites-moi, quand le voisin appellera ses débiteurs pour faire les comptes, comment cela se passera-t-il? Il donnera sûrement une récompense respectable à ceux qui ont bien commercé. Quant aux autres, il s'emportera contre eux et leur fera injure. Puis il les punira comme le veut la loi. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, le voisin, c'est Dieu, qui a donné à l'homme tout ce qu'il a, ainsi que sa vie, afin que s'il vit bien en ce monde, Dieu en retire les louanges et l'homme la gloire du paradis. Aussi, ceux qui vivent bien doublent l'argent par leur exemple, car les pécheur se convertissent et font pénitence en voyant un tel exemple. C'est pourquoi les hommes qui vivent bien seront récompensés d'une grande récompense. mais les pécheurs scélérats qui, par leur péché, mettent au service de Satan, ennemi de Dieu, tout ce que Dieu leur a donné ainsi que leur propre vie, en blasphémant Dieu et en donnant scandale aux autres, dites-moi, quelle sera leur peine?» - «Elle sera sans mesure.» répondirent les disciples.

 

Chapitre 62 

«Il faut donc que celui qui veut vivre bien, dit Jésus, prend exemple du marchand qui verrouille sa boutique et la garde jour et nuit avec grande vigilance. En revendant, il veut gagner sur tout ce qu'il a acheté, et quand il voit qu'il y perd, il ne veut plus vendre, même pas à son frère. Eh bien, faites de même, car en vérité votre âme est un marchand, et votre corps est la boutique. En effet, tout ce que l'âme reçoit et donne à l'extérieur par les sens, elle l'achète et le vend. La monnaie, en vérité c'est l'amour. Gardez-vous donc de vendre ou d'acheter avec votre amour, même la petite pensée avec laquelle vous ne gagnerez rien! Mais, soit que vous pensiez, soit que vous parliez, soit que vous agissiez, que tout soit pour l'amour de Dieu. En agissant ainsi, vous serez en sécurité en ce jour-là. 

Je vous le dis en vérité, beaucoup font des ablutions et vont prier, beaucoup jeûnent et font des aumônes, beaucoup étudient et prêchent aux autres, mais leur fin est abominable devant Dieu, parce qu'ils lavent le corps et non pas le cœur, ils demandent des lèvres et non pas du cœur, ils jeûnent et se remplissent de péchés; ils donnent aux autres ce qui n'est pas bon pour eux-mêmes afin de passer pour bons; ils étudient pour savoir parler et non pas pour agir; ils prêchent aux autres le contraire de ce qu'ils font eux-mêmes. Aussi se condamnent-ils avec leur propre lange. Vive Dieu, ceux-là ne connaissent pas Dieu avec leur cœur, car s'ils le connaissaient, ils l'aimeraient. Et comme l'homme a reçu de Dieu tout ce qu'il a, il distribuerait tout pour l'amour de Dieu ».

 

Chapitre 63 

Quelques jours après, Jésus passa près d'une ville des Samaritains. Ceux-ci ne voulurent pas le laisser entrer, ni vendre du pain à ses disciples. Alors Jacques et Jean dirent : «Maître, te plaît-il que nous priions Dieu d'envoyer sur eux du feu du ciel? » Jésus répondit : «Vous ne savez pas quel esprit vous guide, c'est pourquoi vous parler ainsi, Souvenez-vous que Dieu voulait détruire Ninive parce que dans cette ville il ne trouvait personne qui craignit Dieu. Elle était si perverse que Dieu ayant appelé le Prophète Jonas pour l'envoyer à elle, il voulu s'enfuir à Tarse par crainte de ces gens. Alors Dieu le fit jeter à la mer, recueillir par un poisson et rejeter près de Ninive. Or, à sa prédication, ces gens-là se convertissent et firent pénitence si bien que Dieu en eût miséricorde. Malheur à ceux qui réclament la vengeance, parce qu'elle viendra sur eux, car tout homme a en lui matière à la vengeance de Dieu! Maintenant, dites-moi, avez-vous créé cette ville et ces gens, fous que vous êtes ? Bien sûr que non! Car toutes les créatures mises ensembles ne peuvent créer ne serait-ce qu'une nouvelle mouche à partir de rien; et c'est cela créer. Si le Dieu béni a crée cette ville et ces gens maintient encore cette ville, pourquoi voudriez-vous la détruire? 

Pourquoi donc n'as-tu pas dis : «Maître, te plaît-il que nous priions le seigneur notre Dieu de convertir ces gens à pénitence?» C'est cela la marque de mon disciple : prier Dieu pour ceux qui lui font du mal! Cela Abel le fit, lorsque son frère Caïn, maudit de Dieu, le tuait. Cela Abraham le fit pour Pharaon qui lui avait pris sa femme, et c'est pourquoi l'ange du Seigneur ne le tua pas, mais qu'il le frappa seulement d'infirmité. Cela Zacharie le fit, lorsque, par décret de roi impie, il fut tué dans le temple. Cela, Jérémie, Isaïe, Ezéchiel, Daniel et David, et tous les amis de Dieu et ses Prophètes saints le firent. Dites-moi, si votre frère tombe malade d'une folie furieuse, voudriez-vous le tuer, parce qu'il parle mal et qu'il frappe quiconque s'approche? Vous ne le feriez certainement pas, mais bien plutôt vous vous efforceriez de lui rendre la santé avec des médicaments appropriés à la maladie.

 

Chapitre 64 

Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, chez le pécheur qui persécute un homme, c'est l'esprit qui est malade. Dites-moi donc, quelqu'un se casserait-il la tête pour déchirer le manteau de son ennemi? Est-il sain d'esprit celui-là? Il se sépare de Dieu, tête de son âme, pour offenser le corps de son ennemi! 

Dis-moi, ô homme, quel est ton ennemi? C'est bien sûr ton corps ainsi que ceux qui te louent. C'est pourquoi, si tu étais sain d'esprit, tu baiserais la main de ceux qui te maltraitent et tu ferais des cadeaux à ceux qui te persécutent et te frappent fort. Et pourquoi, ô homme? Parce que tu seras persécuté et maltraité dans cette vie pour tes péchés, et moins tu le seras au jour du jugement. Mais dis-moi, ô homme, si les saints et Prophètes de Dieu ont été persécuté et diffamés par le monde alors qu'ils étaient innocents, qu'en sera-t-il de toi pécheur? Et s'ils supportaient tout avec patience et priant pour leur persécuteurs, qui dois-tu faire, ô homme, toi qui es digne de l'enfer? Dites-moi, ô mes disciples, ne savez-vous pas que Shimei maudissait le Prophète David, serviteur de Dieu, et lui jetait des pierres? Eh bien, que dit David à ceux qui voulaient tuer Shimei? «Qu'est-ce qu'il te prend, Joab, de vouloir tuer Shimei? Laisse-le me maudire, car c'est ce que Dieu veut. Il changera cette malédiction et bénédiction.» Et il en fut ainsi, car Dieu vit la patience de David et le libéra de la persécution de son fils Absalom. Même une feuille d'arbre ne s'agite pas sans la volonté de Dieu. Aussi, quand tu es dans la tribulation, ne pense pas à ce que tu endures, ni à celui qui te maltraite, mais considère combien tu mérite d'être maltraité des mains des diables de l'enfer à cause de tes péchés. 

Vous êtes en colère contre cette ville parce qu'elle n'a voulu ni vous recevoir, ni vous vendre du pain. Dites-moi, ces gens sont-ils vos esclaves? Leur avez-vous donné cette ville? Leur avez-vous donné le blé? Ou bien les avez-vous aidés à moissonner? Sûrement pas, car vous n'êtes jamais venus par ici, et vous êtes pauvres. Alors, pourquoi avez-vous parlé ainsi ?» Les deux disciples répondirent : «Seigneur, nous avons péché. Que Dieu nous pardonne!» Et Jésus dit : «Qu'il en soit ainsi!».

 

Chapitre 65 

Comme la pâque approchait, Jésus monta à Jérusalem avec ses disciples et se rendit à la piscine probatique. Ce bain était appelé ainsi parce que chaque jour l'ange de Dieu en remuait l'eau, et que le premier infirme qui entrait dans l'eau après cette agitation était guéri. Un grand nombre d'infirmes se tenait donc près de la piscine qui avait cinq portiques. 

Jésus vit un malade qui était là depuis trente huit ans, souffrant de grave infirmité. L'ayant su par inspiration divine, Jésus eut pitié de cet infirme et lui dit : «Veux-tu être guéri?» L'infirme répondit : «Seigneur, je n'ai personne qui m'y plonge lorsque l'ange remue l'eau, et quand je veux entrer, il en vient un plus rapide que moi qui y entre.» Jésus leva alors les yeux au ciel et dit : «Seigneur notre Dieu, Dieu de nos pères, aie pitié de cet infirme!» Puis Jésus ajouta :«Au nom de Dieu, frère, recouvre la santé, lève-toi et emporte ton lit!» L'infirme se leva alors en louant Dieu et emporta son lit sur ses épaules. 

Il s'en allait chez lui en louant Dieu. Ceux qui le voyaient criaient : «C'est aujourd'hui le sabbat, il ne t'est pas permis de porter ton lit!» Il répondit : «Celui qui m'a guéri a dit : prends ton lit et va-t-en chez toi.» Ils dirent : «Quel est celui-là?» Il répondit : «Je ne sais pas son nom.» Alors ils disaient : «Ce doit être Jésus de Nazareth.» D'autres disaient : «Non, il est saint de Dieu, tandis que celui qui a fait cela est mauvais puisqu'il fait violer le sabbat.» Jésus s'étant rendu dans le temple et une grande foule s'étant approchée de lui pour entendre ses paroles, les prêtres se rongeaient d'envie.

 

Chapitre 66 

L'un d'eux vint à lui en disant : «Bon Maître, tu enseigne bien et en vérité; aussi dis-moi, quelle récompense nous donnera-t-il au paradis?» Jésus répondit : «Tu m'appelles bon et tu ne sais pas que Dieu seul est bon, si bon que, comme dit Job, ami de Dieu, un enfant d'un jour n'est pas pur. Il dit même que les anges sont répréhensibles devant lui. Il dit que la chaire attire le péché et recueille les iniquités comme l'éponge recueille l'eau.» 

Confus, le prêtre se taisait. Jésus reprit donc : «Je vous le dis en vérité, il n'y a rien de plus périlleux que de parler. C'est pourquoi Salomon a dit : «La vie et la mort sont au pouvoir de la langue.» Se tournant vers ses disciples, Jésus dit : «Prenez garde à ceux qui vous flattent car ils vous trompent! Avec sa langue, Satan flatta nos premiers parents, mais ses paroles eurent un effet misérable. De la même manière, les sages d'Egypte flattaient Pharaon. De la même manière, Goliath flattait les Philistins. De la même manière, quatre cents faux Prophètes flattaient Achab, mais leurs louanges furent si fausses que celui qui était loué périt avec ses laudateurs. Ce n'est donc pas sans raison que Dieu dit par le Prophète Isaïe : «Mon peuple, ceux qui te flattent te trompent!» Malheur à vous, scribes et pharisiens! Malheur à vous prêtres et lévites! Parce que vous avez tellement corrompu le sacrifice du Seigneur que ceux qui viennent sacrifier croient que Dieu mange comme un homme de la viande cuite!»

 

Chapitre 67 

Pourquoi leur dites-vous : apportez au temple, à votre Dieu, des moutons, des taureaux et des agneaux; n'en mangez pas, mais faites présent à Dieu de tout ce qu'il vous a donné. Et pourquoi ne leur dites-vous pas l'origine du sacrifice? Ce fut pour rappeler que la vie a été rendue au fils de notre père Abraham; pour que ne tombent dans l'oubli ni la foi, ni l'obéissance de notre père Abraham, ni les promesses qui lui furent faites par Dieu, ni la bénédiction qui lui fut donnée. 

Aussi Dieu dit-il par le Prophète Ezéchiel : «Otez-moi vos sacrifices, car vos victimes me sont en abomination.» 

C'est qu'il approche le temps de faire tout ce qu'a dit notre Dieu par le Prophète Osée : «J'appellerai élu le peuple qui n'était pas élu.» Et comme il dit dans le Prophète Ezéchiel : «Dieu fera une alliance nouvelle avec son peuple, mais non pas selon l'alliance que j'ai donnée à vos pères et qu'ils n'ont pas observée» et «il ôtera leur cœur de pierre et leur donnera un cœur nouveau.» Et tout cela sera parce que maintenant vous ne marchez pas dans sa loi. «Vous avez donc la clé et vous n'ouvrez pas, et même vous barrer la route à ceux qui veulent marcher.» 

Comme le prêtre s'en allait pour se rendre du côté du temple où se trouvait le pontife et tout lui raconter, Jésus dit : «Attends, je vais répondre à ta question.»

 

Chapitre 68 

«Tu me demandes de te dire ce que Dieu nous donnera au paradis. Je te le dis en vérité, ceux qui pensent à la récompense, n'aiment pas le maître. En effet si le pasteur qui possède un troupeau de brebis voit le loup, il s'emploie à défendre ses brebis, mais le serviteur ne fait pas ainsi. Quand il voit le loup, il abandonne ses brebis et s'enfuit. Vive Dieu, en présence de qui je me tiens, si le Dieu de nos pères était votre Dieu, vous ne penseriez pas à dire : qu'est ce que Dieu me donnera! Mais vous diriez comme David, son Prophète : «Que donnerai-je à Dieu pour tout ce qu'il m'a donné?» 

Je vous parlerai par comparaison afin que vous me compreniez. Il était une fois un roi qui trouva sur une route un homme dépouillé par les voleurs et grièvement blessé. Il en eut compassion. Aussi ordonna-t-il ses serviteurs de porter cet homme à la ville et de le soigner, ce qu'ils firent en toute diligence. Le roi se prit d'un si grand amour pour le blessé qu'il lui donna pour femme sa propre fille et qu'il le fit son héritier. 

Assurément le roi fut souverainement miséricordieux. Mais l'homme frappa les serviteurs, dédaigna les remèdes, insulta son épouse, dit du mal du roi et incita ses sujets à se rebeller. Quand le roi lui demandait un service, il disait : «Que me donnera le roi en récompense?» Ce qu'entendant, que fit le roi à un tel ingrat?» Ils répondirent tous : «Malheur à lui, car le roi le priva de tout et le punit atrocement.» 

Jésus dit alors : «Prêtres, scribes et pharisiens, et toi pontife qui entends ma voix, je vous annonce ce que Dieu vous dit par son Prophète Isaïe : «J'ai nourri des serviteurs et je les ai exaltés, mais eux m'ont méprisé!» C'est notre Dieu, ce roi qui trouvera Israël en ce monde plein de misères et qui le confia à ses serviteurs, Joseph, Moïse, et Aaron, pour en prendre soin. Notre Dieu éprouva tant d'amour pour le peuple d'Israël qu'il flagella l'Egypte, engloutit Pharaon, dispersa cent vingt rois de Canaan et Madian, et qu'il lui donna sa loi en le faisant hériter de tout le territoire qu'habite notre peuple. 

Mais comment se comporte Israël? Combien de Prophètes n'a-t-il pas tués? Combien de prophéties n'a-t-il pas contaminées? N'a-t-il pas violé la loi de Dieu? Combien même ont quitté Dieu pour aller servir les idoles à cause de votre scandale, ô prêtres! Ne déshonorez-vous pas Dieu par votre manière de vivre? Et vous me demandez maintenant ce que Dieu vous donnera au paradis! Vous auriez dû me demander ce quelle sera la peine que Dieu vous donnera en enfer et quelle vraie pénitence vous devez faire pour que Dieu aie pitié de vous. Cela, je peux vous le dire, et c'est pour cela que je vous ai été envoyé.

 

Chapitre 69 

Vive Dieu en présence de qui je me tiens, de moi vous ne recevrez pas flatterie mais vérité. Or, je vous le dis, repentez-vous et revenez à Dieu comme firent nos pères après avoir péché et n'endurcissez pas votre cœur!» A ces paroles, les prêtres se consumaient de rage, mais par crainte du peuple, ils ne soufflèrent mot. 

Jésus ajouta : «Docteurs, scribes, pharisiens et prêtres, dites-moi, vous voulez des chevaux comme les chevaliers, mais vous ne voulez pas aller à la guerre. Vous voulez de beaux vêtements comme les dames, mais vous ne voulez pas filer, ni nourrir de enfants. Vous voulez les fruits des champs mais vous ne voulez pas cultiver la terre. Vous voulez du poisson de mer, mais vous ne voulez pas aller à la pêche. Vous voulez l'honneur comme citoyens, mais vous ne voulez pas les charges publiques. Vous voulez dîmes et les prémices comme prêtres, mais vous ne voulez pas servir Dieu en vérité. Puisqu'ici bas vous voulez tous les biens sans aucun mal, qu'est ce que Dieu fera de vous? En vérité je vous le dis, il vous donnera un lieu où vous aurez tous les maux sans aucun bien!» 

Après ses paroles, on présenta à Jésus un possédé qui ne parlait pas, ne voyait pas et n'entendait pas. Ayant vu leur foi, Jésus leva les yeux au ciel et dit : «Seigneur, Dieu de nos pères, aie pitié de cet infirme et donne-lui la santé, pour que ce peuple sache que tu m'as envoyé!» Cela dit, Jésus commanda à l'esprit de s'en aller, en disant : «En vertu du nom de Dieu notre Seigneur, sors, mauvais, de l'homme.» L'esprit s'en alla et le muet parla et vit avec ses yeux. 

Chacun fut rempli de crainte, mais les scribes dirent : «C'est en vertu de Belzebul, prince des démons, qu'il chasse les démons!» Jésus dis alors : «Tout royaume divisé en lui-même se détruit et les maisons tombent l'une sur l'autre. Si c'était en vertu de Satan que je chassais Satan, comment son royaume tiendrait-il? Et si vos fils chassent satan par les écritures que leur donna le Prophète Salomon, ils témoignent que je chasse satan en vertu de Dieu. Vive Dieu, le blasphème contre l'Esprit Saint est irrémissible en ce siècle et dans l'autre, parce que le méchant se condamne volontairement lui-même, en connaissant sa condamnation.» Après ces paroles, Jésus sortit du temple et le peuple le glorifiait. Aussi lui amenèrent-il tous les malades qu'ils purent rassembler. Ayant prié, Jésus rendit à tous la santé. 

Or, ce jour-là, à Jérusalem, à l'instigation de Satan, l'armée romaine commença à inciter le peuple à dire que Jésus était Dieu d'Israël et qu'il était venu visiter son peuple.

 

Chapitre 70 

Parti de Jérusalem après la pâque, Jésus entra dans le territoire de Césarée de Philippe. L'ange lui ayant raconté la sédition qui commençait dans le peuple, il interrogea ses disciples : «Qu'est ce que les hommes disent de moi ?» Ils répondirent : «Certains disent que tu es Elie, d'autres que tu es Jérémie, d'autres encore l'un des anciens Prophètes.» Jésus reprit : «Et vous, que dites-vous que je suis ?» Pierre répondit : «Tu es le Christ, fils de Dieu!» Jésus se fâcha alors et le reprit avec colère : «Va-t-en loin de moi, car tu es le diable et tu cherches à m'entraîner au mal.» Et il menaça les onze : «Malheur à vous qui le croyez, car j'ai demandé à Dieu une grande malédiction à ceux qui le croiront.» Et il voulait chasser Pierre. Alors les onze prièrent Jésus pour lui, et Jésus ne le chassa pas, mais il le réprimanda de nouveau en disant : «Prends gardes de ne plus prononcer ces paroles, parce que Dieu te réprouverait ». Pierre pleura et dit : «Seigneur, j'ai parlé comme un sot. Prie Dieu qu'il me pardonne!» 

Jésus dit alors : «Si Dieu n'a pas voulu se montrer à Moïse son serviteur, ni à Elie qu'il aimait tant, ni à aucun Prophète, pensez-vous que Dieu se montrerait à cette génération incrédule ? Ne savez-vous pas que Dieu a tout créé d'une seul parole à partir de rien et que tous les hommes tirent leur origine d'un peu de boue ? Comment donc Dieu pourrait-il avoir quelque ressemblance avec l'homme ? Malheur à ceux qui se laissent tromper par Satan!» 

Cela dit, Jésus pria Dieu pour Pierre, tandis que les onze et Pierre pleuraient et disaient : «Qu'il en soit ainsi! qu'il en soit ainsi, Seigneur notre Dieu béni!» Ensuite Jésus s'en alla en Galilée, pour que se dissipe l'opinion insensée que le peuple commençait à se faire de lui.

 

Chapitre 71 

Dès que Jésus fut dans sa patrie, la nouvelle se répandit à travers toute la Galilée que le Prophète Jésus était venu à Nazareth. On alla donc chercher en toute hâte les malades et on les lui présenta en le priant de les toucher de ses main. La multitude était telle qu'un riche frappé de paralysie, ne pouvant se faire passer par la porte, se fit porter sur le toit de la maison où se trouvait Jésus. Ayant fait découvrir le toit, il se fit descendre avec des draps devant Jésus qui demeura quelques instants sans rien faire. Puis il dit : «Ne crains pas, frère, car tes péchés sont pardonnés!» 

Tous furent scandalisés de l'entendre. Ils disaient : «Quel est celui-là qui pardonne les péchés?» Jésus dit alors : «Vive Dieu, je ne peux pas pardonner les péchés, ni aucun homme, mais seul Dieu pardonne! Pourtant, comme serviteur de Dieu, je peux prier pour les péchés des autres. J'ai donc prié pour cet infirme et je suis sûr que Dieu a exaucé ma prière. Aussi, afin que vous sachiez la vérité, je dis à cet infirme : «Au nom du Dieu de nos pères, Dieu d'Abraham et de ses fils, lève-toi, guéri.» Dès que Jésus eut prononcé ces paroles, l'infirme se leva guéri, et il glorifiait Dieu. 

La foule demanda alors à Jésus de prier pour les malades qui se trouvaient dehors, et Jésus sortit vers eux. Les mains levées, il dit : «Seigneur Dieu des armées, Dieu vivant, Dieu vrai, Dieu saint, Dieu qui ne mourra jamais, aie pitié d'eux!» Et chacun répondit : «Amen!» Cela dit, Jésus imposa les mains aux infirmes, qui recouvrèrent la santé. Et ils glorifiaient Dieu en disant :«Dieu nous a visités par son Prophète! Dieu nous a envoyé un grand Prophète.»

 

Chapitre 72 

Durant la nuit, Jésus dit en secret à ses disciples : «En vérité, je vous le dis, Satan veut vous passer au crible comme on fait pour le forment. Mais j'ai prié Dieu pour vous, et seul celui qui me tend des embûches périra.» Jésus dit cela pour Judas, parce que l'ange Gabriel lui avait dit comment Judas frayait avec les prêtres et leur rapportait tout ce que disait Jésus. 

Celui qui écrit ceci s'approcha de Jésus en pleurant et dit : «Maître, dis-moi qui te trahit!» Jésus répondit : «Barnabé, ce n'est pas encore l'heure que tu le saches, mais bientôt on découvrira le scélérat, car je quitterai ce monde.» Les apôtres pleurèrent alors en disant : «Maître, pourquoi veux-tu nous abandonner? Il vaut bien mieux que nous mourrions plutôt que d'être abandonnés de toi!» Jésus répondit : «Que votre cœur ne se trouble pas et ne s'effraie pas, car ce n'est pas moi qui vous ai créé. C'est Dieu, notre créateur qui vous a créés. Lui vous gardera. Quant à moi, je suis venu dans ce monde pour préparer la voie au Messager de Dieu qui portera le salut au monde. 

Mais prenez garde d'être trompés, car beaucoup de faux Prophètes viendront qui pilleront mes paroles et contamineront mon Evangile.» André dit alors : «Maître, dis-nous à quel signe nous le reconnaîtrons!» Jésus répondit : «Il ne viendra pas de votre temps, mais bien des années après vous, quand mon Evangile sera si effacé qu'il ne restera plus qu'à peine trente fidèles. En ce temps-là, Dieu aura pitié du monde. 

Alors il enverra son Messager, sur la tête duquel se posera une nuée blanche. Aussi sera-t-il reconnu par un élu de Dieu et il sera manifesté par lui au monde. Il viendra avec une grande puissance contre les impies et il détruira l'idolâtrie sur la terre. Je me réjouis de ce que notre Dieu sera connu et glorifié par lui, et qu'on reconnaîtra que je suis véridique. Alors il tirera vengeance de ceux qui diront que je suis plus qu'un homme. En vérité, je vous le dis, dans son enfance la lune bercera son sommeil et, devenu grand, il la saisira dans ses mains. 

Que le monde se garde de le chasser sous prétexte qu'il tue les idolâtres, parce que Moïse, serviteur de Dieu, et Josué en tuèrent beaucoup. Ils ne pardonnèrent pas aux villes, ils les brûlèrent et tuèrent les enfants, car à vieille plaie, on met le feu. 

Il viendra avec la vérité, plus claire que celle de tous les Prophètes et il réprouvera ce dont le monde fait mauvais usage. Les tours de la cité de notre père se salueront d'allégresse. Et quand on verra l'idolâtrie tomber à terre et me reconnaître homme comme les autres hommes, je vous le dis en vérité, le Messager de Dieu sera venu.

 

Chapitre 73 

Je vous le dis en vérité, si à l'avenir Satan vous tente, c'est que vous êtes les amis de Dieu. Personne en effet ne donne l'assaut à ses propres cités. Si Satan faisait chez vous à sa guise, il vous laisserai courir à votre gré, mais il sait que vous êtes ses ennemis, il fera tout son possible pour vous faire périr. Pourtant ne craignez pas, il sera contre vous comme un chien attaché, car Dieu a exaucé ma prière.» 

Jean dit : «Maître, non seulement pour nous, mais pour ceux qui croiront à l'évangile, montre-nous comment le vieux tentateur dresse ses embûches à l'homme?» Jésus répondit : «L'impie tente quatre manières. La première, quand il tente par lui-même en pensées, la deuxième, quand il tente en paroles et en actes par ses serviteurs. la troisième, quand il tente par une fausse doctrine. Et la quatrième, quand il tente par de fausses visions. Oh, comme l'homme doit être prudent! D'autant plus que la chaire de l'homme est favorable à Satan! Elle aime le péché comme celui qui a la fièvre aime l'eau. 

Je vous le dis en vérité, si l'homme craint Dieu, il aura la victoire complète. Comme le dit David, son Prophète : «Dieu t'enverra ses anges; ils garderont si bien tes voies que le diable ne te nuira pas. Car mille tomberont à ta gauche et dix mille à ta droite, mais ils n'approcheront pas de toi.» Bien plus, par le même David, notre Dieu nous promet dans son grand amour de nous garder en disant : «Je te donnerai la raison qui t'enseignera, et sur les routes où tu chemineras, je fixerai les yeux sur toi.» Mais que dis-je? Il a dit lui-même par Isaïe : «Est-il possible que la mère oublie l'enfant de ses entrailles? Eh bien, je te le dis, même si elle l'oubliait, moi je ne t'oublierai pas!» «Dites-moi qui donc craindra Satan en ayant les anges pour gardiens et Dieu vivant pour protecteur? Il faut néanmoins comme le dit le Prophète Salomon que toi, mon fils, qui es allé servir Dieu, tu prépare ton âme aux tentations. Je vous le dis en vérité, pour ne pas pécher contre Dieu son créateur, l'homme devrait examiner ses propres pensées. comme le banquier examine une pièce de monnaie.

 

Chapitre 74 

Il y a eu et Il y a encore dans le monde, des hommes qui soutiennent qu'il n'y a pas de péché de pensée. Leur erreur est très grande. Dites-moi : Comment Satan pécha-t-il? Il pécha certainement en pensant qu'il était plus digne que l'homme. Salomon pécha en pensant inviter à manger toutes les créatures de Dieu, mais un poisson le corrigea en mangeant tout ce qu'il a préparé. Ce n'est donc pas sans raison que notre père David dit : «S'exalter dans son propre cœur établit dans la vallée des larmes.» Et pourquoi donc Dieu crie-t-il par Isaïe son Prophète : «Otez vos mauvaises pensées de devant mes yeux »? Mais dans quel but Salomon dit-il donc : «Avec toute ta garde, garde ton cœur »? Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme : tout cela est dit contre les mauvaises pensées par lesquelles on commet le péché sans penser. 

Dites-moi donc, quand l'agriculteur plante sa vigne, n'enfouit-il pas profondément les plantes? Bien sûr! Eh bien, Satan fait de même. Quand il plante le péché, il ne s'arrête pas à l'œil, ou à l'oreille, mais il va jusqu'au cœur qui est la demeure de Dieu. Comme Dieu dit par Moïse, son serviteur : «J'habiterai en eux afin qu'ils marchent dans ma loi ». Dites-moi donc, si le roi Hérode vous donnait à garder une maison dans laquelle il voudrait habiter, laisseriez-vous son ennemi Pilate y entrer ou y déposer ses affaires? Certainement pas! Eh bien, encore moins devez-vous laissez Satan entrer dans votre cœur et y déposer ses pensées, puisque notre Dieu vous a donné en garde votre cœur qui est sa demeure! 

Regardez donc comme le banquier examine la pièce de monnaie : l'effigie de César est-elle exacte, l'argent est-il bon ou faux, fait-elle le poids? Et il la retourne beaucoup dans sa main. Hélas, monde fou! tu es si prudent dans tes affaires qu'au dernier jour tu reprendras les serviteurs de Dieu et tu les taxeras de négligence et d'inattention car tes serviteurs sont sans aucun doute plus prudents que ne le sont les serviteurs de Dieu! Or, dites-moi quel est celui qui examine une pensée comme fait le banquier pour un denier d'argent? Personne, certainement!»

 

Chapitre 75 

Jacques dit alors : «Maître, comment peut-on examiner une pensée comme on examine un denier?» Jésus répondit : «Dans ta pensée, le bon argent, c'est la piété, parce que toute pensée impie vient du diable. L'effigie exacte, c'est l'exemple des saints est des prophètes que nous devons imiter. Le poids de la pensée, c'est l'amour de Dieu pour lequel on doit tout faire. C'est pourquoi l'ennemi vous enverra des pensées impies contre le prochain, conformes au monde pour corrompre la chair, et des pensées d'amour terrestre pour corrompre l'amour de Dieu.» 

Barthélémy demanda :«Maître, que devons-nous faire pour penser peu afin de ne pas tomber dans le péché? » Jésus répondit: «Deux choses vous sont nécessaires. La première est de vous exercer beaucoup et l'autre est de parler peu. L'oisiveté en effet est une est une sentine ou toutes les pensées impures se rassemblent est le bavardage est une éponge qui recueille des injustices. Aussi est-il nécessaire non seulement que vos actions tiennent le corps occupé, mais encore que l'âme soit occupée par la prière car il ne faut jamais se soustraire à la prière. 

Je vous le dis par comparaison : il était une fois un homme qui payait mal et pour cette raison personne de ceux qui le connaissaient ne voilait aller travailler ses champs. Ce méchant-là dit alors : «J'irai moi-même sur la place trouver les oisifs qui ne font rien et ils viendront travailler dans ma vigne.» Cet homme sortit de chez lui et trouva beaucoup d'étranger qui étaient sans travail et sans argent. il leur parla et les conduisit à sa vigne, mais en vérité, personne de ceux qui le connaissaient et avaient de quoi s'occuper n'y alla. Ce mauvais payeur, c'est satan; il donne de la besogne et pour son service l'homme reçoit les flammes éternelles. Or il est sorti du paradis et il est à la recherche d'ouvriers. Il est sûr qu'il ébauche pour ses travaux les oisifs, quels qu'ils soient, mais surtout ceux qui ne le connaissent pas. Il ne suffit pas du tout de connaître le mal pour l'éviter, mais il faut faire le bien pour l'emporter sur lui.»

 

Chapitre 76 

Je vous le dis par comparaison : il était une fois un homme qui avait trois vignes : il les confia à trois agriculteurs. Le premier ne savait pas cultiver la vigne; elle ne produisit que des feuilles. le deuxième enseignait au troisième comment on doit cultiver les vignes; ce dernier écoutait très bien ses propos et cultiva sa vigne comme il le lui avait dit. Si bien que la vigne du troisième produisit beaucoup. Mais le deuxième laissa sa vigne sans la cultiver et n'employa son temps qu'a parler. 

Le temps venu de payer le loyer au patron de la vigne, le premier dit : «Maître, je ne sais comment on doit cultiver la vigne, je n'ai donc rien récolté cette année!» Le maître répondit : «Insensé! tu n'étais pourtant pas seul au monde! pourquoi n'as tu pas demandé conseil à mon deuxième vigneron qui sait bien cultiver la terre? Pour sûr, tu me le paieras!» Sur ces mots, il le condamna à travailler en prison jusqu'à ce qu'il ait payé son patron. Celui-ci prit de pitié à cause de sa simplicité, le libéra en disant : « Va-t-en je ne veux plus que tu travailles à ma vigne ! Je te remets ta dette, et que cela te suffise !» 

Le deuxième arriva, le patron lui dit : «Que mon vigneron soit le bienvenu! Où sont les fruits que tu me dois ? Tu sais si bien émonder les vignes que la vigne que je t'ai confiée aura certainement bien produit!» Le deuxième répondit : «Maître, ta vigne est debout! car je n'ai pas taillé les branches ni détruit le terrain! Mais la vigne n'a pas produit de fruit, je puis donc pas te payer!» 

Alors le patron appela le troisième et dit avec étonnement : «Tu me disais que cet homme à qui j'ai confié la seconde vigne t'a parfaitement enseigné à cultiver la vigne que je t'ai confiée; comment se fait-il donc que la vigne que je lui ai confiée n'a pas donné de fruit, l'ensemble ne fait pourtant qu'un seul terrain?» Le troisième répondit : «Maître, les vignes ne se cultivent pas seulement avec des paroles; celui qui veut leur faire produire du fruit doit chaque jour suer sang et eau. Comment la vigne de ta vigneron produirait-elle du fruit, Maître, s'il ne fait rien d'autre que perdre son temps à parler? Il est certain, que s'il avait traduit ses paroles en action, il t'aurait donné le revenu de la vigne pour cinq ans, puisque moi qui ne sait pas tellement parler, je t'ai donné le loyer pour deux ans! » Le patron se mit en colère et avec mépris il dit au vigneron : « Ah! tu as fait beaucoup en n'enlevant pas les ceps et ne ratissant pas la vigne! » 

Il faut donc te donner une récompense ! » 

Ayant appelé ses serviteurs, il le fit battre sans nulle pitié. Puis il le mit en prison sous la garde d'un cruel serviteur qui le bat chaque jour. Jamais il ne voulut le libérer, même à la prière de ses amis.

 

Chapitre 77 

Je vous le dis en vérité, au jour du jugement, beaucoup diront à Dieu : « Seigneur, nous avons prêché et enseigné pour ta loi ». Le pierres elles-mêmes crieront contre eux : « Lorsque vous prêchiez aux autres, vous vous êtes condamnés avec votre propre langue, ouvriers d'iniquité!» « Vive Dieu, dit Jésus, celui qui connaît la vérité et qui agit en sens contraire, sera puni d'une peine si grave que Satan en aura presque pitié! Or dites-moi, notre Dieu nous a-t-il donné la loi pour connaître ou pour agir? Je vous le dis en vérité, toute science a pour but la sagesse et celle-ci agit autant qu'elle connaît. 

Dites-moi, si quelqu'un s'asseyant à table, voyait de ses yeux des mets recherchés, mais choisissait de ses mains des choses impures et les mangeait, ne serait-il pas fou? » - «Oui, bien sûr! » répondirent les disciples, Jésus dit alors : «O fou plus que tout autre, fou es-tu, toi, homme, qui connais le ciel par ta raison et qui choisis la terre avec tes mains! Par la raison, tu connais Dieu, et par le désir tu veux le monde! » Par la raison tu connais les délices du paradis, et par tes oeuvres tu choisis les misères de l'enfer! Brave soldat vraiment celui qui marche de nuit désire une lumière elle-même, mais pour voir la bonne route afin de se rendre à l'auberge en sécurité? 

Oh monde misérable qu'il faut mépris et abhorrer mille fois; notre Dieu, par ses saints prophètes, a toujours voulu lui faire connaître le chemin pour se rendre à la patrie et à son repos ! Mais toi, mauvais, non seulement tu ne veux pas marcher, mais, ce qui est pire, tu méprises la lumière! Il est vrai le proverbe du chameau qui n'aime pas boire de l'eau claire/parce qu'il ne veut pas voir sa laide figure. 

Ainsi fait l'impie qui agit mal parce qu'il hait la lumière, afin que ne soient pas connues ses mauvaises actions. Mais celui qui reçoit la sagesse et qui, non seulement n'agit pas bien, mais, ce qui est pire, la fait servir au mal, est comme celui qui emploierait les biens (qu'il a reçus) à tuer celui qui les lui a donnés.

 

Chapitre 78 

Je vous le dis en vérité, Dieu n'éprouva pas de pitié à la chute de satan, mais il en éprouva à la chute d'Adam. Et que cela vous suffise pour connaître l'état malheureux de celui qui connaît le bien et qui fait le mal.» 

André dit alors : «Maître, il est bon de cesser d'étudier pour ne pas tomber dans un tel état.» Jésus répondit : «S'il est bon que le monde soit sans soleil, l'homme sans yeux et l'âme sans raison, alors il est moins bon pour la vie temporelle que l'étude pour la vie éternelle! ne savez-vous pas que c'est un précepte de Dieu que d'étudier? Dieu dit en effet : «Interroge tes anciens et ils t'enseigneront! » Et de la loi, Dieu dit : «Fais en sorte que mon précepte soit devant tes yeux et penses-y, que tu sois assis, en marche ou e tout temps»! Jugez donc vous-mêmes S'Il est bon de ne pas étudier! Oh. qu'il est malheureux celui qui méprise la sagesse, il est sûr de manquer la vie éternelle! » 

Jacques dit : «Maître, nous savons que job n'a pas appris d'un maître, Abraham non plus, et néanmoins ils devinrent saints et prophètes! » Jésus répondit : «Je vous le dis en vérité, celui qui appartient à la maison de l'époux n'a pas besoin d'être invité aux noces, car il habite la maison où ont lie les noces, mais ceux qui sont loin de la maison en ont besoin. Or, ne savez-vous pas que les prophètes de Dieu sont dans la maison de la grâce et de la miséricorde de Dieu? Aussi la loi de Dieu est-elle manifeste en eux. Comme dit à ce propos David, notre père : «La loi de son Dieu est dans son coeur, aussi sa route ne sera pas défoncée.» 

Je vous le dis en vérité, en créant l'homme, notre Dieu non seulement le créa juste, mais il lui mit au coeur une lumière qui lui montrerait qu'il convient de servir Dieu. Bien que cette lumière se soit obscurcie après le péché, elle ne s'est pas éteinte. Ainsi tous les païens ont ce désir de servir Dieu et qu'ils servent les dieux faux et menteurs. Il faut donc que l'homme soit enseigné par le prophètes de Dieu. Ils ont en effet la claire lumière pour enseigner la route qui mène au paradis, notre patrie, en servant bien Dieu, de même qu'il est nécessaire que soit guidé et aidé celui qui a les yeux malades.

 

Chapitre 79 

Jacques dit : «Comment les prophètes nous enseigneront-ils, s'ils sont morts? Et comment celui qui ne connaît pas les prophètes sera-t-il enseigné?» Jésus répondit : «leur doctrine est écrite et il faut l'étudier : elle te tient lieu de prophète. En vérité, je vous le dis, celui qui méprise la prophétie, méprise non seulement le prophète, mais il méprise aussi Dieu qui l'a envoyé comme prophète. Quant à ceux qui, comme les païens, ne connaissent pas le prophète, je vous le dis, s'il y a, en ces régions, un homme qui vit comme son cœur le lui dit sans faire aux autre ce qu'il ne veut pas recevoir d'eux mais qui donne au contraire à son prochain ce qu'il veut en recevoir, un tel homme ne sera pas abandonné par la miséricorde de Dieu. A sa mort, sinon plutôt Dieu lui montrera miséricordieusement et lui donnera sa loi. Pensez-vous peut-être que Dieu a donné sa loi pour l'amour de la loi? Certainement pas! mais Dieu a donné la loi pour que l'homme fasse le bien pour l'amour de Dieu. Si donc Dieu trouve un homme qui, pour son amour, fait le bien, le méprisera-t-il? Certes non! Au contraire, il l'aimera plus que ceux aux quels il a donné la loi. 

Je vous le dis par comparaison : il était une fois un homme qui avait de grand biens, Dans son domaine il y avait un sol aride qui ne produisait que des plantes stériles. Un jour qu'il marchait en ce désert, parmi ses plantes stériles, il trouva une qui portait de beaux fruits. Cet homme dit alors : «Comment cette plante produit-elle des fruits aussi beaux? Je ne veux certes pas qu'on la coupe ni qu'on la mette au feu avec les autres.» Ayant appelé ses serviteurs, il la fit transplanter dans son jardin. C'est ainsi, vous dis-je, que notre Dieu préservera des flammes de l'enfer ceux qui agissent selon la justice, où qu'ils soient.

 

Chapitre 80 

Dites-moi, Job n'habitait-il pas à Hus parmis les idolâtres? Et au temps du déluge, qu'écrit Moïse, dites-moi? Il dit : Noé trouva vraiment grâce devant Dieu. Notre père Abraham avait un père qui n'avait pas la foi puisqu'il faisait lui-même les idoles fausses et qu'il les adorait. Lot habitait parmis les plus grands scélérats de la terre. Daniel enfant, Aananie, Azaria et Misaël furent capturés par Nabuchodnosor. Ils n'avaient que deux ans quand ils furent élevés parmis la foule des idolâtres. Vive Dieu, de même que le feu brûle ce qui est sec et le transforme en feu sans prendre garde si c'est de l'olivier, du cyprès ou du palmier, ainsi notre Dieu fait miséricorde à quiconque agit selon la justice, sans prendre garde si c'est juif, un Scythe, un Grec ou un Ismaélite! 

Mais que ton cœur ne s'y arrête pas, Jacques, car là où Dieu a envoyé le prophète, il faut renoncer en tout à ton propre jugement et suivre le prophète et ne pas dire : Pourquoi dit-il ceci? Pourquoi défend-il ou ordonne-t-il cela? Mais dire au contraire : Dieu le veut! Dieu l'ordonne! Que dit Dieu à Moïse quand Israël méprisait Moïse? «Ce n'est pas toi mais moi qu'ils ont méprisé! » 

Je vous le dis en vérité, l'homme devrait passer tout le temps de sa vie non pas à parler ou à lire, mais à savoir bien agir. Or, dites-moi, quel est le serviteur d'Hérode qui ne cherche pas à lui plaire en le servant bien et en toute sollicitude? Malheur au monde, car il ne cherche qu'a plaire au corps qui est boue et ordure tandis qu'il ne cherche pas, mais qu'il oublie au contraire le service de Dieu qui a fait toutes choses et qui est béni à jamais!

 

Chapitre 81 

Dites-moi : «Eût-ce été un grand péché si les prêtres qui portaient l'arche de l'alliance de Dieu, l'avaient laissé tomber par terre? » En entendant cela, les disciples tremblèrent parce qu'ils savaient que Dieu tua Uzza pour avoir malencontreusement touché l'arche de Dieu. Ils répondirent : «C'eût été un péché très grave!» Jésus dit alors : «Vive Dieu, c'est un péché plus grand encore d'oublier la parole de Dieu par laquelle il a tout fait, par laquelle il t'offre la vie éternelle!» Et après ces paroles, Jésus pria. Après la prière, il dit : «Demain, nous devons passer en Samarie, car c'est ce que m'a dit l'ange saint de Dieu!» 

Un matin de bonne heure, Jésus arriva près du puits que fit Jacob et qu'il donna à Joseph son fils. fatigué par le voyage, Jésus envoya ses disciples à la ville pour acheter de la nourriture et il s'assit près du puits, sur la margelle. Or voici qu'une samaritaine vint au puits tirer de l'eau. Jésus dit à la femme : «Donne-

moi à boire!» La femme répondit : «N'as-tu pas honte, toi qui es Hébreu, de demander à boire à moi qui suis Samaritaine?» Jésus répondit : «Femme, si tu savais qui est celui qui te demande à boire, peut-être lui demanderais-tu toi-même à boire!» La femme reprit : «Et comment me donnerais-tu à boire puisque tu n'as pas de seau pour puiser l'eau, ni de corde et que le puits est profond!» Jésus répondit : «Femme, celui qui boit de l'eau de ce puits aura encore soif, par contre, celui qui boit de l'eau que je donne n'a plus soif, mais à ceux qui ont soif, je leur donnerai à boire si bien qu'ils vont à la vie éternelle.» 

La femme dit alors : «Seigneur, donne-moi de ton eau!» Jésus répondit : «Va et appelle ton mari, car c'est à vous deux que je donnerais à boire.» La femme dit : «Je n'ai pas de mari!» Jésus répondit : «C'est bien, tu as dit la vérité! car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari!» En entendant cela, la femme fut confuse et dit : «Seigneur, à ce que je vois tu es prophète! Dis-moi donc, s'il te plaît, les Hébreux prient sur le mont Sion dans le temple construit par Salomon à Jérusalem et ils disent que c'est là et pas ailleurs, qu'ils trouvent grâce et miséricorde de Dieu, tandis que les nôtres adorent sur ces montagnes et disent que c'est seulement sur les montagnes de Samarie qu'il faut adorer. Quels sont les vrais adorateurs?» 

 

 

Chapitre 82 

Alors Jésus poussa un soupir et pleura en disant : «Malheur à toi, Judée, qui te glorifies en disant :Temple de Dieu! Temple de Dieu! et qui vis comme si Dieu n'existait pas, toute adonnée aux plaisirs et aux intérêts de ce monde! Car, au jour du jugement, cette femme te condamnera à l'enfer puisqu'elle cherche à savoir comment trouver grâce et miséricorde auprès de Dieu!» Puis se tournant vers la femme, il dit : «Femme, vous Samaritains, vous adorez ce que vous ne savez pas, mais nous, Hébreux, nous adorons ce que nous savons. En vérité je te le dis, Dieu est esprit et vérité, et il faut l'adorer en esprit et en vérité. Car la promesse de Dieu s'accomplit à Jérusalem dans le temple de Salomon et pas ailleurs. 

Mais, crois-moi, il viendra un temps où Dieu donnera sa miséricorde dans une autre ville. En tout lieu, on pourra adorer en vérité; et tout lieu tiendra miséricordieusement pour agréable la vraie prière.» La femme répondit : «Nous attendons le Messie; quand il viendra il nous enseignera!» Jésus dit : «Femme, tu sais que le Messie doit venir?» Elle répondit : «Oui, Seigneur!» Alors Jésus se réjouit et dit : «À ce que je vois, femme tu es fidèle! Sache donc que c'est dans la foi du Messie que chaque élu de Dieu sera sauvé. Il est donc nécessaire que tu connaisses la venue du Messie.» La femme dit : «Seigneur, peut-être est-ce toi le Messie?» Jésus répondit : «Je suis vraiment envoyé par Dieu à la maison d'Israël, comme prophète de salut, mais après moi viendra le Messie envoyé par Dieu au monde entier; c'est pour lui que Dieu a fait le monde. Aussi, partout dans le monde, on adorera Dieu et on recevra miséricorde, et l'année du jubilé qui maintenant revient tous les cent ans, reviendra chaque année et en tout lieu, à cause du Messie!» Alors la femme abandonna sa cruche et courut à la ville raconter tout ce qu'elle avait entendu de la bouche de Jésus. 

 

 

Chapitre 83 

Tandis que la femme parlait avec Jésus les disciples revinrent. Ils s'étonnèrent que Jésus parlât ainsi avec une Samaritaine, mais personne ne lui dit : «Pourquoi parlais-tu avec une Samaritaine?» La femme partie, ils disent : «Maître, viens manger.» Jésus répondit : «Je dois manger une autre nourriture.» Alors les disciples se dirent entre eux : «Peut-être quelque passant a-t-il parlé avec Jésus et est-il allé lui chercher a manger.» Et ils interrogèrent celui qui écrit ceci : «Barnabé, quelqu'un est-il venu porter à manger au Maître?» Celui qui écrit répondit : «Il n'y a eu ici que la femme que vous avez vue qui n'a apporté que son seau pour le remplir d'eau.» Alors les disciples furent dans l'étonnement et attendirent la suite des paroles de Jésus. 

Jésus dit alors : «Vous ne savez pas que la vraie nourriture est de faire la volonté de Dieu? Ce n'est pas le pain qui soutient l'homme et lui donne la vie, mais la parole de Dieu par sa volonté. Aussi les saints anges ne mangent-ils pas, mais vivent, nourris seulement de la volonté de Dieu. Ainsi Moïse, Elie, et encore un autre, nous sommes resté quarante jours et quarante nuits sans aucune nourriture.» 

Ayant levé les yeux, Jésus dit : «Combien de temps faut-il encore pour la moisson?» Les disciples répondirent : «Trois mois!» Jésus dit : «Eh bien, regardez comme la colline est blanche de blé! je vous le dis en vérité, il y a une grande récolte à faire aujourd'hui!» Et il montra alors la foule qui venait le voir parce que la femme une fois entrée dans la ville l'avait remué tout entière en disant : «Hommes, venez voir un nouveau prophète envoyé par Dieu à la maison d'Israël!» Et elle leur raconta ce quelle avait entendu de la bouche de Jésus. Arrivée là, la multitude pria Jésus de rester avec eux. Jésus entra dans la ville et y resta deux jours, guérissant tous les malades et leur enseignant le royaume de Dieu. Les habitants de la ville dirent alors à la femme : «Nous croyons plus à ses paroles et à ses miracles que nous n'avons cru à tes discours, car en vérité, il est saint de Dieu, prophète envoyé pour le salut de ceux qui le croiront.» 

Après la prière de minuit, les disciples s'approchèrent de Jésus et il leur dit : «Au temps du Messie, Messager de Dieu, cette nuit sera le jubilé, chaque année, chaque année alors qu'elle revient maintenant tous les cent ans. C'est pourquoi je ne veux pas que nous dormions, mais que nous priions, en inclinant cent fois la tête pour révérer notre Dieu, puissant et miséricordieux qui est béni éternellement. Et chaque fois nous dirons : «Je te loue, Ô notre Dieu unique! Toi qui n'as pas eu de commencement et qui n'auras pas de fin. Toi qui, par ta miséricorde, donnas origine à tout et qui par ta justice, donneras à tout une fin! Toi qui n'as aucune ressemblance avec l'homme, car, dans ton immense bonté, tu ne connais ni mouvement, ni accident. Aie pitié de nous, parce que tu nous as crées et que nous sommes l'œuvre de tes mains!» 

 

 

Chapitre 84 

Après avoir prié Jésus dit : «Remercions Dieu car il nous a fait grande miséricorde à cause de cette nuit. En effet, il a concentré en cette nuit le temps qui doit, de sorte que nous avons prié avec le messager de Dieu. J'ai entendu sa voix!» 

A ces mots les disciples se réjouirent beaucoup et dirent : «Maître, enseigne-nous quelque précepte cette nuit! » Jésus dit alors : «Avez-vous jamais vu mêler le baume et l'ordure?» Ils répondirent : «Non Maître, car personne n'est assez fou pour le faire!» - «Eh bien, dit Jésus, je vous le dis, dans le monde il y a des fous plus grands encore, car ils mêlent le service du monde au service de Dieu, à tel point que beaucoup qui menaient une vie irréprochable ont été trompé par Satan. En priant, ils ont mêlé les affaires de ce monde à leur prière et ils sont devenus abominables devant Dieu. Dites-moi, quand vous vous laver pour prier, ne prenez-vous pas garde d'être touché par quelque chose d'impur? Si, bien sûr! Que faites-vous au contraire quand vous priez? Vous lavez votre âme de ses péchés par la miséricorde de Dieu. Voudriez-vous donc parler de choses de ce monde pendant que vous priez? Gardez-vous de le faire, car chaque parole mondaine se change en ordure du diable sur l'âme de celui qui parle!» 

Les disciples tremblèrent alors parce qu'il avait parlé dans la véhémence de l'esprit et ils dirent : «Maître, que ferons-nous si pendant que nous prions un ami viens nous parler?» Jésus répondit : «Laissez-le attendre et finissez la prière!» Barthélémy dit : «Mais quand il verra que nous ne lui parlons, il se scandalisera et s'en ira!» Jésus répondit : « S'il se scandalise, croyez-moi, il n'est ni votre ami, ni un fidèle, mais au contraire un infidèle et un compagnon de Satan. Dites-moi, si vous alliez parler avec un écuyer d'Hérode et que vous le trouviez en train de parler à l'oreille d'Hérode, vous scandaliseriez-vous s'il vous faisait attendre? Certainement pas! Mais vous seriez réconforté de voir votre ami bien en cour auprès du roi, n'est-ce-pas?» dit Jésus. «C'est tout à fait vrai» répondirent les disciples. Jésus dit alors : «Je vous le dit en vérité, quand quelqu'un prie, il parle avec Dieu. Est-il donc juste que vous cessiez de parler avec Dieu pour parler avec un homme? Est-il juste que votre ami se scandalise parce que vous avez plus de considération pour Dieu que pour lui? Croyez-moi, s'il se scandalise de ce que vous le faites attendre, c'est un bon serviteur du diable, car ce que le diable désir, c'est que Dieu soit délaissé pour l'homme. Vive Dieu, en toute bonne action, celui qui craint Dieu doit se retirer des affaires du monde, pour ne pas corrompre la bonne action! 

 

 

Chapitre 85 

«Lorsque quelqu'un agit ou parle mal, dit Jésus, et qu'un autre entreprend de le corriger et d'empêcher sa mauvaise action, que fait celui-là? » Les disciples répondirent : «Il fait le bien, car il sert Dieu qui cherche toujours à empêcher le mal. comme le soleil cherche toujours à chasser les ténèbres.» 

Jésus reprit : «Et au contraire, moi je vous dis que lorsque quelqu'un agit ou parle bien, celui qui cherche àa l'en empêcher sous prétexte de suggérer quelque chose de mieux, sert le diable et devient même son compagnon, car le diable ne cherche rien d'autre que d'empêcher tout bien. 

Mais que vous dirai-je maintenant? Je vous dirai ce que dit Salomon, prophète saint et ami de Dieu : «Entre mille que vous connaissez, qu'un seul soit votre ami!» Matthieu dit alors : «Nous ne pourrons donc pas aimer tout le monde?» Jésus répondit : «Je vous le dis en vérité : «il ne vous est permis de haïr que le péché, au point que vous ne pouvez pas haïr Satan comme créature de Dieu, mais comme ennemi de Dieu. Savez-vous pourquoi? Je vais vous le dire : parce qu'il est créature de Dieu et que tout ce que Dieu a créé est bon et parfait. Par conséquent celui qui hait la créature hait le créateur. Mais l'ami est un être à part qui ne se trouve pas facilement, mais qui se perd facilement, car l'ami ne souffre pas que l'on contredise celui qu'il aime par-dessus tout. 

Attention, soyez prudents! Ne choisissez pas pour ami celui qui n'aime pas ce que vous aimez! Savez-vous ce que veut dire "ami"? "Ami" ne veut pas dire autre chose que "médecin de l'âme". Alors de même qu'il est rare de trouver un bon médecin qui connaisse les maladies et sache y appliquer les remèdes, de même sont rares les amis qui connaissent les erreurs et savent s'orienter vers le bien. Par contre, ce qui est mal c'est que beaucoup ont des amis qui feignent de ne pas voir les fautes de leur ami; d'autres les excusent, et, ce qui est pire, il y a des amis qui poussent et aident à pécher. Leur fin sera semblable à leur scélératesse. Gardez-vous de les prendre pour amis car, à la vérité, ce sont des ennemis et des bourreaux de l'âme.» 

 

 

Chapitre 86 

«Que ton ami soit aussi capable d'être corrigé que de te corriger, et s'il veut que tu laisses tout pour l'amour de Dieu, qu'il accepte aussi volontiers que tu l'abandonnes lui-même pour le service de Dieu. Mais dites-moi, si l'homme ne sait pas aimer Dieu, comment saura-t-il s'aimer lui-même, comment saura-t-il aimer les autres? Il est tout à fait incapable! 

Aussi quand tu veux choisir un ami, car en vérité, celui qui n'a aucun ami est dans une pauvreté extrême, ne regarde avant tout ni à la noblesse de sa parenté, ni à la noblesse de sa famille, ni à la beauté de sa maison, ni à la beauté de ses vêtements, ni à la beauté de son corps, et non plus à ses belles paroles, car tu serais facilement trompé. Examine par contre s'il craint Dieu, s'il méprise les choses de ce monde, s'il aime faire le bien, et surtout s'il hait sa propre chair. Tu trouveras facilement un véritable ami de cette manière : s'il craint Dieu par-dessus tout, s'il méprise les vanités du monde, s'il est toujours occupé et toujours à faire le bien, et s'il hait son propre corps comme un cruel ennemi. 

Pourtant, un ami comme celui-là, tu ne l'aimeras pas à tel point que ton amour s'arrête à lui, car tu serais idolâtre, mais aime-le comme un cadeau que Dieu t'a fait et Dieu te favorisera de dons plus grands encore. Je vous le dis en vérité, celui qui a trouvé un véritable ami, a trouvé l'un des délices du paradis, et même la clef du paradis ». 

Thaddée dit : «Mais si par hasard quelqu'un avait un ami qui n'était pas tel que tu as dit, Maître, que doit-il faire? Doit-il l'abandonner? » Jésus répondit : «Il faut faire comme le marin avec le bateau. Il reste à son bord aussi longtemps qu'il y voit son intérêt, mais quand il s'aperçoit qu'il y perd, il l'abandonne. Ainsi feras-tu avec un ami plus mauvais que toi : quand il est pour toi objet de scandale, abandonne-le si tu veux pas que t'abandonne la miséricorde de Dieu! 

 

 

Chapitre 87 

Malheur au monde à cause des scandales! Il est nécessaire que le scandale arrive, car tout le monde se trouve dans la méchanceté, mais malheur à ceux par qui le scandale arrive! Il vaudrait mieux que l'homme ait au cou une pierre de moulin et qu'il soit jeté au fond de la mer, plutôt que de scandaliser son prochain! Si ton œil te scandalise, arrache-le, car il vaut mieux que tu ailles en paradis avec un seul œil plutôt qu'en enfer avec deux! Si ta main, ou ton pied te scandalise, agis de même, car il vaut mieux que tu ailles dans le royaume des cieux avec un seul pied ou une seule main plutôt que d'aller en enfer avec deux mains ou deux pieds!» 

Simon, appelé Pierre, dit : «Maître, comment dois-je le faire? En peu de temps je n'aurais certainement plus aucun membre!» Jésus répondit : «Pierre, abandonne la prudence charnelle et tu trouveras aussitôt la vérité. C'est ton œil qui t'enseigne, c'est ton pied qui t'aide à agir, c'est ta main qui t'apporte tout, et quand il sont pour toi occasion de péché, laisse-les, car il vaut mieux pour toi aller au paradis, ignorant ,ayant peu réalisé et pauvre, que d'aller en enfer en savant, avec de grandes réalisations et riche. Tout ce qui t'empêche de servir Dieu, chasse-le loin de toi, comme l'homme chasse tout ce qui l'empêche de voir.» 

Cela dit, Jésus appela Pierre près de lui et lui dit : «Si ton frère pèche contre toi, va le corriger! S'il change de conduite, réjouis-toi car tu as gagné ton frère! Mais s'il s'amende pas, appelle encore deux témoins et de nouveau corrige-le! S'il ne change pas de conduite, va le dire à l'Eglise! Et s'il ne change pas, considère-le comme un infidèle. Tu n'habiteras plus sous le même toit que lui, tu ne mangeras plus à la même table que lui, tu ne lui parleras plus et si tu sais où il met le pied en marchant, tu n'y mettras plus les tiens!» 

 

 

Chapitre 88 

Mais garde-toi de te prendre pour meilleur que lui. Au contraire, tu te diras : «Pierre, Pierre, si Dieu ne t'aidait pas de sa grâce, tu serais pire que lui!» 

Pierre reprit : «Comment dois-je le corriger? » Jésus répondit : «De la même façon dont tu veux être corrigé toi-même, et de même que tu veux être supporté, supporte aussi les autres! Crois-moi, Pierre, en vérité je te le dis, chaque fois que tu corrigeras ton frère avec miséricorde, tu recevras de Dieu miséricorde et tes paroles porteront du fruit. Mais si tu le fait en rigueur de justice, tu seras rigoureusement puni par Dieu et tu ne porteras aucun fruit! Dis-moi, Pierre, ces Pots de terre dans lesquels les pauvres cuisent leurs aliments, les lavent-ils avec des pierres et un marteau de fer? Non, bien sûr, mais avec de l'eau chaude. Les pierres, on les brise avec le fer; le bois on le brûle avec le feu, mais l'homme s'amende par la miséricorde! C'est pourquoi, lorsque tu corrigeras ton frère, tu diras en toi-même : si Dieu ne m'aide pas, demain je ferai pire que n'a fait celui-là aujourd'hui! » 

Pierre reprit : «Maître, combien de fois dois-je pardonner à mon frère? » Jésus répondit : «Autant de fois que tu voudrais qu'il te pardonne! » Pierre dit : «Sept fois par jour? » Jésus répondit : «Chaque jour, tu lui pardonneras non seulement sept fois mais soixante-dix fois sept fois. Car on pardonnera à celui qui pardonne et celui qui condamne sera condamné! » 

Celui qui écrit ceci dit alors : «Malheur aux princes, car ils iront en enfer!» Jésus le reprit en disant : «Es-tu devenu fou, Barnabé, pour avoir parlé ainsi? Je te le dis en vérité, le bain est moins nécessaire pour le corps, le frein pour le cheval et le timon pour le navire, que le prince pour la république! Pour quelle raison Dieu donna-t-il Moïse, Josué, Samuel, David, Salomon et tant d'autres qui rendirent la justice et leur donna-t-il l'épée pour extirper les iniquités?» 

Celui qui écrit dit alors : «Comment doit-on juger, en condamnant et en pardonnant en même temps?» Jésus répondit : «Tout le monde n'est pas juge; au juge seul appartient de condamner les autres, Barnabé! Le juge doit condamner le coupable comme un père ordonne que l'on coupe à son fils un membre pourri afin que tout le corps ne pourrisse pas!» 

 

 

Chapitre 89 

Pierre dit : «Combien de temps dois-je attendre que mon frère se repente?» Jésus répondit : «Aussi longtemps que tu voudras qu'on attendît pour toi!» Pierre dit : «Personne ne comprendra cela, parle-nous donc plus clairement! » Jésus répondit : «Attends ton frère aussi longtemps que Dieu t'attend! » «Ils ne comprendront pas cela non plus» dit Pierre. Jésus répondit : «Attends-le jusqu'à ce qu'il ait le temps de se repentir! » Alors Pierre s'attrista avec les autres, car ils ne comprenaient pas ce que cela voulait dire. 

Jésus dit donc : «Si vous étiez sains d'esprit et si vous saviez que vous êtes pécheurs, vous ne penseriez jamais à fermer votre cœur à la miséricorde envers le pécheur. Eh bien, je vous le dis clairement, on doit attendre la pénitence du pécheur jusqu'à ce qu'il ait l'âme sur ses dents pour expirer, car c'est ainsi qu'attend notre Dieu puissant et miséricordieux. Dieu n'a pas dit : «A l'heure où le pécheur jeûnera, fera l'aumône, priera et ira en pèlerinage, je lui pardonnerai », car cela, beaucoup l'ont fait qui sont damnés à jamais. Mais il dit : «A l'heure ou le pécheur se repentira de ses péchés pour moi, je ne me souviendrai plus de ses iniquités.» 

Comprenez-vous cela? » dit Jésus. Les disciples répondirent : «En partie, oui, en partie, non!» Jésus dit : «Quelle est la partie que vous ne comprenez pas? » Ils répondirent : «Que beaucoup de ceux qui ont prié et ont jeûné sont condamnés! » Jésus dit alors : «Je vous le dis en vérité, les hypocrites et les païens font plus de prières, d'aumônes et de jeûnes que n'en font les amis de Dieu! Mais comme ils sont sans foi, ils ne peuvent pas se repentir pour l'amour de Dieu et ils sont damnés.» 

Jean dit alors : «Pour l'amour de Dieu, enseigne-nous la foi! » Jésus répondit : «Il est l'heure de la prière de l'aurore! » Ils se levèrent donc et, après s'être lavés, ils prièrent Dieu qui est béni éternellement! . 

 

 

Chapitre 90 

Après la prière les disciples s'approchèrent à nouveau de Jésus, et lui, ayant ouvert la bouche, dit : «Approche, Jean, car aujourd'hui je répondrai à ce que tu as demandé! 

La foi est un sceau avec lequel Dieu marque ses élus. Il a donné ce sceau à son messager et c'est des mains de celui-ci que chaque élu a reçu la foi. Aussi de même que Dieu est un, ainsi la foi est une. Ayant créé son messager avant tout chose, Dieu lui donna avant tout autre la foi qui est comme une représentation de Dieu lui-même et une représentation de ce que Dieu a fait et a dit. En conséquence, le fidèle voit tout par la foi, mieux qu'avec les yeux, car les yeux peuvent se tromper -et même ils se trompent presque toujours- mais la foi ne se trompe jamais puisqu'elle a pour fondement Dieu et sa parole. 

Croyez-moi, c'est par la foi que sont sauvé tous les élus de Dieu. Sans la foi, il est absolument impossible de plaire à quelque Dieu que ce soit. C'est pourquoi Satan ne cherche pas à détruire jeûnes, prières, aumônes, pèlerinage; il y pousse même les infidèles, car il prend plaisir à voir l'homme travailler sans recevoir de salaire. Par contre, il prend toutes sortes de peines et de soins pour détruire la foi. C'est donc avec soin extrême qu'il faut la conserver. 

Le plus grand effort consistera à abandonner le "pourquoi" car le "pourquoi" chassa l'homme du paradis et changea Satan de très bel ange en horrible diable.» Jean dit alors : «Comment donc abandonnerons-nous le "pourquoi", puisqu'il est la porte de la science? » Jésus répondit : «Au contraire, il est la porte de l'enfer! » Jean se tut donc. Alors Jésus ajouta : «Quand tu sais que Dieu a dit une chose, qui es-tu, ô homme, pour dire : «Pourquoi as-tu parlé ainsi., ô Dieu? pourquoi as-tu agis ainsi? » La poterie dira-t-elle à celui qui l'a faite : «Pourquoi m'as-tu faite pour contenir de l'eau et non pas pour conserver du baume? » Je vous le dis en vérité, il faut s'assurer contre toute tentation par ces mots : «Dieu l'a dit, Dieu l'a fait, Dieu le veut! En faisant cela, tu vivras, en toute sécurité.» 

 

 

Chapitre 91 

En ce temps là, il y a eu un grand soulèvement en Judée pour l'amour de Jésus, car l'armée romaine, à l'instigation de Satan, poussait les Hébreux à dire que Jésus était Dieu venu les visiter. Elle suscita donc un conflit tel qu'aux approches du carême, toute la Judée était en armes, au point qu'on trouvait le fils contre le père et le frère contre le frère. Quelque uns disaient en effet que Jésus était Dieu venu en ce monde; d'autres disaient que non, mais qu'il était le fils de Dieu; d'autres encore disaient que non, parce que Dieu ne ressemble en rien à un homme et qu'il n'engendre donc pas d'enfants, mais que Jésus de Nazareth est prophète de Dieu. Tout cela pris naissance à cause des grands miracles que fit Jésus. 

Il fallut pour apaiser le peuple, que le pontife montât à cheval, revêtu des habits pontificaux, le saint nom de Dieu, "tetragmmaton", au front. Montèrent aussi à cheval le gouverneur Pilate et Hérode, trois armées se rassemblèrent à Miçpa, chacune composée de deux cent mille hommes capable de porter l'épée. Hérode leur parla, mais ils ne se calmèrent pas. Puis le gouverneur et le pontife parlèrent en ces termes : «Frères, cette guerre est suscitée par Satan, car Jésus est vivant; c'est à lui que nous devons recourir et demander qu'il nous donne témoignage sur lui-même afin que nous croyions en lui selon sa parole.» A cela, tous se calmèrent et, les armes déposées, ils s'embrassèrent en se disant les uns aux autres : «Pardonne-moi, frère!» 

Ce jour-là, chacun décida donc dans son cœur de croire à Jésus selon ce qu'il dirait. En conséquence, le gouverneur et le pontife promirent de grandes récompenses à celui qui viendrait dire où se trouvait Jésus. 

Chapitre 92 

En ce temps-là, nous allâmes avec Jésus au mont Sinaï, selon la parole de l'ange saint, et Jésus y fit le carême avec ses disciples. 

Le carême passé, Jésus s'approcha du Jourdain pour aller à aller à Jérusalem. L'un de ceux qui croyaient joie, il courut en criant tout le temps : «Notre Dieu arrive!» Arrivé dans la ville, il la troubla tout entière en disant : «Notre Dieu arrive! O Jérusalem, prépare-toi à le recevoir!» Et il témoigna qu'il avait vu Jésus près de Jourdain. 

Tous sortirent de la ville pour vois Jésus, du plus petit au plus grand, si bien que la ville resta déserte. Les femmes portèrent même leurs petits enfants dans leurs bras. Et elles en oublièrent d'emporter quoi manger. 

L'ayant entendu, le gouverneur et le pontife montèrent à cheval et envoyèrent un messager à Hérode, Lui aussi monta à cheval pour aller trouver Jésus afin que s'apaise le conflit du peuple. Ils le cherchèrent donc pendant deux jours dans le désert près de Jourdain, et le troisième jour, vers midi, ils le trouvèrent. 

Il était en train de se purifier avec ses disciples pour prier selon le livre de Moïse. En voyant la multitude de gens qui couvraient la terre, Jésus s'étonna

 

Après ces paroles, la foule s'approcha et, quand elle le reconnut, elle se mit à crier : «Sois le bien retrouvé, ô notre Dieu!» Et ils commencèrent à le révérer comme on fait pour Dieu. Mais Jésus poussa un grand gémissement et dit : «Eloignez-vous de moi, fous, car j'ai peur que la terre ne s'ouvre et ne me dévore avec vous à cause de vos abominables paroles!» Alors le peuple fut rempli de terreur et commença à pleurer. 

 

 

Chapitre 93 

Ayant levé la main pour faire silence, Jésus dit : «Vraiment vous avez commis un grand péché, ô Israélites, en m'appelant votre Dieu, moi qui suis un homme. Je crains que Dieu n'inflige un grand fléau à la cité sainte à cause de cela, et qu'il ne la livre à la servitude étrangère. Que soit mille fois maudit Satan qui vous y a poussés!» Cela dit, Jésus se frappa le visage des deux mains et une telle clameur de pleurs s'éleva que personne ne pouvait entendre ce que Jésus disait. 

Alors il leva de nouveau la main pour faire le silence eut apaisé ses pleurs, il ajouta : «Je proclame à la face de ciel et je prends è témoin tout ce qui habite sur la terre que je suis homme, né d'une femme, mortel, soumis au jugement de Dieu, supportant les misères du manger et du dormir, du froid et du chaud comme les autres hommes. C'est pourquoi quand Dieu viendra juger mes paroles, il frappera comme une épée tous ceux qui croiront que je suis plus qu'un homme.» 

Après ces paroles, Jésus vit une grande multitude à cheval, et il comprit que le gouverneur, Hérode et le souverain pontife venaient à lui. Jésus dit alors : «Ceux-là aussi sont-ils devenus fous?» Le gouverneur, Hérode et le Pontife étant arrivés, tous descendirent de cheval et firent cercle autour de Jésus, de sorte que l'armée ne pouvait faire reculer le peuple qui désirait entendre Jésus parler avec le Pontife. Jésus s'approcha avec révérence du pontife. Celui-ci voulut se prosterner et adorer Jésus, mais Jésus cria : «Prends garde à ce que tu fais, ô prêtre du Dieu vivant! ne pèche pas contre notre Dieu! » Le pontife répondit : « La Judée est à présent si bouleversée par tes prodiges et par ta doctrine qu'ils crient que tu es Dieu; alors, contraint par la foule, je suis venu ici avec le gouverneur romain et le roi Hérode. Nous te prions donc de tout cœur qu'il te plaise d'apaiser le conflit dont tu es cause, car une partie des gens dit que tu es Dieu, une partie dit que tu es fils de Dieu, et une partie dit que tu es prophète.» Jésus répondit : «Et toi, grand prêtre de Dieu, pourquoi n'as-tu pas calmé ce conflit? As-tu perdu l'esprit toi aussi? Les prophéties et la loi de notre Dieu sont-elles rejetées dans l'oubli? Oh malheureuse Judée trompée pas Satan! 

 

 

Chapitre 94 

Puis Jésus ajouta : «Je proclame devant le ciel et je prends à témoin tout ce qui habite sur la terre que je suis étranger à tout ce que ces hommes ont dit de moi, à savoir que je serais plus qu'un homme. je suis homme, né d'une femme, soumis au jugement de Dieu, vivant ici avec les autres hommes, soumis au misères communes. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, tu as commis un grave péché, ô pontife, en disant ce que tu as dit. Qu'il plaise à Dieu qu'une grande vengeance ne vienne pas sur la ville sainte à cause de ce péché!» 

Le pontife dit alors : «Que Dieu nous pardonne! Et toi, prie pour nous!» Le gouverneur et Hérode dirent aussi : «Il est impossible à un homme de faire ce que tu fais, Seigneur! Nous ne comprenons donc pas ce que tu dis!» Jésus répondit : «Ce que vous dites est vrai, car c'est Dieu qui opère le bien dans l'homme, comme c'est satan qui y opère le mal; l'homme est en effet est comme une boutique dans laquelle celui qui entre, agit et vend à sa guise. Mais, dis-moi, Gouverneur, et toi, Roi, vous dites cela parce que vous êtes étrangers à notre loi? Si vous lisiez le testament et l'alliance de notre Dieu, vous verriez que Moïse, d'un coup de baguette, changea l'eau en sang, la poussière en puces, la rosée en tempête et la lumière en ténèbres. Il fit venir en Egypte les grenouilles et les rats, et ils couvrirent la terre; il tua les premiers-nés et ouvrit la mer où il engloutit Pharaon. Je n'ai fait aucune de ses choses-là, et pourtant chacun admet que Moïse est un homme, mort à présent! Josué arrêta le soleil et ouvrit le Jourdain; cela, je ne l'ai pas fait non plus; et pourtant chacun admet qu'il est un homme, mort à présent! Elie fit venir visiblement le feu du ciel et la pluie; cela, je ne l'ai pas fait, et pourtant chacun admet qu'Elie est un homme! Et tant d'autres prophètes saints, amis de Dieu qui, en vertu de Dieu ont fait des choses que ne peut comprendre la raison de celui qui ne connaît pas notre Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui est béni éternellement! 

 

 

Chapitre 95 

Le gouverneur, le pontife et le roi prièrent don Jésus de monter sur un lieu élevé et de parler au peuple pour calmer la foule. Jésus monta alors sur l'un des douze rochers fit extraire du milieu du Jourdain par les douze tribus quand Israël y passa à pied sec. Puis il dit à haute voix : «Que notre pontife monte sur un lieu élevé, pour que je lui confirme mes paroles!» Le pontife y monta donc et Jésus lui dit : «Dis-le clairement pour que chacun comprenne : est-il écrit dans le testament et alliance du Dieu vivant que notre Dieu n'a pas d'origine et n'aura jamais de fin?» Le pontife répondit : «C'est ce qui s'y trouve écrit!» Jésus dit : «Y est-il écrit que notre Dieu a créé toute chose par sa seule parole? » «Il en est ainsi », dit le pontife. Jésus dit : «Y est-il écrit que Dieu est invisible et caché à l'intelligence humaine, étant incorporel, sans composition et sans mouvement ?» - «Cela est vrai! » dit le pontife. Jésus dit : «Y est-il écrit que tous les cieux ne peuvent pas contenir Dieu puisqu'il est immense? » - «C'est ce que dit le prophète Salomon, ô Jésus», répondit le pontife. Jésus dit : «Y est-il écrit que Dieu n'a besoin de rien puisqu'il ne mange pas, ne dort pas et ne souffre d'aucune déficience ?» -«Il en est ainsi!» dit le pontife. Jésus dit : «Y est-il écrit que Dieu est partout et qu'il n'y a pas d'autre Dieu que lui, lui qui frappe et qui guérit et qui fait tout ce qui lui plaît? » - «Ainsi est-il écrit!» répondit le pontife. Alors, les mains levées, Jésus dit : «Seigneur notre Dieu, c'est cela ma foi avec laquelle je viendrai à ton jugement, en témoignage contre quiconque croira le contraire!» 

Et tourné vers le peuple, il ajouta : «Faites pénitence, car vous pouvez reconnaître votre péché à tout ce qu'a dit le pontife et qui est écrit au livre de Moïse, alliance de Dieu pour toujours! En effet, je suis un homme visible, un peu de boue qui marche sur la terre, mortel comme le sont les autres hommes, moi qui ai eu un commencement et qui aurai une fin, et tel que je ne peux même pas créer une mouche à partir de rien.» 

Le peuple éleva alors à la voix en pleurant et dit : «Nous avons péché contre toi, seigneur notre Dieu, aie pitié de nous!» Tous suppliaient Jésus de prier pour le salut de la ville sainte, afin que notre Dieu irrité ne permette pas que les païens la foulent au pieds. Alors, les mains levées, Jésus pria pour la ville sainte et pour le peuple de Dieu, chacun s'écriant : «Qu'il en soit ainsi! Amen!» 

 

 

Chapitre 96 

Après la prière, le pontife dit à haute voix : «Arrête, Jésus, car, pour la tranquillité de notre peuple, il nous manque de savoir qui tu es.» Jésus répondit : «Je suis Jésus, fils de Marie, de la race de David, homme mortel et craignant Dieu. Je m'emploie à ce que l'honneur et la gloire soient rendus à Dieu.» 

Le pontife reprit : «Au livre de Moïse, il est écrit que notre Dieu doit nous envoyer le Messie. Celui-ci viendra annoncer ce que Dieu veut, et il apportera au monde la miséricorde de Dieu. Je te supplie de nous dire la vérité : «Es-tu le Messie de Dieu que nous attendons?» Jésus répondit : «Il est vrai que c'est ce que notre Dieu a promis, mais ce n'est pas moi, car il est fait avant moi et il viendra après moi.» Le pontife reprit : «De toute façon à cause de tes paroles et de tes prodiges, nous croyons que tu es prophète et saint de Dieu; aussi je te supplie au nom de toute la Judée et d'Israël, de nous dire, pour l'amour de Dieu; comment viendra le Messie.» Jésus répondit : «Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, je ne suis pas le Messie qu'attendent toutes les tribus de la terre, comme Dieu l'a promis à notre père Abraham en disant : «Dans ta semence, je bénirai toutes les tribus de la terre!» Mais quand Dieu m'enlèvera du monde, Satan suscitera de nouveau cette maudite sédition : il fera croire aux impies que je suis Dieu et fils de Dieu, et mes paroles et ma doctrine seront si contaminées qu'il restera à peine trente fidèles. Alors Dieu aura pitié du monde et il enverra son messager pour lequel il a tout fait. Il viendra du Midi avec puissance et il détruira les idoles avec les idolâtres, car il enlèvera à Satan l'empire qu'il a sur les hommes. Il apportera avec lui la miséricorde de Dieu pour le salut de ceux qui le croiront. Bienheureux qui croira à ses paroles!» 

 

 

Chapitre 97 

Moi, qui suis indigne de délacer ses chaussures, j'ai eu la grâce et la miséricorde de Dieu de le voir ! «Le pontife, le gouverneur et le roi répondirent alors : «Ne t'inquiète pas Jésus, saint de Dieu : ce conflit ne se produira plus de notre temps. Nous écrirons en effet au sacré sénat romain, et par décret impérial, personne ne t'appellera plus Dieu ou fils de Dieu». 

Jésus dit alors : «Vos paroles ne me consolent pas, car les ténèbres viendront d'où vous espérez la lumière. Ma consolation se trouve dans la venue du messager de Dieu qui détruira toute idée fausse en ce qui me concerne ". 

"Sa foi se diffusera et s'emparera du monde entier, car c'est ce que Dieu a promis à Abraham, notre père. Ce qui me console, c'est que sa foi n'aura pas de fin, mais que Dieu la conservera intacte". Le pontife reprit : «D'autres prophètes viendront-ils après le messager de Dieu ?» Jésus répondit : "Après lui, il ne viendra pas de vrais prophètes envoyés par Dieu, mais il viendra une quantité de faux prophètes, et cela me cause de la peine, car c'est Satan qui les suscitera par un juste jugement de Dieu et ils se couvriront du prétexte de mon Evangile ». Hérode dit : «Comment est-ce par un juste jugement de Dieu que viendront de tels impies ? ». Jésus répondit : "Il est juste que celui qui ne veut pas croire à la vérité pour son salut, croie au mensonge pour sa damnation : aussi je vous le dis, le monde a toujours méprisé les vrais prophètes et aimé les faux, comme on peut le voir au temps de Michée et de Jérémie. Car chacun aime son semblable». 

Le pontife dit alors : «Comment s'appellera le Messie ? Et quel signe prouvera sa venue ?». Jésus répondit : «Le nom du Messie est Admirable, car Dieu lui-même le lui donna quand il eut créé son âme et qu'il l'eut placé dans une splendeur céleste. Il dit : «Attends, Muhammad par amour pour toi je veux créer le paradis, le monde et une grande multitude de créatures dont je te fais présent. Aussi celui qui te bénira sera béni et celui qui te maudira sera maudit ! Quand je t'enverrai dans le monde, je t'enverrai comme mon messager de salut. Ta parole sera si vraie que le ciel et la terre passeront mais que ta foi ne manquera jamais !» Muhammad est son nom béni ». Alors les gens élevèrent la voix et dirent : 

"O Dieu, envoie-nous ton messager ! O Muhammad, viens vite pour le salut du monde !" 

 

 

Chapitre 98 

Après ces paroles, la foule s'en alla ainsi que le pontife, le gouverneur et Hérode, en faisant de grands discours sur Jésus et sa doctrine. Le pontife pria le gouverneur d'écrire tout cela à Rome, au sénat. Ce que fit le gouverneur. Aussi le sénat, pour complaire à Israël, décréta que sous peine de perdre la vie, personne n'appellerait plus Jésus de Nazareth prophète des juifs, ni Dieu, ni fils de Dieu. Ce décret fut placé dans le temple en lettres de cuivre. 

La plus grande partie de la foule s'en étant allée, il ne resta que cinq mille hommes environ sans compter les femmes et les enfants. Lassés par le voyage, ils étaient resté deux jours sans pain, car dans leur désir de voir Jésus, ils avaient oublié d'en emporter et avaient mangé des herbes crues, ils ne pouvaient s'en aller comme les autres. L'apprenant, Jésus en eut pitié et dit à Philippe : «Où trouverons-nous du pain pour les empêcher de périr de faim?» Philippe répondit : «Seigneur, deux cent deniers d'or ne suffiraient pas à acheter assez pain pour que chacun en reçoive un peu!» André dit alors : «Il y a ici un enfant qui a cinq pains et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?» Jésus répondit : «Faites asseoir la foule!» Ils s'assirent sur le foin par groupes de cinquante et de quarante. 

Alors Jésus dit : «Au nom de Dieu!» Il prit le pain et supplia Dieu. Puis il rompit le pain et le donna aux disciples, et les disciples le donnèrent à la foule. Il fit de même pour les poissons. Tous mangèrent et tous furent rassasiés. Puis Jésus dit : «Recueillez ce qui est resté!» Les disciples recueillirent donc ces morceaux et ils remplirent douze corbeilles. Et chacun se frottait les yeux en disant : «Suis-je éveillé ou est-ce que je rêve?» Tous restèrent une heure entière comme hors d'eux-mêmes à cause de ce grand miracle. Ensuite Jésus rendit grâce à Dieu et prit congé d'eux, mais soixante-douze hommes ne voulurent pas l'abandonner, et Jésus, ayant reconnu leur foi, les choisit pour disciples.

 

 

 

Chapitre 99 

S'étant retiré dans une dépression du désert au bord du Jourdain, Jésus convoqua les soixante-douze et les douze. S'étant assis sur une pierre, il les fit asseoir près de lui et ouvrant la bouche, il dit en soupirant : «Aujourd'hui, nous avons vu une scélératesse si grande en Judée et en Israël, que le cœur m'en tremble encore dans la poitrine par crainte de Dieu. je vous le dis en vérité, Dieu est Jaloux de son honneur et, comme un amoureux, il aime Israël. 

Vous savez que lorsqu'un jeune homme aime une femme qui ne l'aime pas mais en aime un autre, mû par l'indignation, il tue son rivale. Je vous le dis, Dieu fait de même, car, lorsqu'Israël a aimé quelque chose au point d'en oublier Dieu, Dieu a détruit cette chose-là. Or qu'y a-t-il de plus agréable à Dieu, ici-bas, que le sacerdoce et le temple saint? Pourtant, au temps du prophète Jérémie, comme le peuple avait oublié Dieu et se glorifiait seulement du temple parce qu'il n'y en avait pas un semblable au monde, Dieu souleva sa propre colère par Nabuchodnosor, roi de Babylone. Il fit prendre la ville sainte par l'armée et la fit brûler avec le temple sacré, si bien que les choses sacrées que les prophètes de Dieu tremblaient de toucher furent foulées aux pieds par les infidèles remplis de scélératesse. 

Abraham aimait un peu plus qu'il faut son fils Ismaël. Aussi Dieu lui ordonna-t-il de tuer son fils pour tuer le mauvais amour de son cœur. Il l'aurait fait si le couteau avait coupé. 

David aimait fort Absalon, aussi Dieu fit-il en sorte que le fils rebellât contre le père, qu'il fut suspendu par les cheveux et tué par Joab. Oh terrible jugement de Dieu, car Absalon aimait ses cheveux par-dessus tout et ils se changèrent en corde pour le pendre! 

L'innocent Job était près d'aimer ses sept fils et ses trois filles, alors Dieu le mit entre les mains de Satan, Celui-ci en un seul jour, non seulement le priva de fils et de richesse, mais le frappa d'une si grande infirmité. que pendant sept ans les vers lui sortaient de la chair! 

Notre père Jacob aimait Joseph plus que ses autres fils. Alors Dieu le fit vendre et fit tromper Jacob par ses fils eux-mêmes, de sorte qu'il croyait que les bêtes sauvages avaient dévoré son fils et qu'il pleura pendant dix ans! 

 

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