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Le blog de Dib hamza

l'évangile de barnabé ( suite )

6 Octobre 2011 , Rédigé par Dib Hamza

Chapitre 143 

Comme les disciples étaient tous arrivés à Damas par la volonté de Dieu, et que ce jour-là Judas le traître montrait plus que tout autre qu'il avait souffert de l'absence de Jésus. Jésus dit : «Gardez-vous tous de celui qui, sans en avoir occasion, s'évertue à vous démontrer qu'il vous aime! » Dieu nous ôta l'intelligence pour que nous ne puissions pas comprendre dans quel but il le dit. 

Tous les disciples étant arrivés, Jésus dit : « Retournons en Galilée car l'ange de Dieu m'a dit qu'il faut que j'y aille!». Un samedi matin, Jésus parvint à Nazareth Les habitants de la ville l'ayant reconnu chacun désirait le voir. Alors un publicain de petite stature nommé Zachée qui ne pouvait pas voir Jésus à cause de la grande multitude, grimpa dans un sycomore. II attendait que Jésus passe par là pour se rendre à la synagogue?. Parvenu en cet endroit, Jésus leva les yeux et dit : « achée, descends, car aujourd'hui je veux demeurer chez toi! ». L'homme descendit, le reçut avec joie et fit un festin splendide. 

Les pharisiens murmuraient et disaient aux disciples de Jésus : « Pourquoi votre mature est-il entré manger avec des publicains et des pécheurs ? » lésas répondit : « Pour quelle raison le médecin entre-t-il dans une maison? Dites-le moi et je vous dirai pourquoi je suis entré ici!» Ils répondirent : « pour soigner les malades!» ? « Vous dites vrai, dit Jésus, ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. »

 

Chapitre 144 

Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, Dieu envoie ses prophètes et serviteurs dans le monde pour que les pécheurs fassent pénitence. II ne les envoie pas pour tes justes, car ceux-ci n'ont pas besoin de pénitence; de même que n'a pas besoin de bain celui qui est propre. 

Mais je vous le dis en vérité, si vous étiez vraiment pharisiens, vous vous réjouiriez que je sois entré chez les pécheurs pour leur salut. Dites-moi, savez-vous votre origine et pourquoi le monde commença à recevoir des pharisiens ? Je vais vous le, dire puisque vous ne le savez pas. Ecoutez donc mes paroles. 

Hénoche, ami de Dieu, qui marcha avec Dieu en vérité, sans tenir compte du monde, fut transporté au paradis et y demeure jusqu‘au jugement, car vers la fin du monde, il reviendra dans le monde avec Elie et un autre. L'ayant appris, les hommes commencèrent, par désir du paradis, à chercher Dieu, leur créateur. « Pharisien » en effet, veut justement dire « cherche Dieu » dans la langue de Canaan puisque c'est là qu'on commença à employer ce mot pour railler les bons. Les Cananéens étaient en effet adonnés à l'idolâtrie, c'est-à-dire au culte (d'œuvres) de mains humaines. En voyant ceux de notre peuple qui se tenaient à l'écart du monde pour servir Dieu, les Cananéens, quand ils en voyaient un, disaient par mode de raillerie « pharisien »,  c'est-à-dire : « cherche Dieu». comme pour dire : « fou, tu n'as pas de statues d'idoles et tu adores le vent ! Réfléchis et viens servir nos dieux ! » 

En vérité, dit Jésus, je vous le dis, tous les saints et prophètes de Dieu ont été pharisiens, non pas de nom, comme vous, mais de fait, car en chacune de leurs actions ils cherchèrent Dieu leur créateur. Pour l'amour de Dieu, ils quittèrent les villes et leurs propres biens. Pour l'amour de Dieu, ils les vendirent et les donnèrent aux pauvres.

 

Chapitre 145 

Vive Dieu, au temps d'Elie, ami et prophète de Dieu, il y avait douze montagnes habitées par dix-sept mille pharisiens, et il n'y avait pas un seul réprouvé sur un si grand nombre de personnes mais tous étaient élus de Dieu. Mais maintenant qu'Israël a plus de cent mille pharisiens, plût à Dieu qu'il y eût un élu sur mille! Indignés, les pharisiens répondirent : « Sommes nous donc tous réprouvés ? Réprouves-tu notre religion ?  Jésus répondit : « Je ne réprouve pas, j'approuve au contraire la religion des vrais pharisiens et pour elle je veux mourir. Mais voyons si vous êtes pharisiens. 

A la prière d'Elisée son disciple, Elie, ami de Dieu, écrivit un petit livre dans lequel il renferma toute la sagesse humaine ainsi que la loi de Dieu notre Seigneur. »  Confus d'entendre nommer le petit livre d'Elie, les pharisiens qui savaient par leurs traditions que personne n'observait cette doctrine, voulaient s'en aller sous prétexte d'avoir à faire. 

Jésus dit alors : « Si vous êtes pharisiens, vous abandonnerez toute autre affaire pour vous occuper de celle?ci, car le pharisien ne cherche que Dieu ! » Confus, ils s'arrêtèrent donc pour écouter Jésus qui reprit : « Elie, serviteur de Dieu – ainsi commence le petit livre ? écrit ceci à tous ceux qui désirent marcher avec Dieu leur créateur. 

Ceux qui désirent apprendre beaucoup, craignent peu Dieu, car pour qui craint Dieu, il suffit de savoir ce que Dieu veut. Ceux qui cherchent de belles paroles, ne cherchent pas Dieu qui ne fait rien d'autre que nous reprendre de nos péchés. 

Ceux qui veulent chercher Dieu, qu'ils ferment les portes et les fenêtres de leur maison, car le maître ne se laisse pas trouver hors de la maison, là où il n'est pas aimé. Fermez donc vos sens et gardez votre coeur, car Dieu ne se trouve pas hors de nous, dans ce monde où il est haï. 

Ceux qui veulent bien agir, qu'ils fassent attention à eux-mêmes, car il ne sert à rien de gagner le monde entier et de perdre son âme. 

Ceux qui veulent enseigner autrui, qu'ils vivent mieux que les autres, car on n'apprend rien de celui qui sait moins que nous. Est-ce que le pécheur amende sa vie quand il entend un plus mauvais que lui l'enseigner? 

Ceux qui cherchent Dieu, qu'ils fuient la fréquentation; des hommes, car Moïse, seul sur le mont Sinaï, trouva Dieu et parla avec lui comme fait  un ami qui parle avec son ami. 

Ceux qui cherchent Dieu sortiront une seule fois par mois dans le monde où sont les hommes, car celui qui cherche Dieu peut en un seul jour agir pour deux ans en ce qui concerne ses affaires. Quand il marche, qu'il ne regarde que ses pieds; quand il parle, qu'il ne dise que le nécessaire; quand il mange, qu'il se lève de table en ayant faim; que chaque jour il pense qu'il ne parviendra pas au suivant : qu'il utilise son temps comme on use son souffle, qu'un habit de peaux de bêtes lui suffise 

qu'il dorme sur la terre nue puisqu'il est tas de terre lui-même ; chaque nuit, deux heures lui suffiront pour dormir; qu'il ne haïsse personne, sinon lui-même : qu'il ne condamne personne, sinon lui-même ; dans la prière, qu'il se tienne dans la crainte comme s'il se trouvait déjà au jugement à venir ! 

« Eh bien, observez cela dans le service de Dieu, ainsi que la loi que Dieu vous a donnée par Moïse, et vous trouverez Dieu. En tous temps et lieux vous trouverez que vous êtes en Dieu et que Dieu est en vous. » 

C'est cela le petit livre d'Elie, pharisiens! C'est pourquoi je vous le dis encore, si vous étiez pharisiens vous seriez heureux que je sois entré ici, car Dieu a pitié des pécheurs.

 

Chapitre 146 

Zachée dit alors : « Seigneur, voici que je veux donner pour l'amour de Dieu quatre fois plus que ce que j'ai reçu par usure! » Jésus dit alors : « Aujourd'hui le salut est venu à cette maison ! En vérité, en vérité, beaucoup de publicains, de prostituées et de pécheurs entreront dans le royaume de Dieu et ceux qui se croient justes s'en iront aux flammes éternelles!» Ce qu'ayant entendu, les pharisiens partirent, indignés. 

Jésus dit alors à ceux qui s'étaient convertis à l'état de pénitence' et à ses disciples : « Un père de famille avait deux fils. Le plus jeune dit : Père, donne-moi ma part de biens!» Son père la lui donna. Sa part reçue, il s'en alla en pays lointain où il dépensa tout son bien avec des prostituées en vivant dans la luxure. II advint une si grande famine dans ce pays que le malheureux alla servir un habitant de la ville qui le mit à paître les porcs de sa ferme. En les gardant, il trompait sa faim en mangeant avec eux des glands de chêne. Rentré en lui-même, il dit : « Combien abondent en festins dans la maison de mon père, et moi ici je meurs de faim! Je me lèverai donc, j'irai chez mon père et je lui dirai : «Père, j'ai péché contre le ciel (et) contre toi! Fais pour moi comme pour l'un de tes serviteurs!» 

Le pauvre partit et il arriva ceci que le père le vit venir de loin et qu'il fut pris de compassion pour lui. II sortit à sa rencontre. Arrivé à son fils, il le prit dans ses bras et l'embrassa. Le fils se prosterna et dit : « Père, j'ai péché contre le ciel (et) contre toi, fais pour moi comme pour l'un de tes serviteurs, car je ne suis pas digne d'être appelé ton fils ! » Le père répondit : « Ne dis pas cela, fils, tu es mon fils et je ne souffrirai pas que tu sois comme l'un de mes 

serviteurs. » Ayant appelé ses serviteurs, il dit « Apportez ici des vêtements neufs, habillez mon fils que voici, donnez-lui de nouvelles chaussures, mettez-lui l'anneau au doigt, tuez vite le veau gras et faisons fête, car mon fils que voilà était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé! »

 

Chapitre 147 

Tandis qu'on faisait fête dans cette maison, le fils aîné revint. En entendant qu'on faisait fête, il s'étonna, appela un serviteur et lui demanda pour quelle raison on faisait une telle fête. « Ton frère est revenu, lui répondit le serviteur, ton père a tué le veau gras et ils font un festin. » En l'entendant, le fils ainé se mit fort en colère et ne voulut pas entrer dans la maison. Alors le père sortit vers lui et lui dit « Fils, ton frère est revenu, viens donc te réjouir avec lui!» Indigné, le fils répondit : « Je t'ai toujours  servi d'un bon service et tu ne m'as jamais donné un agneau pour manger avec mes amis. Et ce méchant qui t'a quitté en gaspillant toute sa part avec des prostituées, maintenant qu'il est revenu, tu as tué le veau gras! » Le père répondit : « Fils, tu es toujours avec moi et tout t'appartient, mais il était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé ! II faut donc se réjouir!» Le fils aîné s'irrita encore plus et dit : « Vas-y toi-même, réjouis-toi, car moi je ne veux pas manger à la table des fornicateurs ! » Et il quitta son père sans recevoir un seul denier. Vive Dieu, dit Jésus, ainsi fait?on fête chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence.» 

Quand ils eurent mangé, il s'en alla parce qu'il voulait se rendre en Judée. « Maître, dirent alors les disciples, ne va pas en Judée; nous savons que les pharisiens et le souverain pontife ont tenu conseil contre toi!» Jésus répondit : « Avant qu'ils l'aient fait je le savais', mais je ne crains pas car ils ne peuvent rien faire contre la volonté de Dieu. Qu'ils fassent donc ce qu'ils veulent : ce n'est pas eux, mais Dieu que je crains. »

 

Chapitre 148 

Or dites-moi, les pharisiens aujourd'hui sont-ils pharisiens? Sont-ils serviteurs de Dieu? Sûrement pas ! Aussi je vous le dis en vérité, il n'y a rien de pire sur cette terre qu'un homme qui se couvre de la profession et de l'habit religieux pour couvrir sa propre scélératesse. 

Je veux vous dire un seul exemple des anciens pharisiens pour que vous connaissiez ceux d'aujourd'hui. Après le départ d'Elie, cette sainte congrégation des pharisiens' se dispersa persécutée par les idolâtres;. Du temps même d'Elie, en effet, en une seule année furent tués dix mille prophètes qui étaient de vrais pharisiens. 

Deux pharisiens allèrent habiter sur les montagnes. Ils y restèrent quinze ans sans rien savoir l'un de l'autre bien qu'ils fussent voisins à une heure de route. Voyez comme ils étaient curieux ! Une grande sécheresse advint sur ces montagnes et tous deux se mirent à chercher de l'eau. C'est ainsi qu'ils se rencontrèrent. Le plus âgé dit alors, « car selon l'usage, les plus anciens parlaient avant quiconque et ils tenaient pour grand péché qu'un jeune parlât avant un ancien ?, le plus ancien, dis-je ", dit : « Où habites-tu, frère » L'autre répondit en lui montrant l'endroit du doigt : « J'habite là, » car ils étaient proches de l'endroit où habitait le plus jeune. L'ancien demanda : « Depuis combien de temps habites-tu là frère ? » -« Depuis quinze ans » répondit le jeune. L'ancien reprit : « Peut-être es-tu venu quand Achab tuait les serviteurs de Dieu? » - « C'est cela! » répondit le jeune. Et l'ancien : « Sais-tu, frère, qui est maintenant roi d'Israël » Le jeune répondit : « Frère, c'est Dieu le roi d'Israël, car les idolâtres ne règnent pas sur Israël, ils le persécutent ! » - C'est vrai, dit l'ancien, c'est pourquoi j'ai voulu dire : qui est-ce qui persécute Israël maintenant? » - « Ce sont les péchés d'Israël qui persécutent Israël, répondit le plus jeune, car s'ils n'avaient pas péché, il n'enverrait pas les princes idolâtres contre Israël. » - « Quel est donc, dit l'ancien, ce prince infidèle que Dieu a envoyé pour le châtiment d'Israël?» - «Comment le saurais-je, répondit le jeune, en quinze ans je n'ai vu que toi; et comme je ne sais pas lire, on ne m'enverra pas de lettres.» L'ancien reprit : «Comme tes peaux de brebis sont neuves ! qui te les a données si tu n'as pas vu d'hommes ? »

 

chapitre 149 

Le plus jeune répondit : «Celui qui pendant quarante ans conserva en bon état dans le désert les vêtements du peuple d'Israël a conservé ces peaux telles que tu les vois. » 

L'ancien reconnut alors que le jeune était plus parfait que lui qui avait traité chaque année avec les hommes, et pour obtenir de le fréquenter, il dit  « Frère, tu ne sais pas lire. Moi, je sais lire et j'ai chez moi les psaumes de David. Viens donc, chaque jour je te ferai une lecture et je t'expliquerai ce que dit David ! » Le jeune répondit : « Allons-y maintenant ! » L'ancien reprit : « Frère, il y a deux jours que je n'ai pas bu d'eau. Cherchons donc un peu d'eau! » Le plus jeune répondit : « Frère, il y a maintenant deux mois que je n'ai pas bu d'eau, mais allons voir ce que dit Dieu par son prophète David! Le Seigneur est assez puissant pour nous donner de l'eau ». Et ils revinrent à l'habitation de l'ancien. A sa porte, ils trouvèrent une source d'eau vive. L'ancien dit : « Frère, tu es saint de Dieu, c'est donc pour toi que Dieu a donné cette source! Le jeune répondit : «Tu dis cela par humilité, frère, mais il est certain que si Dieu faisait cela pour moi, il aurait fait une source près de mon habitation pour que je ne m'en aille pas. Je t'avoue en effet, que j'ai péché contre toi quand tu m'as dit que tu cherchais de l'eau étant donné que tu n'avais pas bu depuis deux jours tandis que moi j'étais resté deux mois sans boire. Alors, j'ai senti de l'exaltation dans ma sensibilité, comme (si j'étais) meilleur que toi. » L'ancien dit alors : «Tu as dit la vérité, frère, tu n'as donc pas péché! » - « Frère, dit le jeune, tu as oublié ce que dit notre père Elie : celui qui cherche Dieu ne doit condamner que lui-même. Il est évident qu'il ne l'a pas écrit pour que nous le sachions mais pour que nous l'observions! » Reconnaissant la vérité et la justice de son compagnon, le plus âgé dit « C'est vrai, mais notre Dieu t'a pardonné . » 

Cela dit, il prit les psaumes et lut ce que dit notre père David : « Je mettrai une garde à ma bouche, pour que ma langue ne se laisse pas aller à des paroles de malice en excusant les péchés.» Ici, le plus âgé fit un discours sur la langue; puis le plus jeune s'en alla. 

Ils restèrent ensuite quinze autres années avant de se retrouver parce que le jeune changea d'habitation. L'ayant donc retrouvé, l'ancien dit : « Pourquoi n'es-tu pas revenu chez moi, frère ? Le jeune répondit : « parce que je n'ai pas encore bien appris ce que tu m'as dit» - «Comment est-ce possible, dit l'ancien, puisque quinze ans se sont écoulés ? » - « Les paroles, répondit le jeune, je les ai apprises en une heure et je ne les ai jamais oubliées, mais je ne les ai pas encore observées. A quoi bon apprendre trop et ne pas observer? Notre Dieu ne désire pas que notre intelligence soit bonne, mais que notre coeur soit bon. C'est pourquoi il ne nous demandera pas, au jour du jugement, ce que nous aurons  appris mais ce que nous aurons fait. »

 

Chapitre 150 

L'ancien reprit : «Ne parle pas ainsi, frère, tu méprises la science et notre Dieu veut qu'on l'apprecie.» Le jeune répondit : «Comment parlerais-je donc maintenant pour ne pas tomber dans le péché? Car ta parole est vrai et5 la mienne aussi! Je dirai donc que ceux qui connaissent les commendements de Dieu écrits dans la loi doivent les observer s'ils veulent ensuite savoir apparendre davantage. Tout ce qu'ils apprendront, que ce soitb pour l'observer non pas pour le savoir !» 

L'ancien reprit : «Frère, dis-moi avec qui tu parles puisque tu reconnais que tu n'as pas appris ce que j'ai dit !» - «Frère, dit le plus jeune, je parle avec moi-même. Chaque jour en effet, je met devant moi le jugement de Dieu pour rendre compte de moi-même et toujours je sens en moi quelqu'un qui excuse mes défauts. » L'ancien demanda : «Frère, quels défauts as-tu puisque tu es parfait ?» - «Ne parle pas ainsi, frère, répondit le plus jeune; je me trouve  entre deux grands défauts. L'un, c'est que je ne sais pas que je suis le plus grand pécheur. L'autre c'est que je ne désire pas plus que quiconque en faire pénitence.» 

L'ancien reprit : «Comment saurais-tu que tu es le plus grand pécheur, puisque tu-es le plus parfait ?» Le jeune répondit : «Quand j'ai pris l'habit de pharisien, la première parole que me dit mon maître fut que je devais considérer la bonté des autres et ma propre malice. Si je le faisais, je saurais que je suis le plus grand pécheur » - «En qui vois-tu bonté et défaut, dit l'ancien, puisqu'il n'y a pas d'homme dans sur ces montagnes? Le plus jeune répondit : «Je devrais voir l'obeissance du soleil et des planètes;  ils servent leur créateur mieux que moi; et moi je les condamne, soit parce qu'ils ne font pas autant de lumière queje voudrais, soit parce qu'ils chauffent trop, soit parce qu'ils arrosent trop ou trop peu le sol.» 

Entendant cela, l'ancien dit : «Frère, où as-tu appris cette doctrine, car j'ai quatre-vingt-dix ans, dont soixante-quinze passé comme pharisien ...?» - «Frère, répondit le plus jeune, tu dis cela par humilité, car tu es saint de Dieu; mais je te réponds que Dieu, notre créateur ne considère pas le temps, mais le coeur. C'est pourquoi David, de quinze ans plus jeune que ses six frères, fut élu roi d'Israël et devint prophète de Dieu notre Seigneur.»

 

Chapitre 151 

Celui-là était un vrai pharisien, dit Jésus à ses apôtres. Plaise à Dieu que nous puissions, au jour du jugement, l'avoir pour ami.» 

Jésus monta donc sur un bateau. Les disciples regrettaient d'avoir oublié d'emporter du pain, Jésus les réprimenda en disant : «Gardez-vous du levain des pharisiens d'aujourd'hui, car un peu de levain gâte toute une masse de farine! » Les disciples  se dirent alors l'un à l'autre : «Mais quel levain avons-nous? Nous n'avons même pas le pain! » Jésus dit alors : «Hommes de peu de foi, vous avez donc oublié ce que Dieu a fait à Naïn où il n'y avait pas signe de blé, et combien mangèrent et furent rassasiés par cinq pains et deux poissons ? Le levain du pharisien, c'est de se défier de Dieu et de ne penser qu'à soi; il a corrompu non seulement les pharisiens du temps présent, mais il a corrompu Israël, car les simples, ne sachant pas lire et tenant les pharisiens pour saints, font ce qu'ils leur voient faire. 

Savez-vous ce qu'est le vrai pharisien ? C'est l'huile de la nature humaine, car de même que l'huile se tient au-dessus de tout liquide, ainsi la bonté du vrai pharisien se tient au-dessus de toute bonté humaine. C'est un livre vivant que Dieu donne au monde, car tout ce qu'il dit et fait est selon la loi de Dieu. Le vrai pharisien, c'est du sel qui ne laisse pas corrompre la chaire de l'homme par le péché, car tous ceux qui le voient se soumettent à pénitence. C'est une lumière qui illumine la route des pélerins, car tous ceux qui considèrent sa pauvereté et sa pénitence savent que notre coeur ne doit pas s'arrêter en ce monde. Mais ce que fait l'huie rance, le livre corrompu, le sel affadi et la lumière éteinte, c'est cela que fait le faux pharisien! Si donc vous ne voulez pas périr, prenez garde de faire ce que font les pharisiens d'aujourd'hui. »

 

Chapitre 152 

Parvenu à Jérusalèm, Jésus entra dans le temple un jour de sabbat, Les soldats s'approchèrent de lui pour le tenter et se saisir de lui, Ils dirent : «Maître, est-il permis de combattre? » Jésus répondit : «Notre foi nous dit que notre vie est un combat continuel .» 

Les soldats reprirent : «Tu veux donc nous convertir à ta foi, et tu veux que nous abandonnions la multitude des dieux - Rome seule en a vingt-huit mille que l'on voit - pour suivre ton Dieu qui est unique, mais comme on ne le voit pas, on ne sait pas où il est et peut-être n'est-il qu'une illusion. » Jésus répondit : «Si moi je vous avais créés comme notre Dieu vous a créés, je chercherais à vous convertir. » Ils répondirent : «Comment ton Dieu nous a-t-il créés puisqu'on ne sait pas où il est ? Montre-nous ton Dieu et nous devienderons juifs! » 

Jésus dit alors : «Si vous aviez des yeux pour voir, je vous le montrerais, mais parceque vous êtes aveugles, je ne peux pas vous le montrer.» Les soldats répondirent : «Pour sûr, l'honneur que te fait ce peuple doit t'avoir ôté de raison, car chacun de nous a deux yeux dans la figure et tu dis que nous sommes aveugles! » Jésus répondit : «Les yeux charnels ne peuvent voir que des choses grossières et extérieures; vous ne pourrez donc voir que vos dieux de bois, d'argent et d'or qui ne peuvent rien faire. Mais nous de Juda, nous avons des yeux spirituels qui sont la crainte et la foi de notre Dieu; c'est pourquoi en tout lieu nous pouvons voir notre Dieu. » 

Les soldats répondirent : «Prends garde à ce que tu dis, car si tu méprise nos dieux, nous te livrerons entre les mains d'Hérode et il vengera nos dieux qui sont tout-puissants.» Jésus répondit : «S'ils sont tout-puissants, comme vous le dites, pardonnez-moi, je veux les adorer aussi. » Les soldats se réjuirent en l'entendant et ils commencèrent à faire l'éloge de leurs idoles. Jésus dit alors : «En cette affaire, il n'y a pas besoin de paroles, mais de faits. Faites donc que vos dieux créent une mouche et alors je veux les adorer !» 

En l'entendant, les soldats furent déconcertés, et ils ne savaient que dire. Jésus dit donc : «Il est évident que s'ils ne font pas une seule mouche à partir de rien, je ne veux pas à cause d'eux abandonner ce Dieu qui a tout créé d'une seule parole et dont le nom seul épouvante les armées. » Les soldats répondirent : «Eh bien, fais-nous voir cela, car nous allons te prendre! » Et ils voulaient mettre la main sur lui. 

Jésus dit alors : «Adonaï Sabaot ! » Aussitôt les soldats furent poussés hors du temple comme on pousse les tonneaux quand on les lave pour y mettre du vin, de telle sorte que pieds et têtes frappaient la terre à tour de rôle sans que personne les ait touchés. Ils furent pris d'une telle et ils s'enfuirent si loin qu'on ne les vit plus en Judée.

 

Chapitre 153 

Les prêtres et les pharisiens murmuraient entre eux et disaient : «Il a la sagesse de Baal et d'Astaroth; c'est en vertu de Satan qu'il a fait cela !» Ayant ouvert la bouche, Jésus dit : «Notre Dieu a commandé qu'on ne dérobe pas ce qui appartient à notre prochain; depuis, ce seul précept est tellememnt violé et contaminé qu'il a rempli le monde de péché, et d'un péché qu'il ne sera jamais remis comme on remet les autres péchés; en effet, si on les regrette, si on les commet plus, si on jûne, si on prie et si on fait l'aumône, notre Dieu puissant et miséricordieux les pardonnes, mais ce péché-là est tel qu'il ne sera jamais remis à moins qu'on ne rende ce qu'on a enlevé à tort !» 

Un scribe dit alors : «Maître, comment le péché de vol a-t-il rempli le monde? Il est évident qu'à présent, grâce à Dieu, il n'y a que peu de voleurs, et à peine les a-t-on vus qu'ils sont immédiatement arrêtés par la malice. » Jésus répondit : «Ceux qui ne connaissent pas quels sont les biens, ne peuvent connaître quels sont les voleurs. Et même en vérité je vous le dis, beaucoup volent et ne savent pas ce qu'ils font. Aussi leur péché est-il plus grand que celui de autres, car la maladie qui n'est pas connue ne se guérit pas. » 

Les pharisiens s'approchèrent alors de Jésus et dirent : «Maître, puisque toi seul en Israël connais la vérité, enseigne-nous !» Jésus répondit : «Je ne dis pas que je suis seul à connaître la vérité, parce que ce mot "seul" n'appartient qu'à Dieu et non au autres; c'est lui qui est la vérité, et c'est lui seul qui connaît la vérité. Si je dirais donc cela, je serais un voleur plus grand encore car car je volerais l'honneur de Dieu. Si je disais que je suis le seul à savoir, Dieu me ferait tomber dans une ignorance plus grande que celle des autres. Aussi avez-vous fait un grave péché en disant que j'étais seul à connaître la vérité. Je vous le dis, si vous l'avezit pour me tenter, c'est un péché plus grand encore !» 

En voynt alors que tous se taisaient, Jésus ajouta : «Bien que je ne sois pas le seul en Israël #a connaître la vérité, je parlerais seul.  Ecoutez-moi donc puisque vous m'avez intérrogé. Tout ce qui est créé appartient au créateur, si bien que rien ne peut prétendre à rien. C'est pourquoi l'âme, la sensibilité, la chair, le temps, les biens et l'honneur, tout est à Dieu, et si on les aquiet pas comme Dieu le veut, on devient un voleur. C'est pourquoi je vous dis : Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, lorsque vous prennez votre temps en disant : «Demain, je ferai ceci, je dirai cela, j'irai en tel endroit », et en ajoutant pas : «Si Dieu le veut », vous êtes des voleurs. Et vous êtes des voleurs plus grands encore quand vous dila pidez le meilleur de votre temps à votre plaisir et non au plaisir de Dieu. Et quand vous employez le plus mauvais de votre temps au service de Dieu, vous êtes vraiment voleurs. Celui qui commet le péché, quel qu'il soit, est un voleur, parce qu'il vole le temps, l'âme, et sa propre vie qui doit servir Dieu et qu'il la donne à Satan ennemi de Dieu.

 

Chapitre 154 

Donc si un homme possède l'honneur, la vie et les biens, et qu'on lui vole sa richesse, le voleur sera pendu. Si on lui enlève la vie, le meurtrier sera décapité. Et cela est juste, parce que l'a ordonné. Mais si on vole l'honneur du prochain, pourquoi le voleur n'est-il pas crucifié ? Les biens sont-ils préférable à l'honneur ? Dieu a-t-il ordonné que celui qui vole les biens soit puni, que celui qui vole la vie et les biens soit puni, mais que celui qui vole l'honneur soit sauf ? Certainement pas ! Car c'est à cause de leurs récriminations que nos pères n'entrèrent pas à la terre promise, mais plutôt leurs fils; et c'est à cause de ce péché que les serpents tuèrent environ soixante-dix mille personnes de notre peuple. Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, celui qui vole l'honneur est digne d'une plus grande peine que celui qui voles les biens et la vie de l'homme. Et celui quyi écoute celui qui récrimine est semblablement coupable parce qu'un l'un reçoit Satan sur la langue et l'autre dans les oreilles !» 

Les pharisiens se consumaient de rage en l'entendant, car ils ne pouvaient condamner ses paroles. Un docteur s'approcha alors de Jésus et lui dit : «Bon Maître, dis-moi pour quelle raison Dieu a interdit le froment et la pomme à nos pères. Puisqu'il savait qu'ils devaient tomber, il aurait dû leur permettre le froment ou alors ne pas le laisser voir à l'homme !» Jésus répondit : «Homme, tu m'appelles bon, mais tu te trompes, Dieu seul est bon. Et tu trompes beaucoup plus quand tu parles, car Dieu n'a pas agi selon ta servelle. Pourtant je te répondrai à tout. Je te le dis don, quand Dieu notre créateur agit, il ne se conforme pas à nous. Il n'est donc pas permis à la créature de chercher sa manière et sa convenance, mais bien l'honneur de Dieu, son créateur, afin que la créature dépende du créateur et non pas le créateur de la créature. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si Dieu avait tout pemisà l'homme, l'homme n'aurait pas su qu'il est serviteur de Dieu, et il se serait cru maître du paradis. C'est pourquoi le créateur - qui est béni à jamais - lui interdit cet aliment afin que l'homme se tienne soumis à lui. Je te le dis en vérité, celui qui a l'oeil clair voit tout clairement et il tire lumière des ténèbres elles-mêmes, ce que ne fait pas l'aveugle. Je te le dis donc, si l'homme n'avait pas péché, nous ne connaîtrions pas, ni toi ni moi, la miséricorde de Dieu ni sa justice. Et Dieu avait fait l'homme inpeccable, celui-ci aurait été en cela égale à Dieu. Aussi le Dieu béni créa-t-il l'homme bon et juste, mais libre de faire ce qui lui plaît de sa propre vie : salut ou damnation. » le docteur fut stupéfait et il s'en alla confus.

 

Chapitre 155 

le pontife appela alors secrètement deux vieux prêtres et les envoya à Jésus. Celui-ci était sorti du temple et s'était assis sous la portique de Salomon en attendant l'heure de la prière de midi pour prier. Près de lui, se tenaient ses disciples et une multitude de peuple. Les prêtres s'approchèrent de Jésus et dirent : «Maître, pour quelle raison l'homme mangea-t-il le froment et la pomme ? Dieu voulut-il qu'ils les mangeât ou bien non ? » Ils dirent cela pour le tenter, car s'il disait : «Dieu le voulut .», ils allaient répondre : «Pourquoi l'interdit-il? » Et s'il disait : «Dieu ne le voulut pas », ils allaient dire : «L'homme peut donc plus que Dieu puisqu'il agit contre la volonté de Dieu.» 

Jésus répondit : «Votre demande est comme le chemin de la montagne; il y a un précipice à droite et à gauche, mais je marcherai au milieu.» En entendant cela, voyant qu'il connaissait leur coeur, les prêtres furent confus, Jésus dit alors : «Tout homme agit pour son utilité, selon les besoins qu'il a. Mais Dieu qui n'a besoin de rien, agit pour son bon plaisir. En creéant l'homme, il le laissa libre pour qu'il sache que Dieu n'a pas besoin de lui, comme fait un roi par exemple, qui donne la libérté à ses serviteurs pour montrer sa richesse et pour que ses serviteurs l'en aiment davantage. Dieu créa donc l'homme libre pour qu'il en aime bien plus son créateur et qu'il reconnaisse sa libéralité. En effet, bien que Dieu soit tout-puissant et qu'il nit pas besoin de l'homme puisqu'il l'a créé par sa toute puissance, il l'a laissé libre, dans sa liberté; il peut donc résister au mal et faire le bien. Dieu eût pu faire obstacle au péché, mais il ne voulut pas contredire sa libéralité - il n'y a pas de contradiction en Dieu - afin que, comme je l'ai dit, la toute-puissance et la libéralité qui avaient agi dans l'homme ne s'opposent pas au péché de l'homme et que la miséricorde de Dieu et sa justice puissent agir dans l'homme. Pour signe que je dis la vérité, je vous dis que le pontif vous a envoyés pour me tenter. C'est cela le fruit de son sacerdoce !» Les vieillards partirent et racontèrent tout cela au pontif. Celui-ci dit : «Il a le diable au corps qui lui raconte tout, car il aspir à régner sur Israël. mais Dieu y pourvoira !»

 

Chapitre 156 

En sortant du temple après la prière de midi, Jésus rencontra un aveugle de naissance. Les disciples l'intérrogèrent  : «Maître, qui a péché en lui pour qu'il soit né aveugle, son père ou sa mère ?» Jésus répondit : «Ni son père, ni sa mère n'ont péché en lui, mais Dieu l'a créé ainsi en témoigne de l'évangile !» Ayant appelé l'aveugle près de lui, il cracha par terre, fit de la boue, la mit sur les yeux de l'aveugle et lui dit : «Va à la piscine de Siloë et lave-toi !» L'aveugle y alla et s'étant lavé, il vit Comme il s'en retournait chez lui, beaucoup de ceux qui le rencontraient disaient : «Si celui-là était aveugle, je dirais certainement que cèst lui qui s'asseyait à la belle porte du temple !» D'autres disaient : «C'est lui, mais comment voit-il ?» Et ils le retenaient en disant : «Es-tu l'aveugle qui s'asseyait à la belle porte du temple ?» Il répondit : «C'est moi, pourquoi ?» Ils dirent : «Comment donc se fait-il que tu voies ?» Il répondit : «Un homme fit de la boue en crachant par terre, il me mit cette boue sur les yeux et il me dit : «Va et lave-toi à la piscine de Siloë !» J'y suis allé, je me suis lavé et maintenant je vois. Que soit béni le Dieu d'Israël !» Quand l'aveugle-né fut revenu à la belle porte du temple, Jérusalème entière fut remplie de cette nouvelle. 

Alors on le conduisit au prince des prêtres Celui-ci complotait complotait contre Jésus avec les prêtres et les  pharisiens. Le pontif l'interrogea en disant : «Homme, n'es-tu pas né aveugle ?» - «Oui !» répondit-il. «Eh bien, rends gloire à Dieu, dit le pontife, et dis-nous quel prophète t'est apparu en songe qui t'a donné la lumière ? Ce fut notre père Abraham ou Moise, serviteur de Dieu, ou quelque autre prophète, car les autres ne peuvent faire une telle chose !» L'aveugle-né répondit : «Je n'ai vu en Abraham, ni Moise, ni aucun prophète qui m'ait guéri; mais alors que j'étais à la boue avec son crachat, il mit de cette boue sur mes yeux et m'envoya me laver à la piscine de Siloë. J'y suis allé, je me suis lavé et je suis revenu avec la lumière de mes yeux.» Le pontife lui demanda le nom de cet homme. L'aveugle-né répond : «Il ne m'a pas dit son nom, mais un homme qui a vu cela m'appela pour me dire : «Va te laver comme a dit cet homme, car c'est Jésus de Nazareth, prophète et saint de Dieu d'Israël.» Le pontife dit alors : «Est-ce aujourd'hui qu'il t'a guéri, jour de sabbat ?» L'aveugle répondit : «C'est aujourd'hui qu'il m'a guéri.» Le pontif dit : «Eh bien, tu vois comme est pécheur celui qui n'observe pas le sabbat !»

 

Chapitre 157 

L'aveugle-né répondit : «Qu'il soit pécheur, je ne sais pas, mais je sais que j'étais aveugle et qu'il m'a donné la lumière !» Les pharisiens ne le crurent pas. Ils dirent donc au pontife : «Qu'on envoie chercher son père et sa mère : ils nous diront la vérité !» Ils envoyèrent donc chercher le père et la mère de l'aveugle. Quand ils furent arrivés, le pontife les interrogea : «Est-ce que celui-ci est votre fils ?» Ils répondirent :«C'est vraiment notre fils !» Le pontife dit alors : «Il dit qu'il est né aveugle et maintenant il voit Comment cela est-il arrivé ?» Le père et la mère de l'aveugle-né répondirent : «Il est vraiment né aveugle, mais nous ne savons pas comment il a recu la lumière. Il a l'âge, interrogez-le, il vous dira la vérité !» Alors on les congédia et le pontife s'adressa à nouveau à l'aveugle-né : «Rends gloire à Dieu, dit-il, et dis-nous la vérité !» 

Le père et la mère craignirent de parler parcequ'un décret du sénat romain était arrivé selon lequel personne ne devait se quereller pour Jésus, prophète des Juifs, sous peine de mort; c'est ce qu'avait réclamé le gouverneur. C'est pourquoi ils avaient dit : «Il a l'âge, interrogez-le !» 

Le pontife, dis-je, dit à l'aveugle-né : «Rends gloire à Dieu, et dis-nous la vérité, car nous savons que cet homme dont tu dis qu'il t'a guéri est un pécheur! » L'aveugle-né répondit : «Qu'il soit pécheur, je ne sais pas, mais ce que je sais c'est que je ne voyais pas et qu'il m'a donné la lumière ! Il est certain que depuis le commencement du monde jusqu'à maintenant aucun aveugle-né n'a recu la lumière et que Dieu n'exauce pas les pécheurs !» Les pharisiens dirent : «Mais comment fit-il quand il t'a donné la lumière? » L'aveugle-né s'étonna alors de leur incrédulité et dit : «Je vous l'ai dit! Pourquoi donc m'interrogez-vous à nouveau? Ne voulez-vous pas, vous aussi, devenir ses disciples? » Le pontif le maudit alors en disant : «Tu es né tout entier dans le péché et tu veux nous enseigner! Va-t-en et deviens toi-même disciple de cet homme, car nous, nous sommes disciples de Moise et nous savons que Dieu a parlé à Moise; mais lui nous ne savons pas d'où il est.» Ils le chassèrent hors de la synagogue et du temple en lui interdisant de prier avec les purs d'Israël.

 

Chapitre 158 

L'aveugle-né alla trouver Jésus, celui-ci le réconforta en disant : «En aucun temps, tu n'as été aussi heureux que tu l'es maintenant car tu es béni par notre Dieu. Il a parlé en effet contre les amis du monde en disant par David notre père et son prophète : «Ils maudissent, et moi je bénis.» Et par Michée, prophète, il dit : «Je maudit vos bénédictions, car la terre est moins opposée à l'air, l'eau au feu, la lumière aux ténèbres, le chaud au froid et l'amour à la haine, que le vouloire de Dieu est opposé au vouloir du monde! » 

Les disciples l'interrogèrent alors en disant : «Seigneur, tes paroles sont élevées; dis-nous donc le sens, car maintenant nous ne les comprenons pas! » Jésus répondit : «Quand vous connaîtrez le monde, vous verrez que j'ai dit vrai et ainssi vous connaîtrez la vérité en tout prophète. Sachez donc qu'il y a trois sortes de mondes pour un seul vocable. Le premier s'appel lex cieux, la terre, l'eau, l'air, le feu, ainsi que toutesles choses inférieures à l'homme. Ce monde-là est en tout conforme à la volonté de Dieu, car comme le dit david, le prophète de Dieu : «Dieu leur a donné un ordre qu'ils se transgressent pas.» 

Le deuxième s'appele tous les hommes, de même qu'on nomme la maison de quelqu'un, non d'après les murs, mais d'après la famille. Ce monde là aime Dieu aussi car naturellement ils désirent Dieu, pour autant que par nature tous désirent Dieu, même s'ils se trompent en le cherchant. Et savez-vous pourquoi tous désirent Dieu ? Parce que chacun désir un bien infini dépourvu de tout mal, c'est à dire Dieu seul. Aussi le Dieu miséricordieux a-t-il envoyé ses prophètes à ce monde pour son salut. 

Le troisième monde, c'est la tendance dépravée des hommes pour le péché. Elle s'est changée en loi contre Dieu créateur du monde et rend l'homme semblables aux demons ennemis de Dieu. Or ce monde-là, notre Dieu le hait tellement que si les prophètes avaient aimé ce monde, croyez-le, Dieu leur aurait certainement enlevé leur ministère prophétique. Que dis-je? Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, quand le messager de Dieu viendra dans le monde, s'il se prenait d'amour pour ce monde méchant, Dieu lui enlèverait certainement tout ce qu'il lui a donné en le créant et il le réprouverait, tellement Dieu est opposé à ce monde-là! »

 

Chapitre 159 

Les disciples répondirent : «Maître, tes paroles sont très élevées Mais prends-nous en pitié, nous ne les comprenons pas! » Jésus dit : «Croyez-vous peut-être que Dieu a créer son messager pour qu'il soit son rival qui veuille s'égaler à lui? Certes non! Mais bien pour qu'il soit son bon serviteur qui ne voudrait pas ce que ne veut pas son nmaître Vous ne pouvez pas le comprendre, car vous ne savez pas ce qu'est le péché. Ecoutez donc mes paroles! 

En vérité, en vérité, je vous le dis, le péché ne peut naître dans l'homme que pour contredire Dieu, car seul est péché ce que Dieu ne veut pas et tout ce que Dieu veut est tout-à-fait étranger au péché. Si donc nos pontifs et nos prêtres, ainsi que les pharisiens, me persécutaient pour la raison que le peuple d'Israël m'a appelé Dieu, ils feraient chose agréable à Dieu et Dieu les récompenserait. Mais au contraire, Dieu les a en abomination parce qu'ils me haïssent et qu'ils désirent ma mort Ils me persécutent e effet parce qu'ils ne veulent pas que je dise la vérité, tout comme ils ont contaminé avec leurs traditions le livre de Moïse et celui de David, prophètes et amis de Dieu. 

Dites-moi, Moïse tua des hommes et Achab tua des hommes Est-ce que  tout cela est un meurtre? Sûrement pas, car Moïse tua ses hommes pour détruire l'idolâtrie et pour conserver le culte du vrai Dieu, tandis que Achab tu a ces hommes pour détruire le culte du vri Dieu et pour conserver l'idolâtrie. L'action de tuer des hommes se changea donc pour Moïse en sacrifice et pour Achab en sacrilège, en sorte qu'une même action produisit ces deux effets contraires. 

Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si Satan avait parlé aux anges pour voir comment ils aimaient Dieu, il ne serait pas reprouvé parce qu'il chercha à les détourner de Dieu.» 

Celui qui écrit répondit : «Comment faut-il comprendre ce qui est dit du prophète Michée à propos du mensonge que Dieu ordonna de proférer par la bouche des faux prophètes, ainsi qu'il est écrit au livre des rois d'Israël ? » Jésus répondit : «Barnabé, raconte un peu tout ce qui est arrivé, que nous voyions la claire vérité!»

 

Chapitre 160 

Celui qui écrit dit alors : «En écrivant l'histoire des rois d'Israël et des turans, le prophète Daniel écrit ceci : «Le roi d'Israël et le roi de Juda s'unirent pour combattre les fils de Bélial, c'est-à-dire les réprouvé, c'est-à-dire les ammonites. Josaphat roi de Juda, et Achab roi d'Israël étant assis tout deux sur leur trône en Samarie, qutres cent faux prophètes se tenaient devant eux, qui disaient au roi d'Israël : «Monte contre les Ammonites, car Dieu les livrera entre tes mains et tu disperseras Ammon !» 

Josaphat dit alors : «Y a-t-il ici quelque prophète de Dieu de nos pères ?» Achab répondit : «Il n'y en a qu'un quyi est mauvais car il me prédit toujours du mal. Je le garde en prison.» Il dit cela : «Il n'y en a qu'un» car tous les autres avaient été tués sur son ordre Comme tu nous l'a dit, Maître, les prophètes s'étaient sauvés sur les montagnes où les hommes n'habitaient pas. Josaphat dit alors : «Envoie-le chercher et voyons ce qu'il dit !» Achabn ordonna donc que Michée soit amené. 

Il arriva, les chaînes aux pieds et la mine défaite comme un homme qui se trouve entre la vie et la mort. Achab l'interrogea : «Dis-nous, Michée, au nom de Dieu, monterons-nous contre les Ammonites? Dieu livrera-t-il les villes entre nos mains?» Michée répondit : «Monte! Monte! tu monteras bien que tu descendras mieux !» Les faux prophètes louèrent alors Michée comme un vrai prophète de Dieu et lui délièrent les chaînes des pieds 

Josaphat qui craignait notre Dieu et dont les genoux ne ployèrent jamais devait les idoles, interrogea Michée : «Pour l'amour du Dieu de nos pères, dis-nous la vérité : Comment as-tu vu l'issue de cette guerre ? » Michée répondit : «Josaphat, je crains ton visage, c'est pour ca que je t'ai dit que j'ai vu le peuple d'Israël comme des brebis sans pasteur.» En riant, Achab dit alors à Josaphat : «Je t'ai dit que celui-ci ne prédit que le mal ! Mais toi tu ne le croyais pas! » 

Tous deux dirent alors : «Comment connais-tu cela, Michée ?» Michée répondit : «J'ai entendu un conseil d'anges qui se préparait en présence de Dieu et j'ai entendu Dieu demander : «Qui trompera Achab afin qu'il monte contre Ammon et soit tué ?» Alors que certains répondaient ceci, et certains cela, vint un ange qui dit : «Seigneur, je combattrai contre Achab, j'irai vers ses faux prophètes et je metterai le mensonge dans leur bouche; ainsi il montera et il sera tué.» En l'entendant Dieu dit : «Eh bien, va et fait ainsi; tu vaincras !» » 

Alors les faux prophètes se mirent en colère et leur prince frappa la joue de Michée en disant : «Réprouvé de Dieu, quand donc l'ange de vérité s'éloigna-t-il donc de nous et vint à toi? Dis quand vint à nous l'ange qui nous apporta le mensonge ?» Michée répondit : «Tu le sauras quand tu fuira de maison en maison par crainte d'être tué, ayant trompé ton roi !» 

Le roi Achab se mit alors en colère et dit : «Prenez Michée, mettez-lui au cou les chaînes qu'il avait aux pieds et gardez-le au pain d'orge et à l'eau jusqu'à mon retour, parce que pour l'instant je ne sais pas encore la mort que je veux lui donner !» 

Ils montèrent donc et il fut comme avait dit Michée, car le roi des Ammonites dit à ses serviteurs : «Gardez-vous de combattre contre le roi de Juda, ou contre les princes d'Israël, mais tuez Achab, le roi d'Israël, mon ennemi !» Jésus dit alors : «Arrête-toi ici, barnabé, car cela suffit pour notre propos !»

 

Chapitre 161 

«Avez-vous compris tout cela? « dit Jésus. Les disciples répondirent : «Oui, Maître!» Jésus dit alors : «Le mensonge est un péché en vérité, mais le meurtre est un péché plus grand, car le mensonge est un péché propre à celui qui le dit, tandis que le meurtre, bien qu'il soit à celui qui le commet, détruit en fait ce que Dieu a de plus cher ici ur terre, c'est-à-dire l`homme. On peut réparer le mensonge en disant le contraire de ce qu'on a dit, alors qu'il n'y a aucun remède au meurtre puisqu'on ne peut pas rendre la vie à celui qui est mort. 

Mais, dites-moi, Moïse, serviteur de Dieu, pécha-t-il en tuant tous ceux qu'il tua? » Les disciples répondirent : «Dieu nous garde! Dieu nous garde de dire que Moïse pécha en obéissant à Dieu qui le commanda! » Jésus dit alors : «Et moi je dis : Dieu nous garde de dire que l'ange qui trompa les faux prophètes d'Achab par un mensonge a péché; car de même que Dieu accepta le meurtre en sacrifice, de même accepta-t-il lemensonge en louange. En vérité, je vous le dis, de même que se trompe le nain qui se fait faire des chaussures à la pointure de géant, ainsi se trompe celui qui voudrait soumettre Dieu à la loi, comme lui-même est soumis à la loi puisqu'il est homme. C'est pourquoi quand vous croirez qu'il n'y a de péché que ce que Dieu ne veut pas, vous trouverez la vérité comme je vous l'ai dit. En effet Dieu n'est pas composé ni susceptible de mutation, il ne peut à la fois vouloir et ne pas vouloir quelque chose, car il y aurait contradiction en lui-même et par conséquent souffrance et il ne serait pas infiniment bienheureux.» 

Philippe répondit : «Mais comment faut-il comprendre ce qu'a dit le prophète Amos : il n'y a pas de mal dans la cité que Dieu n'ait fait ?» Jésus répondit : «Eh bien, tu vois ici, Philippe, combien il est dangereux de s'arrêter à la lettre comme le font les pharisiens qui se sont fabriqué la prédestination de Dieu pour les élus, de sorte qu'ils en viennent pratiquement à dire que Dieu est injuste, simulateur et menteur. Horrible jugement qui demeurera sur eux! Je te dis donc qu'Amos, prophète de Dieu, place ici du mal ce que le monde appelle mal, car s'il avait employé le langage des justes, on ne l'aurait pas compris. En effet, toutes les tribulations sont un bien, soit qu'elle nous purifient du mal que avons fait, soit qu'elle nous empêchent de faire le mal, soit qu'elles font connaître à l'homme la condition de cette vie, afin que nous aimions et que nous désirions la vie éternelle. Si donc le prophète Amos avait dit : «Il n'y a aucun bien dans la cité que Dieu n'ait fait », il aurait donné raison de désespérer aux affligés qui se voient tourmentés tandis que les pécheurs vivent dans la prospérité. Et ce qui est pire, beaucoup craidraient satan et le serviraient pour ne pas être tourmentés croyant qu'il a un tel empire sur les hommes. 

Amos se fit donc comme l'interprète romain qui, parlant en présence du pontif, ne fait pas attention aux paroles mais à la volonté et aux affaires du juif, étant donné que lui-même ne sait pas parler hébreu.

 

Chapitre 162 

Si Amos avait dit : «Il n'y a aucun bien dans la cité que Dieu n'ait fait », vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, il aurait commis une grave faute car le monde ne considère bien que les scélératesses et les péchés que l'ont commet par illusion. Les hommes auraient donc agi beaucoup plus injustement en croyant qu'il n'y a de péché et de scélératesse que Dieu n'ait fait. Que la terre tremble en entendant cela! » A peine Jésus avait-il dit cela que survint un grand tremblement de terre, de sorte que chacun en resta à moitié mort Jésus les releva et dit : «Jugez donc vous-mêmes si je vous dis la vérité! Que ceci vous suffise. Lorsqu'en parlant avec le monde Amos dit : «Dieu a fait du mal dans la cité », il le dit des trribulations que seuls les pécheurs appellent mal. 

Venons-en maintenant à la prédestination que vous désirez connaître. Je vous parlerai près du Jourdain, que nous passerons demain, s'il plaît à Dieu.»

 

Chapitre 163 

Jésus s'en alla avec ses disciples au désert, au delà du Jourdain. Après avoir fait l;a prière du midi, il s'assit près d'un palmier et ses disciples s'assirent à l'ombre d'un palmier Jésus dit alors : «Frères, la prédestination est si secrète, je vous le dis en vérité, qu'elle ne sera clairement connu que par un seul homme C'est celui qu'attendent les nations, à qui les secrets de Dieu sont si clairs que ceux qui écouteront ses paroles seront heureux quand il viendra dans le monde. Dieu en effet enverra sa miséricorde sur eux comme ce palmier est sur nous Et de même que cet arbre nous défend de l'ardeur du soleil, ainsi la miséricorde de Dieu défendra-t-elle contre Satan ceux qui croiront en cet homme.» 

Les disciples répondirent : «Maître, qui sera cet homme dont tu parles et qui viendra dans le monde ?» Jésus répondit dans la joie de son coeur : «C'est Muhammad, messager de Dieu! Sa venue dans le monde porteuse d'abondante miséricorde, comme la pluie qui fait fructifier la terre quand il n'a pas plu depuis longtemps, sera cause de bonnes actions parmis les hommes. Car il est une nuée blanche, remplie de la miséricorde de Dieu, que Dieu répandra sur les fidèles comme la pluie.

 

Chapitre 164 

Je vais donc vous parler maintenant de ce peu de connaissance que Dieu a bien voulu medonner sur la prédestination. Les pharisiens disent que toute chose est tellement prédestinée que celui qui est élu ne peut pas devenir réprouvé qt que celui qui est réprouvé ne peut en aucune manière devenir élu. Ils disent de même que Dieu a prédestiné le bien comme voie par laquelle l'élu marche vers le salut, de même que Dieu a prédestiné le péché comme voie par laquelle le réprouvé va à la damnation. Que maudite soit la langue qui dit cela, ainsi que la main qui l'écrivit, car la foi de Satan c'est cela! On peut voir par là ce que sont les pharisiens d'à présent, ce sont les fidèles serviteurs de Satan!. 

Que veut dire prédestination, sinon volonté absolue de conduire quelque chose à son but quand on a les moyens en main. Car sans moyen, on ne peut parvenir au but. Comment parviendrait-il à construire une maison celui qui n'a ni pierre, ni argent à depenser, ni même de terre ou poser le pied ? Certainement personne ne le pourrait. Eh bien, voici ce que je vous dis : si la prédestination prive l'homme du libre arbitre que Dieu lui a donné par pure libéralité et le prive en outre de la loi de Dieu, cela n'est plus prédestination, mais abomination! 

Que l'homme soit libre, le livre de Moïse le démontre. Quand notre Dieu donna la loi sur le mont Sinaï, il dit : «Mon commendement n'est pas dans le ciel pour que tu t'excuse en disant : «Qui donc nous apportera le commendement de Dieu et qui nous donnera les forces pour l'observer?» Il n'est pas non plus au-delà de la mer pour que tu ne t'excuse par la même facon. Moais mon commendement est dans ton coeur, si bien que tu peux l'observer quand tu veux.» 

Dites-moi : si le roi Hérode ordonnait à un vieillard de redevenir jeune et à un malade de revenir à la santé et s'ils les faisait tuer parce qu'ils ne le font pas, cela serait-il juste? » Les disciples répondirent : «S'il l'ordonnait, Hérode serait très injuste et impie.» Jésus dit alors en soupirant : «Frères, voilà les fruits des traditions humaines, car en disant que Dieu a tellement prédestiné le réprouvé qu'il ne puisse pas devenir élu, il blasphèment, faisant passe Dieu pour impie et injuste, lui qui commande au pécheur de ne pas pécher et, s'il a péché, d,en faire pénitemce. Une telle prédestination en effet enlève au p`cheur tot pourvoir, sinon de pécher, et elle le prive totalement de pénitence.

 

Chapitre 165 

Au contraire, que dit Dieu par le prophète Joël, écoutez! «Je vis, moi, votre Dieu et veux pas la mort du pécheur, mais je m'em ploie à ce qu'il se convertisse et fasse pénitence.» Dieu prédestinera-t-il donc ce qu'il ne voudra pas ? Voyez vous-mêmes ce que dit Dieu et ce que disent les pharisiens d'à présent! 

De plus, Dieu dit par le prophète Isaïe : «J'ai appelé et tu n'a pas voulu m'entendre !» Que de fois Dieu a-t-il appelé ! Écoutez-le lui-même vous le dire par le même prophète : «Tout le jour, je tends les mains vers le peuple qui ne me croit pas, mais qui me contredit.» Or, lorsque nos pharisiens disent que que le réprouvé ne peut pas devenir élu, que disent-ils sinon que Dieu se moque ds hommes, comme se moquerait d'un aveugle celui qui lui montrerait du blanc, comme se moquerait d'un sourd celui qui lui parlerait à l'oreille. 

Quand à savoir si l'élu peut-être réprouvé, considérez ce que dit notre Dieu par le prophète Ezéchiel : «Aussi vrai que  je vis, dit Dieu, si le juste abandonne sa justice et qu'il commet des abominations, il périra et je ne me souviendrai plus du tout de sa justice, car tandis qu'il se fie en elle, elle l'abandonnera devant moi et ne le sauvera pas.» 

Quand à la destinée du réprouvé, Dieu ne dit-il pas par le prophète Osée : «J'appellerai le peuple non éluet je l'appelerai élu !» Dieu est véridique et ne peut pas mentir, car étant la vérité, il dit la vérité. mais les pharisiens d'à présent contredisent Dieu en toute chose par leur doctrine.»

 

Chapitre 166 

André répondit : «Mais comment faut-il comprendre ce que Dieu dit à Moïse : Il fera miséricorde à celui qui il voudra et il endurcira ceux qu'il voudra endurcir ? » Jésus répondit : «Dieu dit cela pour que l'homme ne croit pas qu,il se sauve pas sa propre vertu mais sache que c'est dans la libéralité que Dieu lui a donné la vie et la miséricorde. Il le dit aussi pour que soit rejetée l'idée qu'il y a d'autre dieux que lui. 

C'est pourquoi, s'il a endurci Pharaon, il l'a fait parce que celui-ci avait flagelé notre peuple et tenté de le détruire en faisant noyer tous les enfants mâles d'Israël, au point que Moïse était tout près d'y perdre la vie. 

Donc, je vous le dis en vérité, la prédestination a pour fondement la loi de Dieu et le libre arbitre de l'homme. En effert, bien que Dieu puisse sauver le monde entier et faire en sorte que personne ne périsse, il ne le veut pas, pour ne pas priver l,homme de liberté pour contrarier Satan, en sorte que même si ce tas  de boue méprisé par lui pèche comme fit l'esprit, il puisse néanmoins se repentir et occuper la place d'où l'esprit fut chassé. Notre Dieu, dis-je, veut assister de sa miséricorde la libre volonté de l'homme et ne veut pas priver la créature de sa toute-puissance. 

Ainsi au jour du jugement, personne ne pourra invoquer d'excuse pour ses péchés, car il verra alors manifestement tout ce que Dieu a fait pour sa conversion et combien de fois il l'a appelé à la pénitence.

 

Chapitre 167 

Par conséquent, si votre raison ne s'en contente pas et si vous voulez dire encore : «Pourquoi en est-il ainsi ?» Je vous révèlerais un "pourquoi" qui est celui-ci : Dites-moi pourquoi une pierre ne peut pas demeurer sur l'eau alors que toute la terre se tient sur l'eau ? Dites-moi pourquoi l'eau éteint le feu et pourquoi la terre fuit l'air, en sorte que personne ne peut unir en paix la terre, l'eau, l'air et le feu, et qu'ils sont néanmoins unis dans l'homme et y demeurent pacifiquement ? 

Si donc vous ne le savez pas et même si tous les hommes en tant qu'hommes ne peuvent pas le savoir, comment sauraient-ils que d'une seule parole Dieu a tout créé du néant ? Comment connaîtraient-ils l'éternité de Dieu ? Il est évident qu'ils ne pourront pas connaître cela non plus. Pourquoi ? parce que l'homme est fini, qu'il est composé d'un corps et que celui-ci en se corrampant, comme dit le prophète salomon, alourdit l'âme. Et les oeuvres de Dieu qui sont proportionnées à Dieu, qui pourra les comprendre ? 

Voyant cela, Isaïe, le prophète de Dieu, s'écria :«Vraiment tu es un Dieu caché!» A propos du messager de Dieu, sur la facon dont Dieu l'a créé, il dit : «Sa génération, qui pourra la raconter ?» A propos de l'action de Dieu, il dit : «Qui a été son conseiller ?» C'est pourquoi Dieu à la Nature humaine : «De même que le ciel est élevé au-dessus de la terre, ainsi sont élevés mes voies au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.» 

Je vous le dis donc, la manière dont s'effectue prédestination n'est pas claire pour les hommes, même si le fait que tout ce que je vous ai dit est vrai. L'homme doit-il donc rejeter le fait sous prétexte qu'il n'en connaît pas la manière ? Je n'ai certainement jamais vu personne refuser la santé même s'il ne connaît pas la manière dont Dieu guérit le malade quand je le touche. cela est encore inconnu à moi-même.»

 

Chapitre 168 

Les disciples dirent alors : «Vraiment Dieu parle en toi car jamais un homme n'a parlé comme toi! » Jésus répondit : «Croyez-moi, quand Dieu m'a choisi pour m'envoyer à la maison d'Israël, il me donna un livre comme un m

iroire clair qui descendit dans mon coeur, en sorte que tout ce que je dis sort de ce livre Quand ce livre aura fini de sortir de ma bouche, je serais enlevé du monde.» 

Pierre répondit : «Maître, ce que tu dis maintenant, est-ce aussi écrit dans ce livre? » Jésus répondit : «Tout ce que je dit pour la connaissance de Dieu et pour le service de Dieu, pour la connaissance de l'homme et pour le salut de l'homme, tout cela sort de ce livre qui est mon évangile.» 

Pierre dit : «La gloire du paradis y est-elle écrite aussi ? »

 

Chapitre 169 

Jésus répondit : «Écoutez, je vais vous dire comment est le paradis et comment les saints et les fidèles y demeureront sans fin, car c'est là l'un des plus grands biens du paradis Chaque chose en effet, si grande qu'elle soit devient petite et s'anéantit quand elle prend fin. Le paradis est une maison où Dieu conserve ses délices. C'est au point que la terre foulée par les pieds des saints et des bienheureux est si précieuse qu'une drachme de cette terre-là a plus de prix que mille mondes. 

Ces délices-là, notre père David, prophète de Dieu, les vit, car Dieu les lui montra en lui faisant voir la gloire du paradis. Revenu ensuite en lui-même, il se couvrit les yeux des deux mains et dit en pleurant : «O mes yeux, ne regardez plus ce monde-ci car tout est vain, sans rien de bien! » De ses délices-là le prophète Isaie dit : «Les yeux de l'homme n'ont pas vu, ses oreilles n'ont pas entendu, le coeur humain n'a pas compris ce que Dieu a préparé pour ceux qu'il aime.» 

Savez-vous pourquoi ils n'ont ni vu, ni entendu, ni compris ces délices-là? C'est parce que, vivant ici-bas, ils ne sont pas dignes de les voir. Même si notre père David les vit, je vous le dis en vérité, il ne les vit pas avec ses yeux humains, mais Dieu attira son âme à lui Il les vit donc. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, puisque les délices du paradis sont infinies et que l'homme est fini, l'homme ne peut pas les comprendre, de même qu'un petit pot de terre ne peut contenir la mer. 

Regardez donc comme le monde est beau en été quand tout fructifie et que le paysan, enviré de joie à la vue de sa récolte fait résonner de ses chants les vallées et les monts et se félicite grandement de ses fatigues. Eh bien, élevez de même votre coeur vers le paradis! Toute chose y fructifie à la mesure de celui qui l'a cultivée. 

Vive Dieu, pour connaître le paradis, qu'il vous suffise de savoir que Dieu l'a créé pour qu'il soit la maison de ses délices. Croyez-vous donc que la souveraine bonté n'a pas de choses souverainement belles? Prenez garde de faire une très grave erreure enpensant qu'il n'en est pas ainsi.

 

Chapitre 170 

Voici ce que Dieu dit à l'homme qui le sert fidèlement : " Je connais tes oeuvres. C'est pour moi que tu les accomplis. Aussi vrai que je vis à jamais, ton amour ne surpassera pas ma libéralité. Tu me sers en effet comme Dieu, ton créateur, en reconnaissant que tu es mon oeuvre et tu ne demandes que la grâce et la miséricorde de me servir fidèlement. Tu ne fixes pas non plus de 6n à ton service puisque tu désires me servir pour l'éternité! 

Voici ce que je ferai : je te récompenserai comme si tu étais Dieu, mon égal. Non seulement je mettrai entre tes mains l'abondance du paradis, mais je me donnerai moi-même à toi, et de même que tu veux être toujours mon serviteur, de même serai-je toujours ta récompense. "

 

Chapitre 171 

" Que pensez-vous du paradis?" dit Jésus à ses disciples. Y a-t-il une intelligence qui puisse comprendre de telles richesses et de telles délices ? II faudrait que l'homme ait la connaissance même de Dieu pour savoir tout ce que Dieu veut donner à ses serviteurs. 

Quand Hérode fait un cadeau à l'un de ses barons favoris avez-vous vu ce qu'il lui donne?". Jean répondit : "Moi, je l'ai vu deux fois. Un pauvre se contenterait certainement de la dixième partie de. ce qu'il lui donne." Jésus dit : " Mais si un pauvre reçoit quelque chose d'Hérode, qu'est-ce que ce sera? " Jean répondit : "Une ou deux petites pièces de monnaie " Que cela soit votre livre d'étude pour connaître le paradis, reprit Jésus, car tout ce que Dieu a donné à l'homme en ce monde pour son corps est comparable à la petite pièce de monnaie qu'Hérode donnerait à un pauvre. Mais tout ce que Dieu donnera à l'âme et au corps dans le paradis, c'est comme si Hérode donnait à l'un de ses serviteurs tout ce qu'il possède et sa vie elle-même.

 

Chapitre 172 

Dieu dit ceci à celui qui l'aime et le sert fidèlement : " Mon serviteur, va donc voir comme est nombreux le sable de la mer. Eh bien, si la mer te donnait un seul grain de sable, cela te semblerait peu, bien sûr. Aussi vrai que je vis, moi, ton créateur, tout ce que j'ai donné en ce monde à tous les princes et rois de la terre n'est même pas comme ce grain de sable que te donnerait la mer, en comparaison de ce que je te donnerai dans mon paradis. "

 

Chapitre 173 

" Voyez donc quelle est l'abondance du paradis, dit Jésus, car si Dieu a donné à l'homme une once de bien en ce monde, dans le paradis il lui en donnera dix, cent et mille mesures. Voyez la quantité de fruits qui sont dans ce monde. la quantité d'aliments. la quantité de fleurs et la 

quantité de choses qui servent l'homme. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, de même qu'il reste du sable à la mer lorsqu'on en reçoit un grain, de même la qualité et la quantité des figues du paradis surpassent la sorte de figues que nous mangeons ici-bas. Et ainsi de tout le reste au paradis. Mais de plus, je vous le dis en vérité, de même qu'une montagne d'or et de perles a plus de prix que l'ombre d'une fourmi. de même les délices du paradis ont plus de prix que toutes les délices que les princes du monde ont eues et auront jusqu'au jugement de Dieu, quand le monde prendra fin. " 

Pierre répondit : " Le corps que nous avons maintenant ira donc au paradis?" Jésus répondit : "Pierre, prends garde de devenir Saducéen ! car les Saducéens disent que la chair ne ressuscitera pas et qu'il n'y a pas d'anges. C'est pourquoi leur âme et leur corps sont privés d'aller au paradis et sont privés en ce monde de recevoir des anges quelque service que ce soit. As-tu oublié Job, prophète et ami de Dieu, qui dit : "Je sais que mon Dieu vit, qu'au dernier jour, je ressusciterai dans ma chair et que de mes yeux je verrai Dieu, mon sauveur! Mais crois-moi, notre chair sera si purifiée qu'elle n'aura plus aucune des propriétés qu'elle a maintenant. Elle sera expurgée de tout désir mauvais et Dieu la ramènera à l'état dans lequel se trouvait Adam avant de pécher. 

Deux hommes servent un même maître dans un même travail. L'un ne fait que regarder l'ouvrage et commande le second ; celui-ci exécute ce que commande le premier. Vous semble-t-il juste, dis je, que le maître récompense seulement celui qui voit et commande, et chasse de la maison celui qui s'est épuisé à travailler? Certes non! Comment donc la justice de Dieu supporterait-elle alors que l'âme, le corps et la sensibilité de l'homme servent Dieu, l'âme ne faisait que regarder et commander le service? car, puisqu'elle ne mange pas de pain, elle ne jeûne pas elle ne marche pas, elle ne souffre ni du froid ni de la chaleur, elle ne tombe pas malade, elle n'est pas tuée puisqu'elle est immortelle, elle ne souffre aucune des peines corporelles que souffre le corps à cause des éléments, est-il juste, dis je, qu'elle seule aille au paradis et pas le corps qui s'est tellement épuisé au service de Dieu ? " Pierre répondit : "Maître, puisque le corps a fait pécher l'âme, il ne faut pas le mettre au paradis! " 

Jésus répondit : " Mais comment le corps pécherait-il sans l'âme ? Ce serait tout à fait impossible! Ainsi, en privant le corps de la miséricorde de Dieu, tu condamnes l'âme à l'enfer!"

 

Chapitre 174 

Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, notre Dieu promet sa miséricorde au pécheur en disant : " A l'heure même où le pécheur regrettera son péché à cause de moi. je ne me 

souviendrai plus jamais de ses iniquités. Or, qui mangerait les aliments du paradis si le corps n'y allait pas? Certainement pas l'âme, car elle est esprit! " Pierre répondit : " Les bienheureux mangeront donc au paradis! Mais comment la nourriture ne produira-t-elle pas d'ordure?" Jésus répondit " Quelle béatitude aurait donc le corps s'il ne mangeait ni ne buvait ? " II est tout à fait convenable de donner une gloire proportionnée à celui qui est glorifié. Mais tu fais erreur, Pierre, en pensant qu'une telle nourriture produira de l'ordure, car le corps présent mange des nourritures corruptibles et la putréfaction s'en suit, tandis qu'au paradis le corps sera incorruptible, impassible, immortel. libre de toute misère, et les nourritures sans aucun défaut ne produiront aucune putréfaction.

 

Chapitre 175 

En se moquant des réprouvés, Dieu parle ainsi dans le prophète Isaïe : " Mes serviteurs siégeront à table dans ma maison, ils festoieront joyeusement au son des harpes et des orgues et je ne les laisserai manquer de rien. Mais vous qui êtes mes ennemis, vous serez chassés loin de moi où vous mourrez de misère, méprisés par tous mes serviteurs. "

 

Chapitre 176 

"Pourquoi dire : ils festoieront, dit Jésus à ses disciples! Certes, Dieu parle clair. Mais pourquoi quatre fleuves de liqueur précieuse dans le paradis et pourquoi tant de fruits? Dieu ne mange certainement pas, ni les anges, ni l'âme, ni la sensibilité! Par contre la chair mange, elle; la chair c'est-à-dire notre corps. Ainsi la gloire du paradis consiste pour le corps dans la nourriture, et pour l'âme et la sensibilité dans la fréquentation des anges et des esprits bienheureux. 

Cette gloire sera mieux manifestée par le messager de Dieu qui connaît tout mieux qu'aucune 

créature puisque Dieu a tout créé pour son amour " Barthélémy dit : " Maître, la gloire du paradis sera-t-elle égale pour tous les hommes. Si elle est égale, ce ne sera pas juste, et si elle n'est pas égale, les plus petits envieront les plus grands! " Jésus répondit : " Elle ne sera pas égale, car Dieu est juste, mais chacun sera content, car là i1 n'y a pas d'envie. Dis-moi, Barthélémy, un patron a beaucoup de serviteurs. II les habille tous d'une même étoffe. Est-ce que les enfants qui ont des vêtements d'enfants se plaignent de ce qu'ils n'ont pas de vêtements d'adultes ? Tout au contraire, si les adultes voulaient leur donner leurs grands vêtements, ils se mettraient en colère, les vêtements n'étant pas à leur taille, et ils se croiraient moqués. Eh bien, Barthélémy, élève ton coeur vers Dieu dans le paradis et tu verras qu'une seule et même gloire ne produira en eux aucune envie, même si elle .est accordée plus à celui-ci et moins à celui-là. "

 

Chapitre 177 

Celui qui écrit dit alors : "Maître, le paradis a-t-il comme ce monde ici la lumière du soleil?" Jésus répondit :" Barnabé, Dieu m'a dit ceci : le monde dans lequel vous habitez, ô hommes pécheurs, a le soleil, la lune et les étoiles qui l'ornent pour votre profit et votre joie, c'est cela que j'ai créé. 

Mais croyez-vous que la maison qu'habiteront mes fidèles ne sera pas meilleure? Vous vous trompez certainement si vous le croyez car moi, votre Dieu, je suis le soleil du paradis; mon messager en est la lune qui reçoit tout de moi et les étoiles, ce sont mes prophètes qui vous ont prêché ma volonté. Ce sont eux qui ont porté ma parole à mes fidèles. De même, c'est par eux qu'au paradis de mes délices, mes fidèles recevront plaisir et joie.

 

Chapitre 178 

"Que cela vous suffise pour connaître le paradis ", dit Jésus. Barthélémy reprit : "Maître, souffre que je te demande encore quelque chose! " - " Dis-moi ce que tu désires ", répondit Jésus. " - " Le paradis doit être certainement très grand, dit Barthélémy, pour contenir d'aussi grands biens! " Jésus répondit :" Le paradis est si grand qu'aucun homme ne peut le mesurer. Je te le dis en vérité, il y a neuf cieux entre lesquels se trouvent les planètes. Ils sont éloignés l'un de l'autre de cinq cents années de marche. La terre aussi est éloignée du premier ciel de cinq cents années de marche. Pourtant, arrêtes-toi à mesurer le premier ciel. Par rapport à la terre, il est comme la terre par rapport à un grain de sable. De même le deuxième ciel par rapport au premier, le troisième par rapport au deuxième et ainsi de suite jusqu'au dernier ciel. Eh bien, je te le dis en vérité, la terre et le ciel ensemble sont par rapport au paradis comme un grain de sable en comparaison de toute la terre. " 

Pierre dit alors : " Maître, le paradis doit être plus grand que Dieu puisque Dieu s'y trouve!" Jésus répondit : " Tais-toi, Pierre, tu blasphèmes et tu ne t'en rends pas compte! "

 

Chapitre 179 

L'ange Gabriel vint alors à Jésus et lui montra un miroir brillant comme le soleil, dans lequel il vit écrit ces paroles : " Aussi vrai que je vis à jamais, de même que le paradis est plus grand que les cieux et la terre ensemble, et de même que toute la terre est plus grande qu'un grain de sable ainsi suis-je autant de fois supérieur au paradis que la mer de grains de sable, qu'il y a de gouttes d'eau dans la mer, qu'il y a d'herbe sur la terre, qu'il y a de feuilles sur les arbres, qu'il y a de poils sur les animaux et autant de fois qu'il faudrait de grains de sable pour remplir tout les cieux et tout le paradis et plus encore! " 

Jésus dit alors : "Révérons Dieu qui est béni éternellement. " Cent fois ils inclinèrent la tête et après la prière, Jésus appela Pierre et lui dit ainsi qu'à tous les disciples ce qu'il avait vu. I1 dit à Pierre : "Ton âme qui est plus grande que toute la terre voit à travers un seul œil le soleil qui est mille fois plus grand que toute la terre" - " C'est vrai " dit Pierre. Jésus dit alors : " Eh bien, c'est ainsi que tu verras Dieu notre créateur à travers le paradis!" Après avoir dit cela, Jésus rendit grâce à Dieu notre Seigneur, en priant pour la maison d'Israël et pour la cité sainte. Et chacun répondit : " Qu'il en soit ainsi, Seigneur! "

 

Chapitre 180 

Un jour que Jésus se tenait sous le portique de Salomon, un scribe de ceux qui prêchaient au peuple s'approcha de lui et lui dit : " Maître, j'ai prêché souvent à ce peuple et j'ai en tête un passage de l'Ecriture que je ne peux pas comprendre. " Jésus répondit : " Quel est-il ? " Le scribe dit : " Ce que Dieu dit à Abraham notre père : "Je serai ta grande récompense! " Comment l'homme peut-il donc mériter? " 

Jésus se réjouit alors en esprit et dit : "Tu n'es certainement pas loin du royaume de Dieu. Aussi écoute-moi et je te dirai le sens de cette doctrine-là, Puisque Dieu est infini et que l'homme est fini, l'homme ne peut pas mériter Dieu. Est-ce là ton doute, frère?" Le scribe répondit en pleurant " Seigneur, tu connais mon cœur Parle donc, car mon âme désire entendre ta voix ! " Jésus dit alors : " Vive Dieu, l'homme ne peut même pas mériter le peu de souffle qu'il reçoit à chaque instant. " En entendant cela le scribe resta stupéfait. Les disciples s'étonnèrent aussi. Ils avaient en effet en mémoire que Jésus leur avait dit qu'ils recevraient le centuple de tout ce qu'ils donnaient pour l'amour de Dieu. II dit alors : "Si quelqu'un vous prêtait cent deniers d'ors et que vous gaspilliez ces deniers, pourriez-vous dire à cet homme-là : " Je te donne une feuille de vigne pourrie, mais toi, donne-moi ta maison, car je la mérite? " Le scribe répondit : " Non, Seigneur, car il doit d'abord payer sa dette. Ensuite, s'il veut quelque chose, il devra lui donner de bonnes choses. Mais à quoi peut servir une feuille pourrie!"

 

Chapitre 181 

Jésus répondit : "Tu as bien parlé, frère! Mais dis-moi, qui a créé l'homme du néant? C'est Dieu, certes. Et Dieu a donné à l'homme en bénéfice le monde entier. Mais en péchant l'homme a tout gaspillé, car le monde entier est opposé à l'homme à cause du péché. L'homme misérable n'a que des œuvres pourries par le péché à donner à Dieu; en péchant en effet chaque jour, il pourrit ses œuvres. C'est pourquoi le prophète Isaïe dit : "Nos justices sont comme un linge souillé", Comment donc l'homme pourrait-il mériter puisque déjà il ne peut pas payer ses dettes? 

Est-ce que l'homme ne pèche pas? Certes, notre Dieu dit par son prophète David : "Le juste tombe sept fois par jour." Combien de fois tombe donc celui qui n'est pas juste! Et si nos justices sont pourries, combien sont abominables les injustices Vive Dieu, il n'y a rien que l'homme doive éviter davantage que de dire : "Je mérite". Que l'homme considère les oeuvres de ses mains, frère, et il verra aussitôt quel est son mérite. Les bonnes choses qui viennent de l'homme, ce n'est pas l'homme qui les fait, en vérité, mais c'est Dieu qui les accomplit dans l'homme, car l'être appartient à Dieu qui l'a créé. Ce que fait l'homme, c'est contre dire Dieu son créateur, et commettre le péché. Et pour cela il ne mérite pas récompense, mais tourment.

 

 

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