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Le blog de Dib hamza

l'évangile de barnabé ( suite )

6 Octobre 2011 , Rédigé par Dib Hamza

Chapitre 182 

Non seulement Dieu a créé l'homme, comme je le dis, mais il l'a créé parfait; il lui a donné le monde entier; après la sortie du paradis, il lui a donné deux anges qui le gardent; il lui a envoyé les prophètes ; il lui a donné la loi ; il lui a donné la foi ; à chaque instant il le délivre de Satan; il veut lui donner le paradis; et de plus, Dieu veut se donner lui-même à l'homme. Voyez donc comme la dette est grande! Pour l'éteindre, il faudrait que vous ayez créé l'homme par vous-mêmes à partir du néant, il faudrait que vous ayez créé tous les prophètes que Dieu vous a envoyés, et aussi un monde et un paradis, et de plus un Dieu grand et bon comme l'est notre Dieu, et il faudrait que vous donniez tout cela à Dieu. C'est ainsi que la dette serait éteinte. Il ne vous resterait que le devoir de remercier Dieu. Mais vous, qui ne pouvez même pas créer une mouche puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu maître de tout, comment pourriez-vous éteindre votre dette? Certes, si un homme vous prête cent deniers d'or, vous êtes obligés de lui rendre cent deniers d'or. Or le sens de tout cela, frère, le voici, c'est que Dieu peut dire ce qu'il lui plaît et donner ce qu'il lui plaît puisqu'il est le mettre du paradis et de toute chose. Quand il dit à Abraham : " Je serai ta grande récompense", Abraham ne peut pas dire "Dieu est ma récompense ", mais il doit dire : " Dieu m'est donné, il est ma dette. " C'est pourquoi, frère, quand to prêches au peuple, tu dois expliquer ce passage comme ceci : " Si l'homme fait le bien, Dieu lui donnera ceci et cela. Ô homme, si Dieu te disait : " Mon serviteur, tu as fait le bien pour mon amour, quelle récompense veux-tu de moi ton Dieu?" Réponds : " Seigneur, puisque je suis l'œuvre de tes mains, il n'est pas digne que se trouve en moi ce qu'aime Satan, c'est-à-dire le péché. 

C'est pourquoi, Seigneur, pour ta gloire, aie pitié des œuvres de tes mains! " Et si Dieu te disait : "Je t'ai pardonné, mais maintenant je veux te récompenser", réponds : " Seigneur, pour ce que j'ai fait, je mérite d'être puni, et pour ce que to as fait, to mérites d'être glorifié. Punis donc en moi, Seigneur, ce que j'ai fait et sauve ce que tu as accompli! " Et si Dieu te disait: "Quelle peine te semble convenir à ton péché? " réponds : " Tout ce qu'endureront tous les réprouvés, Seigneur! " Et si Dieu te disait : " Pour quoi recherches-tu une peine si grande, ô mon serviteur fidèle?" Réponds : " Parce que si chacun d'entre eux avait reçu de toi ce que j'ai reçu, ils t'auraient servi plus fidèlement que moi! " Et si Dieu te disait : "Quand veux-tu recevoir, cette peine et pour combien de temps ? " Réponds : " Dès maintenant et sans fin! " Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, un tel homme serait plus agréable à Dieu que tous ses saints anges, car Dieu aime la véritable humilité et il hait l'orgueil!". Le scribe remercia alors Jésus et lui dit : " Seigneur, allons à la maison de ton serviteur et ton serviteur te donnera à manger ainsi qu'à tes disciples ! " Jésus répondit : " je m'y rendrai quand tu me promettras de m'appeler " frère " et non pas " Seigneur ", et que tu diras que tu es mon frère et non pas mon serviteur! " L'homme le promit et Jésus se rendit chez lui.

 

Chapitre 183 

Tandis qu'ils mangeaient, le scribe dit : " Maître, tu as dit que Dieu aime la véritable humilité, dis-nous donc ce qu'est l'humilité et comment elle peut être véritable ou fausse. " (Jésus répondit) : " En vérité, je vous le dis, celui qui ne deviendra pas comme un enfant, tu entrera pas dans le royaume du ciel " Tous furent troublés en entendant cela. Ils se disaient les uns aux autres : " Mais comment celui qui a trente ou quarante ans deviendra-t-il un enfant? Que cette parole est difficile ! " 

Jésus répondit : " Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, mes paroles sont vraies ! Je vous dis qu'il faut devenir comme un enfant, car c'est là la véritable humilité. En effet, si vous demandez à un enfant, qui a fait les vêtements qu'il porte, il répondra : " Mon père ! " Si vous lui demandez à qui appartient la maison qu'il habite, il vous dira : " A mon père! " Si vous dites : " Qui t 'a appris à marcher et à prier, il vous répondra : " Mon père ! " Mais si vous dites : " Qui t'a blessé au front pour avoir le front ainsi bandé? " Il répondra : " Je suis tombé et je me suis blessé à la tête! " Si vous dites : " Mais pourquoi es-tu tombé? " Il répondra " Ne voyez-vous pas que je suis petit et que je n'ai pas la force de marcher ni de courir comme un grand? Si je veux marcher vite, mon père doit me prendre la main. Mais pour que j'apprenne à bien marcher, mon père m'a lâché un peu, et Moi, en voulant courir, je suis tombé! " Si vous dites alors: " Qu'a dit ton père?" II répondra : " Eh bien, pourquoi n'as-tu pas marché doucement? A l'avenir prends garde de t'éloigner de moi! "

 

Chapitre 184 

" Est-ce que c'est vrai cela ? dit Jésus. "C'est tout à fait vrai ! " répondirent les disciples et le scribe" - " Eh bien, dit Jésus, ceux qui reconnaîtront dans la vérité du coeur, que Dieu est l'auteur de tout bien et qu'eux-mêmes sont les auteurs du péché, ceux-là seront vraiment humbles. Mats celui dont la bouche parlerait comme cet enfant mais qui dirait le contraire dans les faits, celui-là serait sûrement un faux humble et un véritable orgueilleux, car le comble de l'orgueil est de se servir de moyens humbles pour ne pas être réprimandé et fôulé aux pieds par les hommes. 

L'humilité véritable est un abaissement de l'âme par lequel l'homme se connaît véritablement. Mais la fausse humilité est un brouillard de l'enfer qui obscurcit tenement l'intelligence de l'âme que tout ce que l'homme devrait s'attribuer à lui-même, il 1'attribue à Dieu, et tout ce qu'il devrait attribuer à Dieu, il se l'attribue à lui-même. Ainsi le faux humble dira qu'il est un grand pécheur, mais si quelqu'un lui dit qu'il est pécheur, il se mettra en colère contre lui et le persécutera. Le faux humble dira que Dieu lui a donné ce qu'il a, mais qu'il n'a pas dormi et qu'il a bien agi. 

Dites-moi, frères, les pharisiens d'à présent, comment marchent-ils ?" Le scribe répondit en pleurant : " Maître, les pharisiens d'aujourd'hui portent les habits et le nom de pharisiens, mais ce sont des chananéens dans le cœur et dans leurs œuvres ! Plaise à Dieu qu'ils n'usèrent pas ce nom, ils ne tromperaient pas les simples! O temps passé, comme tu as été cruel envers nous, tu nous as enlevé les vrais pharisiens et tu nous as laissé les faux! "

 

Chapitre 185 

Jésus répondit : "Frère, ce n'est pas le temps qui a fait cela, mais le monde méchant, car on peut servir Dieu en vérité en tout temps, mais si on s'approche du monde, c'est-à-dire des mauvaises mœurs, on devient méchant en tout temps. Ne sais-tu pas que Géhazi, serviteur du prophète Elisée, à la honte de son maître, vola par un mensonge l'argent et les vêtements d'Aman le Syrien? Et pourtant Elisée avail un grand nombre de pharisiens et Dieu les faisait prophétiser. 

Je te le dis en vérité, les hommes soot si disposés à mal faire, le monde les y pousse tant, et Satan les sollicite tellement au mal, que les pharisiens d'à présent fuient toute bonne action et tout bon exemple. 

Que l'exemple de Géhazi te suffise pour savoir qu'ils sont réprouvés par Dieu. " Le scribe répondit : " C'est tout à fait vrai!" Jésus dit alors : "Je veux que tu racontes l'exemple 

d'Aggée et d'Osée, les deux prophètes de Dieu, pour que nous reconnaissions le vrai pharisien" Le scribe répondit : "Maître, que dirais-je ? Beaucoup ne le croiront certainement pas même si c'est écrit par le prophète Daniel, mais pour t'obéir je te raconterai la vérité. 

Aggée avait quinze ans quand il vendit son patrimoine. L'ayant donné aux pauvres, il sortit 

d' Anatot pour servir le prophète Abdias. Le vieil Abdias donc, qui connaissait l'humilité d'Aggée se servait de lui comme d'un livre pour enseigner ses disciples. Aussi lui faisait-il souvent cadeau de vétements et d'aliments recherchés. Mais Aggée renvoyait toujours le messager en disant : " Va-t-en, retourne à la maison car tu t'es trompé ! Abdias m'enverrait-il 

de telles choses ? Sûrement pas, car il sait que je ne suis bon à rien et que je ne fais que pécher. " Et quand Abdias avait quelque chose de mauvais, il le donnait au plus proche voisin d'Aggée afin que celui-ci le vole. Et en le voyant Aggée se disait : " Tu vois bien qu'Abdias t'a tout à fait oublié, car cela ne convient qu'à moi puisque je suis le plus mauvais de tous. Il n'y a pas de chose si grossière qui ne soit pour moi un trésor si je la reçois d'Abdias : c'est Dieu qui me la donne par ses mains. "

 

Chapitre 186 

Quand Abdias voulait apprendre à prier à quelqu'un; il appelait Aggée et disait : " Récite ici ta prière pour que chacun entende tes paroles! " Alors Aggée disait : " Seigneur Dieu d'Israël, regarde avec miséricorde ton serviteur qui t'appelle parce que tu l'as créé! Seigneur, Dieu juste, souviens-toi de ta justice et punis les péchés de ton serviteur pour que je ne contamine pas ton œuvre! Seigneur mon Dieu, je ne peux pas te demander les délices que tu donnes à tes serviteurs fidèles, car je ne fais que pécher. Mais Seigneur, quand tu veux donner une maladie à l'un de tes serviteurs, souviens-toi de moi, ton serviteur, pour ta gloire! " Parce qu'Aggée faisait cela, dit le scribe. Dieu l'aima tant qu'il donna le don de prophétie à tous ceux qui se trouvaient avec lui en ce temps là; et il n'y a pas de chose qu'Aggée demandât dans la prière, que Dieu ne lui accordât.

 

Chapitre 187 

En disant cela, le bon scribe pleurait comme pleure le mariniquand il voit son bateau détruit. Il ajouta : "Quand Osée s'en alla servir Dieu, il était prince de la tribu de Nephtali et âgé de quatorze ans. Ayant vendu son patrimoine et l'ayant donné aux pauvres, il partit pour être disciple d'Aggée. Il était si enflammé de charité, qu'il disait pour tout ce qu'on lui demandait : " Dieu m'a donné cela pour toi, frère, accepte-le donc. " De . cette manière, il n'eut bientôt plus que deux habits : la tunique de cilice et le manteau de peau. Et je dis qu'il vendit le patrimoine et qu'il le donna aux pauvres, car autrement on n'aurait laissé personne prendre le nom de pharisien. 

Osée possédait le livre de Moïse et le lisait avec une ardeur extrême. Ainsi, Aggée lui dit un jour " Osée, qui t'a pris tout ce que tu avais ? " il répondit : " Le livre de Moïse! " Il arriva qu'un disciple d'un prophète voisin voulut aller à Jérusalem. Or il n'avait pas de manteau. 

Ayant entendu parler de la charité d'Osée, il alla le trouver et lui dit : " Frère. je voudrais aller à Jérusalem pour offrir un sacrifice à notre Dieu, mais je n'ai pas de manteau et je ne sais que faire! " ? A ces mots, Osée dit : " Pardonne-moi, frère, j'ai commis un grand péché contre toi : Dieu m'a donné un manteau pour que je te le donne, et je l'ai oublié. Accepte-le donc et prie Dieu pour moi ! " ajoutant foi, l'homme reçut le manteau d'Osée et s'en alla. Quand Osée alla chez Aggée. celui-ci lui dit : " Qui t'a pris ton manteau " Osée répondit Il arriva qu'un pauvre fui dépouillé par des voleurs et qu'il resta nu. Osée l'ayant vu ainsi, se dépouilla de sa tunique et la donna à celui qui était nu, lui-même restant avec un peu de peau de chèvre sur ses parties secrètes. Niais comme il n'allait pas chez Aggée, le bon Aggée pensa qu'Osée était malade. Il alla le trouver avec deux de ses disciples. Ils le trouvèrent enveloppé de feuilles de palmier. Aggée dit alors : " Dis-moi donc pourquoi tu n'es pas venu chez moi? " Osée répondit : " Le livre de Moïse m'a pris ma tunique et j'ai craint d'aller là bas sans tunique. " Alors Aggée lui en donna une autre. Il arriva qu'un jeune homme en voyant Osée lire le livre de Moïse, dit en pleurant : " Moi aussi j'apprendrais bien à lire si j'avais un livre! " A ces mots, Osée lui donna le livre et dit : " Frère, ce livre est à toi car Dieu me l'a donné pour que je le donne à celui qui, en pleurant. désire un livre. " L'homme le crut et accepta le livre.

 

Chapitre 188 

Un disciple d'Aggée était voisin d'Osée. Voulant voir si son livre était bien écrit, il se rendit chez lui et lui dit : " Frère, prends ton livre et voyons s'il est comme le mien ! " Osée répondit : " On me l'a pris " - " Qui te l'a pris? " dit le disciple. Osée répondit " Le livre de Moïse! " Ce qu'entendant, celui-là alla chez Aggée et lui dit : " Osée est devenu fou car il dit que le livre de Moïse lui a pris le livre de Moïse ! " Aggée répondit : "Pries à Dieu. frère. que je sois aussi fou et que tout les fous soient semblables à Osée ! " Comme les voleurs de Syrie avaient traversé le pays de Judée et pris le fils d'une pauvre veuve qui habitait près du mont Carmel. où habitaient les prophètes et les pharisiens, il arriva qu'Osée, étant allé couper le bois. rencontra la femme qui pleurait. Aussitôt il se mil à pleurer. car quand il voyait rire, il riait, et quand il voyait pleurer. il pleurait. Osée interrogea la femme sur la raison de ses larmes et 

elle lui raconta tout. Osée dit alors : " Viens, soeur, car Dieu veut te rendre ton fils ! " Ils allèrent tout deux à Hébron, où Osée se vendit lui-même et donna l'argent à la veuve. Celle-ci ne sachant comment il avail eu ces deniers, les accepts et racheta son fils. Celui qui l'avait acheté Osée sans le connaître, l'amena à Jérusalem où il habitait. Aggée voyant qu'on ne trouvait plus Osée. en restait affligé. L'ange de Dieu lui dit alors qu'il avail été emmené à Jérusalem comme esclave. En l'entendant, le bon Aggée pleurait l'absence d'Osée comme une mère pleure l'absence de son fils. Ayant appelé deux de ses disciples, il se rendit à Jérusalem. A l'entrée de la ville, par volonté de Dieu, il rencontra Osée portant du pain aux ouvriers de la ville de son maître. L'ayant reconnu, Aggée lui dit : " Fils, comment as-tu abandonné ton vieux père qui te cherche dans la douleur?" Osée répondit : " Père, j'ai été vendu." Aggée dit alors en colère : " Quel est ce méchant qui t'a vendu?" Osée répondit " Que Dieu vous pardonne!, père, car celui qui m'a vendu est si bon que s'il n'était pas dans le monde, personne ne deviendrait saint! " - " Quel est celui là?" dit Aggée. Osée répondit : "Père, c'est le livre de Moïse ! " Le bon Aggée en resta comme égaré et dit " Plaise à Dieu, fils, que le livre de Moïse me vende moi aussi et tous mes fils, comme il t'a vendu! ". 

Et Aggée alla avec Osée chez son maître. Celui-ci ayant reconnu Aggée dit : " Que notre Dieu soit béni qui a envoyé son prophète chez moi !" Et il courut lui baiser les mains. Aggée dit alors : " Frère, baise les mains de ton serviteur que tu as acheté, car il est meilleur que moi ! " Et il lui raconta tout ce qui s'était passé. Le maître rendit donc la liberté à Osée. Est-ce cela que tu désires, Maitre ? "

 

Chapitre 189 

Jésus dit alors : " C'est bien cela, Dieu me l'a certifié. Et pour que tous sachent que c'est la vérité : au nom de Dieu, que s'arrête le soleil et qu'il ne marche pas pendant douze heures ! " Ce qui se fit à l'effroi de tout Jérusalem et de la Judée . Puis Jésus dit au scribe : " Frère, que désires-tu savoir de moi si tu as une telle connaissance ? Vive Dieu, cela suffit pour le salut de l'homme, car l'humilité d'Aggée et la charité d'Osée accomplissent toute la loi et tous les prophètes. 

Dis-moi, frère, quand tu vins m'interroger dans le temple, croyais-tu peut-être que Dieu m'avait envoyé détruire la loi et les prophètes ? Non, Dieu ne le fera pas, lui qui est immuable . Mais ce que Dieu a déterminé comme voie de salut pour l'homme c'est cela qu'il a fait proclamer par tous les prophètes. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si le livre de Moïse et le livre de David, notre père, n'avaient pas été contaminés par les traditions 

humaines des faux pharisiens et docteurs, Dieu ne m'aurait pas donné sa parole. Que dis-je, le 

livre de Moïse et le livre de David ? C'est toutes les prophéties qu'ils ont contaminées, au point qu'on ne recherche pas aujourd'hui une chose parce que Dieu l'a commandée, mais on regarde si les docteurs l'enseignent et si les pharisiens l'observent, comme si Dieu se trompait et que les hommes ne pouvaient pas se tromper. 

Malheur donc à cette génération incrédule, car viendra sur eux le sang de tous les prophètes et 

justes ainsi que le sang de Zacharie, fils de Barachie, qu'ils tuèrent entre le temple et l'autel ! Lequel des prophètes n'ont-ils pas persécuté ? Lequel des justes ont-ils laissé mourir de mort naturelle ? Presque aucun ! C'est pourquoi ils cherchent maintenant à me tuer. Ils se glorifient d'être les fils d'Abraham et d'avoir le beau temple. Vive Dieu, ils sont fils de Satan; aussi font-ils sa volonté! C'est pourquoi le temple et la ville sainte s'en iront en ruine, et du temple il ne restera pas pierre sur pierre.

 

Chapitre190 

Dis-moi, frère, toi qui es docteur expert de la loi, )a promesse du Messie faite à notre père Abraham, au sujet de qui est-elle faite? d'Isaac ou d'Ismaël? 1 " Le scribe répondit : " Maître, je crains de te le dire, car il y a danger de mort! " Jésus dit alors : " Frère, je regrette d'être venu manger chez toi puisque tu aimes plus la vie présente que Dieu, ton créateur. C'est donc pour cela que tu crains de perdre la vie et que tu ne crains pas de perdre la' foi et la vie éternelle? Or on perd celle-ci quand la langue dit le contraire de ce que le coeur sait de la loi de Dieu! " 

Le bon scribe dit alors en pleurant : " Maître, si j'avais su que je pouvais avoir quelque influence, j'aurais prêché bien des choses que j'ai tues pour ne pas susciter de sédition dans le peuple. " Jésus répondit : " Il ne faut tenir compte ni du peuple, ni du monde entier, ni de tous les saints, ni dé tous les anges, quand il y a offense de Dieu. Laisse donc tout périr, sans toi-même offenser Dieu, ton créateur, plutôt que tout conserver avec le péché, car le péché détruit et ne conserve pas. Dieu est assez puissant pour créer autant de mondes que la mer a de grains de sable, et bien plus encore."

 

Chapitre 191 

Le scribe dit alors : " Pardonne-moi, Maître, car j'ai péché ! " Jésus dit : " Que Dieu te pardonne, c'est contre lui que tu as péché! " Puis le scribe dit : " J'ai vu un vieux livre écrit de la main des serviteurs et prophètes de Dieu, Moïse et Josué, celui qui comme toi arrêta le `soleil t. Ce livre est le vrai livre de Moisez. II y est écrit qu'Ismaël est le père du Messie, et qu'Isaac est le père du messager du Messie. Ce messager viendra préparer les voies du Messie. Le livre rapporte que Moise a dit : " Seigneur, Dieu d'Israël, puissant et miséricordieux, manifeste à ton serviteur la splendeur de ta gloire!' " Alors Dieu lui montra son messager dans les bras d'Ismaël, et Ismaël dans les bras d'Abraham. Auprès d'Ismaël se tenait Isaac tenant dans/ses bras un enfant qui de son doigt 

montrait le messager de Dieu en disant : " Voici celui pour qui Dieu â tout créé ! " Alors Moise s'écria avec joie : " Ismaël, tu tiens dans tes bras le monde entier ainsi que le paradis ! Souviens-toi de moi, serviteur de Dieu, afin que je trouve grâce auprès de Dieu par ton fils pour qui il a tout fait. "

 

Chapitre 192 

On ne trouve pas dans ce livre que Dieu mange de la viande de brebis ou de mouton t. On n'y trouve pas que Dieu ait réservé sa miséricorde au seul Israël, mais au contraire qu'il fait miséricorde à tout homme qui cherche en vérité Dieu son Créateur. Ce livre-là, je n'ai pas pu le lire en entier, car le souverain pontife dans la bibliothèque de qui je me trouvais, me l'interdit en disant qu'un Ismaëlite l'avait écrit ". Jésus dit alors : " Garde-toi de ne plus jamais taire la vérité, car c'est dans la foi du Messie que Dieu donnera le salut aux hommes. Sans elle, personne ne se sauvera." Et Jésus arrêta ici son propos. 

Puis, tandis qu'ils mangeaient, voici que Marie, qui pleura aux pieds de Jésus$, entra dans la maison de Nicodème, car tel était le nom du scribes. Elle se mit en pleurant aux pieds de Jésus et dit : " Seigneur, ta servante qui par toi a trouvé miséricorde auprès de Dieu, a une soeur et un frère. Or celui-ci est malade, en péril de mort. " Jésus répondit : "Où est ta maison, dis-le et j'irai prier Dieu pour sa santé!" Marie répondit : " Béthanie appartient à mon frère et à ma saur; quant à moi, j'habite Magdala. Mon frère est donc à Béthanie ". Jésus dit à la femme : " Va vite chez ton frère et attends moi, car j'irai le guérir. Ne crains pas, il ne mourra pas! " La femme s'en alla. Arrivée à Béthanie, elle trouva que son frère était mort ce jour même. Alors ils le mirent dans le sépulcre de leurs pères.

 

Chapitre 193 

Jésus resta deux jours chez Nicodème. Le troi-sième jour, il partit pour Béthanie. Près de la ville, il envoya deux disciples en avant pour annoncer sa venue à Mariez. Celle-ci courut hors de la ville, et ayant trouvé Jésus, elle dit en pleurant : " Seigneur, tu m'avais dit que mon frère ne mourrait pas 

Maintenant il est enseveli depuis quatre jours. Plût à Dieu que tu sois venu avant que je t'appelle, car il ne serait pas mort!" Jésus répondit : "Ton frère n'est pas mort, mais il dort, c'est pourquoi je viens le réveiller! " Marie répondit en pleurant : " Seigneur, d'un tel sommeil il sera réveillé au jour du jugement par l'ange de Dieu qui sonnera de ta trompette. " Jésus dit : " Marie, crois-moi, il ressuscitera auparavant, car Dieu m'a donné pouvoir sur son sommeil! Je te le dis en vérité, il c'est pas mort, car seul est mort celui qui meurt sans trouver miséricorde auprès de Dieu . " 

Marie retourna vite annoncer à sa sueur Marthe la venue de Jésus. A la mort de Lazare, une grande foule de Juifs de Jérusalem et beaucoup de scribes et de pharisiens étaient accourus. Marthe ayant entendu dire par sa soeure Marie que Jésus arrivait, se leva en hâte et courut au dehors. La multitude des Juifs, scribes et pharisiens la suivit pour la consoler, car ils croyaient qu'elle allait au sépulcre pleurer son frère. 

Arrivée à l'endroit où Jésus avait parlé avec Marie, Marthe dit en pleurant : " Seigneur. plût à Dieu que tu aies été ici, car mon frère ne serait pas mort!"" Marie survint à ce moment en pleurant. Alors Jésus pleura et dit en soupirant : "Où l'avez vous mis?" Ils répondirent : "Viens voir!" Les pharisiens disaient entre eux : " Lui qui ressuscita le fils de la veuve à Naïn . pourquoi a-t-il laissé mourir Lazare alors qu'il avait dit qu'il ne mourrait pas?" 

Arrivé au sépulcre où chacun pleurait, Jésus dit :" Ne pleurez pas, car Lazare dort et je suis venu le réveiller! " Les pharisiens disaient : " Plaise à Dieu que tu dormes de cette manière-là ! " Jésus dit alors : " Mon heure n'est pas encore venue, mais quand elle viendra, je m'endormirai de la même manière et je serai vite réveillé. " Jésus dit encore : " Enlevez la pierre du sépulcre ! " Marthe dit : " Seigneur. il sent mauvais, car il y a quatre jours qu'il est mort! " Jésus dit : " Pourquoi suis-je donc venu ici, Marthe ? Ne crois-tu pas que je le réveillerai ? " Marthe répondit : "Je sais que tu es le saint de Dieu qui t'a envoyé en ce monde. " 

Alors, les mains levées au ciel, Jésus dit : " Sei-gneur, Dieu d'Abraham, Dieu d'Ismaël et d'Isaac, Dieu de nos pères, aie pitié de la douleur de ces femmes et rends gloire à ton saint Nom ! " Chacun ayant répondu " Amen " u, Jésus dit d'une voix forte " Lazare, viens dehors! " Alors le mort se leva. Jésus dit à ses disciples : " Déliez-le ! " En effet, il était lié dans le linceul avec le suaire sur le visage, comme nos pères ont coutume d'ensevelir. 

Une grande foule de Juifs et quelques pharisiens crurent en Jésus, car le miracle était grand. Ceux qui restèrent dans leur incrédulité s'ils allèrent à Jérusalem et racontèrent aux princes des prêtres la résurrection de Lazare et comment beaucoup étaient devenus Nazaréens. C'est ainsi qu'ils appelaient ceux qui faisaient pénitence à la parole de Dieu que prêchait Jésus.

 

Chapitre 194 

Les scribes, les pharisiens et le souverain pontife tinrent conseil pour tuer Lazare, car beaucoup renonçaient à leurs traditions et croyaient à la parole de Jésus 1. En effet, le miracle de Lazare était grand 

il conversait avec les hommes, il mangeait et buvait. Mais comme il était puissant, bien introduit à Jéru-salem et qu'avec ses sueurs il était propriétaire de Magdala et de Béthanie, ils ne savaient que faire. 

Jésus entra à Béthanie, dans la maison de Lazare. Marthe et Marie le servaient=. Un jour que Marie était assise aux pieds de Jésus et qu'elle écoutait ses paroles, Marthe dit à Jésus : " Seigneur, ne vois-tu pas que ma sueur ne prend pas soin de toi et ne se soucie pas de ce que toi et tes disciples vous devez manger?" Jésus répondit : "Marthe, Marthe, occupes-toi de ce que tu dois faire, car Marie a choisi une part qui ne lui sera jamais enlevée !' 

Pendant qu'il était assis à table avec une grande foule de ceux qui croyaient en lui, Jésus déclara " Frères, je dois rester avec vous peu de temps encore, car le temps est proche où je quitterai ce monde. Aussi je vous rappelle les paroles de Dieu au prophète Ezéchiel : " Aussi vrai que je vis éternelle-ment, moi votre Dieu, l'âme qui péchera, mourra ; par contre, si le pécheur fait pénitence, il ne mourra pas, mais il vivra." La mort présente n'est pas une mort, mais plutôt la fin d'une longue mort. En effet, quand le corps est évanoui, privé de sens, il ne vaut pas mieux qu'un cadavre bien que l'âme soit en lui, sauf que le cadavre attend que Dieu le ressuscite, tandis que l'évanoui attend que la sensibilité lui revienne. 

Prenez donc garde que la vie présente ne soit une mort si vous n'avez pas le sens de Dieu.

 

Chapitre 195 

Ceux qui croiront en moi ne mourront jamais, car par ma parole ils sentiront Dieu en eux-mêmes et ils feront leur salut t. Qu'est-ce que la mort, sinon un acte que fait la nature sur l'ordre de Dieu? Comme si quelqu'un tenait un oiseau attaché par une corde qu'il garderait en main. Si la tête veut que l'oiseau s'envole, que fait-elle? Elle ordonne naturellement à la main de s'ouvrir et l'oiseau fuit aussitôt. Quand l'homme est sous la protection de Dieu, notre âme est, selon le prophète David, comme un passereau délivré de la ruse du chasseur. Notre vie est comme une corde par laquelle ta nature tient l'âme attachée au corps et à la sensibilité. Quand Dieu veut et ordonne à la nature de s'ouvrir, la vie se brise et l'âme se réfugie entre les mains de l'ange que Dieu a établi pour recevoir les âmes. 

Que les amis ne pleurent donc pas quand leur ami est mort, car c'est ainsi que notre Dieu fa voulu ! Mais qu'ils pleurent sans fin quand il pèche, car alors l'âme meurt, puisqu'elle se sépare de Dieu sa vraie vie. En effet, si le corps privé de l'âme est horrible, bien plus épouvantable est l'âme privée de Dieu qui la rend belle et la vivifie par sa grâce et sa miséricorde. 

Sur ces mots, Jésus rendit grâces à Dieu. Lazare dit alors : " Maître, cette maison appartient à Dieu mon créateur ainsi que tout ce qu'il m'a donné. en garde pour le service des pauvres; mais comme tu es pauvre et que tu as un grand nombre de disciples, viens habiter ici quand tu veux et aussi longtemps que tu veux, car le serviteur de Dieu te donnera pour l'amour de Dieu tout ce qui te sera nécessaire.

 

Chapitre 196 

Entendant cela, Jésus se réjouit et dit : " Vous voyez comme il est bon de mourir! Lazare n'est mort qu'une fois et il a appris une doctrine si grande que ne la connaissent pas les plus grands savants du monde, qui ont vieilli parmi les livres. Plaise à Dieu que tout homme meure une seule fois et revienne au monde comme Lazare, pour que les hommes appren-nent à vivre ! " 

Jean répondit : " Maître, m'est-il permis de dire un mot?" - " Dis-en mille, répondit Jésus, car l'homme doit distribuer la doctrine de même qu'il doit distribuer les biens pour le service de Dieu. Et ce devoir est d'autant plus grand que la parole peut) ressusciter une âme par la pénitence tandis que les biens ne peuvent pas rendre la vie à un mort. C'est 

donc un meurtrier celui qui a le moyen d'aider un pauvre et qui le laisse mourir de faim sans l'aider. Mais plus grand meurtrier encore est celui qui peut convertir le pécheur à la pénitence par la parole de Dieu et qui ne le convertit pas. se tient, selon la parole de Dieu, comme un chien muet'. C'est contre eux que Dieu dit : " Je reprendrai de tes mains, serviteur infidèle, l'âme du pécheur qui périra parce que tu lui as caché tua parole ! " Dans quel état se trouvent donc maintenant les scribes et les pharisiens! Ils ont la clef et ne veulent pas entrer; au contraire ils font obstacle à ceux qui veulent entrer dans la vie éternelle! Jean, tu me demandes la permission de dire un mot, alors que tu en as écouté cent mille de ma part. En vérité, je te le dis, je suis obligé de t'écouter dix fois plus que tu ne m'as écouté. Celui qui ne veut pas écouter l'autre péchera chaque fois qu'il parlera, car nous devons faire aux autres ce que nous voulons pour nous et ne pas leur faire ce que nous-mêmes ne voulons pas rece-voir. " 

Jean dit alors : " Maître, pourquoi Dieu n'a-t-il pas donné aux hommes de mourir une fois et de revenir comme Lazare pour qu'ils apprennent à se connaître eux-mêmes et à connaître leur créateur? "

 

Chapitre 197 

Jésus répondit : " Dis-moi, Jean, un père de famille donna une excellente hache à l'un de ses serviteurs pour qu'il coupe les taillis qui gênaient la vue de la maison. Mais l'ouvrier négligea la hache et dit : " Si le patron me donnait une vieille hache, je couperais facilement les taillis! " Jean, dis-moi ce que fit le patron? Dans sa colère, il prit la vieille hache et il lui en frappa la tête en disant : " Pares-seux et scélérat! Je t'ai donné une hache avec laquelle tu pouvais sans peine couper les taillis et tu cherches celle-ci qu'on n'emploie qu'avec grande fatigue et qui abîme tellement tout ce qu'elle coupe que ce n'est plus bon à rien ! Je veux que tu coupes les taillis de telle manière que/le travail soit bien fait ! " Est-ce que ce n'est pas juste ? " Jean répon-dit : " Tout à fait juste. " 

Jésus dit alors : "Aussi vrai que je vis éternelle-ment, dit Dieu, j'ai donné une bonne hache à tout homme, et cette hache c'est de voir enterrer un mort. Ceux qui utilisent bien cette hache-là enlèvent sans difficulté de leur coeur, te taillis des péchés si bien qu'ils reçoivent ma grâce et ma miséricorde et je leur donne en récompense la vie éternelle parce qu'ils ont bien agi. Mais celui qui oublie qu'il est mortel alors qu'à tout instant il en voit d'autres mourir et qui dit : " Si je voyais l'autre vie, j'agirais bien! " ma fureur sera sur lui et je le frapperai tant par la mort qu'il ne recevra plus jamais aucun bien ! " O Jean, dit Jésus, qu'il est grand l'avantage de celui qui par la chute des autres apprend à se tenir debout ! "

 

Chapitre 198 

Lazare dit alors : " Maître, je te le dis en vérité, je ne peux pas imaginer la peine que mérite celui qui voit à tout instant des morts portés au tombeau et qui ne craint pas Dieu, notre créateur ! Ainsi par les choses de ce monde qu'il devra complète-ment abandonner, il offense son créateur qui les lui a données. 

Jésus dit alors à ses disciples : " Vous m'appelez Maître et vous faites bien, car Dieu vous enseigne par ma bouche', mais comment appeierez-vous en vérité Lazare puisqu'il est ici maître de tous les maîtres qui enseignent la doctrine de ce monde ? Je vous ai donc enseigné à bien vivre, mais Lazare vous enseignera à bien mourir. Vive Dieu , il a reçu le don de la prophétie ; écoutez donc ses paroles qui sont vérité ! Vous devez d'autant mieux l'écouter qu'il est vain de bien vivre 'et de mal mourir. " 

Lazare dit : "Maître, je te remercie de faire apprécier la vérité. Dieu t'en accordera un grand mérite. " Celui qui écrit dit alors : " Maître, comment Lazare dit-il la vérité en te disant " tu mériteras, puisque tu as dit à Nicodème que l'homme ne mérite que la peine ? Seras-tu donc puni par Dieu ? " 

Jésus répondit : " Plût à Dieu que je reçoive de Dieu une peine en ce monde, car je ne l'ai pas servi aussi fdèlement que je le devais. Pourtant, dans sa miséricorde, Dieu nia tellement aimé qu'il a éloigné de moi toute peine. et que je ne serai tourmenté que dans une autre personne. Une peine me convenait en effet puisque les hommes m'avaient appelé Dieu. Mais comme j'ai confessé non seule-ment que je ne suis pas Dieu -ce qui est la vérité -mais que je ne suis pas le Messie, Dieu m'a enlevé la peine et il la fera endurer à un méchant en mon nom. Moi, je n'aurai que la honte. 

Aussi je te le dis, mon Barnabé, quand l'homme parle de ce que Dieu donnera à son prochain, qu'il dise que son prochain mérite. Mais quand il parle de ce que Dieu lui donnera à lui-même, qu'il fasse attention à dire " Dieu m'accordera " et non pas "je mérite ". Dieu se complaît en effet à accor-der sa miséricorde à ses serviteurs quand ils confessent qu'ils méritent/l'enfer pour leurs péchés. "

 

Chapitre 199 

Dieu est si riche en miséricorde que l'eau de mille mers, s'il s'en trouve autant, ne peut éteindre une seule étincelle des flammes de l'enfer, tirndis qu'une seule larme de celui qui se plaint d'avoir offensé Dieu éteint l'enfer tout entier par la grande miséricorde avec laquelle Dieu le secourt. 

Aussi, pour la confusion de Satan et pour démon-trer sa propre libéralité, Dieu dans sa miséricorde veut appeler " mérite " toute bonne t!euvre de son serviteur fidèle et il veut que l'homme parle ainsi de son prochain. Mais que l'homme se garde bien de dire de lui-même " je mérite", car il serait condamné ! ".

 

Chapitre 200 

Tourné vers Lazare, Jésus lui dit : " Frère, puis-que je dois rester peu de temps en ce monde, quand je serai proche de ta maison, je n'irai plus ailleurs. Tu me serviras, non par amour pour moi, mais pour l'amour de Dieu. " 

La Pâque des Juifs était proche'. Jésus dit alors à ses disciples : " Allons à Jérusalem manger l'agneau pascal ! " Il envoya Pierre et Jean vers la ville en disant : " Près de la porte de la ville vous trouverez une ânesse avec un ânon. Déliez-la et amenez-la ici car j'en ai besoin pour me rendre à Jérusalem. Si quelqu'un vous interroge en disant : " Pourquoi la déliez-vous? " Dites-lui : " Le Maître en a besoin! " Et ils vous laisseront l'emmener. " 

Les disciples partirent et trouvèrent tout ce que Jésus leur avait dit. Ils amenèrent donc l'ânesse avec l'ânon. lis mirent leur manteau sur l'ânon et Jésus l'enfourcha. Or, ayant entendu dire que Jésus de Nazareth s'approchait, les hommes de Jérusalem, tout désireux de le voir, sortirent avec les enfants. Ils portaient en main des rameaux de palmiers et d'oliviers et chantaient : " Béni soit celui qui vient à nous au nom de Dieu! Hosanna, fils de David! " 

Quand Jésus eut atteint la ville, .les hommes éten-dirent leurs vêtements sous les pieds de l'âne en chantant ; " Béni soit celui qui vient à nous au nom du Seigneur Dieu! Hosanna, fils de David!" Les pharisiens le reprochèrent à Jésus' : " Ne vois-tu donc pas ce qu'ils disent? Fais-les taire ! " Jésus leur dit : " Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si les hommes se taisent, les pierres crieront contre l'incrédulité des méchants pécheurs ! " A ces mots, toutes les pierres de Jérusalem crièrent avec fracas : " Béni soit celui qui vient à nous au nom du Seigneur Dieu ! " 

Cependant, les pharisiens demeurèrent dans leur incrédulité. S'étant réunis, ils tinrent conseil entre eux pour le surprendre dans ses paroles.

 

Chapitre 201 

Quand Jésus fut entré dans le temple, les scribes et les pharisiens lui présentèrent une femme surprise en adultère'. Ils disaient entre eux : " S'il la sauve, il est contre la loi de Moïse et nous le tenons pour coupable! Mais s'il la condamne, il est contre sa propre doctrine, car il prêche la miséricorde ! " S'étant présentés à Jésus, ils dirent : " Maître, nous avons trouvé cette femme en adultère. Moïse ordonna qu'elle soit lapidée, mais toi qu'en dis-tu ? " Jésus se baissa et, du doigt, il fit par terre un miroir dans lequel chacun voyait ses iniquités . Pourtant, comme ils insistaient pour avoir la réponse, Jésus se leva et montrant du doigt le miroir, il dit : " Celui d'entre vous qui- est sans péché, qu'il soit le premier à la lapider!" Et de nouveau, il se baissa pour former le miroir. Voyant cela, les hommes sortirent un par un, en commençant par les plus vieux car ils avaient honte de voir leurs abominations. 

S'étant relevé et ne voyant personne d'autre que la femme, Jésus dit : " Femme, où sont ceux qui te condamnèrent ? " La femme répondit en pleurant 

" Seigneur, ils sont partis et si tu me pardonnes, vive Dieu, je ne pêcherai plus! " Jésus dit alors " Dieu soit béni, va-t'en en paix et ne pèche plus, car Dieu ne m'a pas envoyé pour te condamner!" Ayant réuni les scribes et les pharisiens, Jésus leur dit : " Dites-moi, si l'un de vous avait cent brebis et qu'il en perdait une, n'iriez-vous pas la chercher en laissant les quatre-vingt-dix-neuf? et rayant trouvée, ne la mettriez-vous pas sur vos épaules ? Après avoir réuni les voisins, ne diriez-vous pas : " Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la brebis que j'avais perdue ! " Oui, vous le feriez! Or dites-moi, notre Dieu aimerait-il moins l'homme pour lequel il a fait le monde? Vive Dieu, c'est ainsi qu'on se réjouit chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence, car les pécheurs font connaître la miséricorde de (Dieu)!'-

 

Chapitre 202 

Dites-moi, quels sont ceux qui aiment le plus le médecin ? Ceux qui n'ont jamais été malades, ou bien ceux que le médecin a guéris d'une grave maladie ? " Les pharisiens répondirent : " Comment celui qui est en bonne santé aimerait-il le médecin? II ne l'aimera que pour ne pas tomber malade. Mais comme il ne connaît pas la maladie, il aimera peu le médecin.' " 

Dans la force de l'esprit, Jésus dit alors : " Vive Dieu, vos langues condamnent votre orgueil. Oui, le pécheur qui fait pénitence et qui reconnaît la grande miséricorde de Dieu à son égard, aime plus notre Dieu/que le juste, car le juste ne connaît pas la miséricorde de Dieu ! Aussi se réjouit-on plus chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes2. Où sont les justes de notre temps? Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, il est grand le nombre des justes injustes et dont la condition est égale à celle de Satan! " 

Les scribes et les pharisiens répondirent : " Nous sommes pécheurs? Dieu nous fera donc miséri-corde ! " Ils dirent cela pour le tenter, car les scribes et les pharisiens tiennent pour insulte suprême d'être appelé pécheurs. Jésus dit alors : "Je crains que vous ne soyez des justes injustes. Car si vous avez péché et que vous niez le péché, tout en vous appelant justes, vous êtes injustes. Et si dans votre coeur vous vous considérez justes mais qu'avec votre langue vous vous dites pécheurs, vous êtes dou-blement des justes injustes ! " A ces paroles, les scribes et les pharisiens furent remplis de confusion et s'en allèrent en laissant Jésus en paix avec ses disciples. Ceux-ci allèrent chez Simon le lépreux, qu'il avait guéri de la lèpre. Les habitants de la ville rassem-blèrent les malades dans la maison de Simon et ils prièrent Jésus pour la santé des malades, Jésus sachant que son heure était proche, dit alors :" Appelez tous les malades possibles, Dieu est assez puissant et miséricordieux pour les guérir. " Ils répondirent : " Nous ne connaissons pas d'autre malade ici à Jérusalem. " Jésus répondit en pleu-rant : " O Jérusalem, O Israël, je pleure sur toi car tu ne sais pas la visite que tu reçois. J'ai voulu en effet te ramener à l'amour de Dieu, ton créateur, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et tu ne l'as pas voulu s. C'est pourquoi Dieu te dit ceci .

 

Chapitre 203 

O ville au coeur dur et à l'esprit pervers ! Je t'ai envoyé mon serviteur afin que tu te convertisses en ton coeur t et que tu fasses pénitence. Mais toi, ô ville de confusion, tu as oublié tout ce que j'ai fait contre l'Egypte et Pharaon pour ton amour, ô Israël! Souvent tu pleures pour que mon serviteur guérisse ton corps de la maladie et tu cherches à tuer mon serviteur parce qu'il cherche à te guérir l'âme du péché! 

Seras-tu donc la seule que je ne punirai pas? Vivras-tu toujours ? Ton orgueil te libérera-t-il de mes mains ? Certainement pas! Car j'amènerai contre toi des princes et des armées. Ils fassiègeront et je te livrerai si bien dans leurs mains que ton orgueil tombera en enfer! 

Je ne pardonnerai pas aux vieillards, ou aux veuves, je ne pardonnerai pas aux enfants, mais je vous livrerai tous à la faim, à l'épée et à la dérision! Et le temple, que je regardai avec miséricorde., je le rendrai désert ainsi que la ville et vous serez la fable, la dérision et le proverbe des nations'. C'est ainsi que ma fureur s'est arrêtée sur toi et que veille mon indignation ! "

 

Chapitre 204 

Puis Jésus ajouta : " Vous ne savez pas s'il y a d'autres malades ! Vive Dieu, à Jérusalem ceux dont l'âme est saine sont moins nombreux que ceux dont le corps est malade ! Afin que vous connaissiez la vérité, je vous le dis, malades'. au nom de Dieu, que la maladie s'éloigne de vous!'" A peine avait-il dit cela qu'ils furent guéris. 

Les hommes pleuraient. ayant senti la colère de Dieu sur Jérusalem et ils imploraient miséricorde. Jésus dit alors : " Si Jérusalem pleure ses péchés et fait pénitence, en marchant dans mes voies, dit Dieu, je ne me souviendrai plus de ses iniquités et je ne lui ferai aucun des maux que j'ai dits. Mais Jérusalem pleure sa ruine et non pas le déshonneur qu'elle m'inflige en faisant blasphémer mon nom par les nations. Aussi ma fureur s'enflamme-t-elle beaucoup plus ! Aussi vrai que je vis à jamais, si Job, Abraham, Samuel, David, Daniel, mes servi-teurs, ainsi que Moïse, priaient pour ce peuple, ma colère ne s'apaiserait pas sur Jérusalem!' " 

Ayant dit cela, Jésus se retira dans la maison, tandis que chacun demeurait dans la crainte.

 

Chapitre 205 

Pendant que Jésus prenait le repas du soir avec ses disciples chez Simon le lépreux, voici que Marie, sueur de Lazare, entra dans la maison. Ayant brisé un vase, elle répandit du parfum sur la tête et les vêtements de Jésus. 

Voyant cela, Judas le traître voulait empêcher Marie de le faire en disant : " Va vendre le parfum, rapporte l'argent et je le donnerai aux pauvres ". Jésus dit : " Pourquoi l'empêches-tu ? Laisse-la faire car vous aurez toujours des pauvres avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours! " Judas répondit : " Maitre, on pourrait vendre ce parfum trois cents deniers. Vois combien de pauvres seraient aidés!'" Jésus répondit : "Judas, je connais ton coeur, mais sois patient, je te donnerai tout! " Tous mangèrent avec crainte et les disciples s'attristaient car ils savaient que Jésus devait bientôt les quitter. Mais Judas, indigné à la pensée de perdre trente deniers sur le parfum qu'on ne vendait pas, puisqu'il volait le dixième de tout ce qu'on donnait à Jésus'; alla trouver le grand prêtre'. Celui-ci réunit en conseil de prêtres, scribes et pharisiens. Judas s'adressa à eux en ces termes " Que voulez-vous me donner et je livrerai entre vos mains Jésus qui veut se faire roi d'Israël?" lls répondirent : " Comment le livreras-tu entre nos mains ? " Judas répondit : " Quand je saurai qu'il va prier hors de la ville, je vous le dirai et je vous conduirai où il se trouvera, car le prendre en ville ne se passera pas sans émeute. " Le pontife répondit " Si tu le livres entre nos mains, nous te donnerons trente deniers d'or 6 et je te ferai tout le bien que tu voudras .

 

Chapitre 206 

Quand il fit jour, Jésus monta au temple avec une grande multitude de gens 1. Le pontife s'approcha de lui et dit : " Dis-moi, Jésus, as-tu oublié ce que tu as proclamé, que tu n'es ni Dieu, ni fils de Dieu, ni non plus le Messie ? " Jésus répondit : " Certes non, je ne l'ai pas oublié; j'ai proclamé et je proclamerai au tribunal de Dieu au jour du jugement que tout ce qui est écrit dans le livre de Moïse est absolument vrai, c'est-à-dire que Dieu, notre créateur, est uni-que, que moi je suis son serviteur et que je désire servir de messager de Dieu que vous appelez Messie. " 

Le pontife dit alors : " A quoi bon venir au temple avec une telle multitude ? Chercherais-tu à te faire roild'Israël ? Prends garde qu'il ne t'arrive quelque malheur!" Jésus répondit : " Si je cherchais ma gloire et si je voulais ma part en ce monde, je ne me serais pas enfui quand le peuple de Naïn voulut me faire roi. Crois-moi, en vérité je ne cherche rien en ce monde!" Le pontife dit alors : " Nous voudrions encore apprendre quelque chose sur le Messie. " A ce moment, les prêtres, scribes et pharisiens firent cercle autour de Jésus. Celui-ci répondit : "Que cherches-tu à savoir sur le Messie? Le mensonge, peut-être ? Moi, je ne te mentirai certainement pas. Si j'avais menti, tu m'aurais adoré, ainsi que les scribes, les pharisiens et tout Israël. Mais comme je vous dis la vérité, vous me haïssez et vous cherchez à me tuer! ' " Le pontife dit : " Maintenant, nous savons que tu as le diable au corps, car tu es 

Samaritain' et tu n'as pas de respect pour le pontife de Dieu. "

 

Chapitre 207 

Jésus répondit : " Vive Dieu. je n'ai pas le diable au corps', au contraire je cherche à chasser le diable, c'est pourquoi il excite le monde contre moi, car je ne suis pas de ce monde x. Je désire au contraire que Dieu soit glorifié, lui qui m'a envoyé au monde". Ecoutez-moi donc, je vais vous dire qui a le diable au corps! Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, celui qui agit selon la volonté du diable, c'est celui-là qui a le diable au corps! Le diable lui a imposé le mors de sa volonté et il le dirige à son gré en le faisant courir vers toute iniquité. De même qu'un vétement change de nom quand change la personne, bien que ce soit exacte-ment la même étoffe, ainsi les hommes : bien qu'ils soient tous faits d'une même matière, ils sont diffé-rents à cause des aeuvres de celui qui agit en l'homme. 

Si j'ai péché, comme je le sais, pourquoi ne me reprenez-vous pas comme un frère, au lieu de me hoir comme un ennemi ? En vérité, les membres d'un corps se secourent l'un l'autre s'ils sont unis à la tête ; et ils ne secourent pas ceux qui sont coupés de la tête. En effet, les mains ne, sentent pas la douleur des pieds d'un autre corps, mais celle du corps auquel/elles sont unies. Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, celui qui craint et aime Dieu, son créateur, éprouve un sentiment de miséricorde pour ceux à qui Dieu, son chef, fait miséricorde. Dieu, en effet, ne veut pas la mort du pécheur, mais il attend sa pénitences et celle de tous. Si vous faisiez partie de ce corps dans lequel je suis incorporé, vive Dieu, vous m'aideriez à agir selon mon chef.

 

Chapitre 208 

Si je commets l'iniquité, reprenez-moi et Dieu vous aimera car vous ferez sa volonté, mais si personne ne peut me reprendre de péché t, c'est signe que vous n'êtes pas fils d'Abraham, comme vous vous appelez et que vous n'êtes pas rattachés à cette tête à laquelle Abraham était rattaché'. Vive Dieu, Abraham aima tellement Dieu que non seulement il mit en pièces les fausses idoles et qu'il abandonna ,son père et sa mère, mais qu'il voulut tuer son propre fils pour obéir à Dieu . " 

Le pontife répondit : " C'est cela que je te deman-de, et je ne cherche pas à te tuer! Dis-nous donc qui fut le fils d'Abraham ? " Jésus répondit :" Le zèle de ton honneur, ô mon Dieu, me brûle' et je ne peux pas me taire. Aussi je le dis en vérité, le fils d'Abraham fut Ismaël, de qui doit descendre le Messie selon la promesse faite à Abraham de bénir en lui toutes les tribus de la terre. " 

En entendant cela, le pontife se mit en colère et s'écria : " Lapidons cet impie. C'est un Ismaëlite. II a blasphémé contre Moise et contre la loi de Dieu. " Tous les scribes, les pharisiens et les anciens du peuple, prirent des pierres pour lapider Jésus. Mais il disparut à leurs yeux et sortit du temple. Cepen-dant dans leur grande volonté de tuer Jésus, aveu-glés de fureur et de haine, ils se blessèrents si bien les uns et les autres, que mille hommes en mouru-rent. C'est ainsi qu'ils souillèrent le temple saint. 

Les disciples et les croyants qui virent Jésus sortir du temple - car pour eux il ne fut pas caché -, le suivirent chez Simon. Nicodème y vint et conseilla à Jésus de sortir de Jérusalem et d'aller au-delà du torrent Cédron' : " Seigneur, j'ai un jardin et une maison au-delà du torrent Cédron. Aussi, je vous en prie, allez-y avec quelques-uns de vos disciples "

 

Chapitre 209 

En ce temps-là, comme la vierge Marie, mère de Jésus, se tenait en prière, l'ange Gabriel la visita et lui raconta la persécution de son fils, Puis il dit : "Ne crains pas, Marie, Dieu le préservera du monde!" Alors, Marie quitta Nazareth en pleurant, venant chercher son fils à Jérusalem, chez sa sœur Marie Salomé. Mais comme il s'était retiré en secret au-delà du torrent du Cédron, elle ne put le voir en ce monde qu'après le comble de l'opprobre, car alors l'ange Gabriel, l'ange Michel, Raphaël et Uriel le lui présentèrent par ordre de Dieu.

 

Chapitre 210 

Le départ de Jésus avait jeté la confusion dans le temple. Le pontife se mit alors en évidence et fait de la main signe de silence. "Frères, dit-il, que faisons-nous? croyez-vous pas qu'il a trompé tout le monde par son art diabolique? Comment donc a-t-il disparu s'il n'est pas magicien? S'il était saint et Prophète, il ne blasphémerait certainement pas contre Dieu, contre Moïse son serviteur et contre le Messie qui est l'espérance d'Israël. Que dis-je? Il a blasphémé notre sacerdoce tout en entier! Aussi je le dis en vérité, s'il n'est pas supprimé, Israël sera souillé et notre Dieu nous livrera au nations. Voyez donc comme ce saint temple est souillé par lui!" Et le pontife parla de telle manière que beaucoup s'éloignèrent de Jésus. 

Alors la persécution, de secrète qu'elle était, devint ouverte. Le pontife se rendit personnellement chez Hérode et chez le gouverneur romain en accusant Jésus de vouloir se faire roi d'Israël. Ils avaient là-dessus de faux témoins. On tint conseil générale contre Jésus car le décret romain leur faisait peur; deux fois déjà en effet le sénat avait émis un décret au sujet de Jésus. dans le premier, il était interdit, sous peine de mort, d'appeler Jésus nazaréen, Prophète des Juifs, Dieu ou fils de Dieu. Dans l'autre, on interdit à quiconque sous peine de mort de se quereller à propos de Jésus nazaréen, Prophète des Juifs. Aussi y avait-il un grand différend entre eux à ce sujet. Certains voulaient qu'on écrivit de nouveau à Rome contre Jésus; d'autres disaient qu'on devaient laisser Jésus en paix sans se soucier aucunement de ses paroles, comme pour un fou; d'autres alléguaient les grands miracles qu'il faisait. 

Mais le souverain pontife déclara que personne, sous peine d'anathème, ne devrait dire un mot pour défendre Jésus. Et il s'adressa à Hérode et au gouverneur en ces termes : "De toute façon, nous avons un mauvais parti entre les mains, car si nous tuons ce pécheur, nous aurons agi contre le décret de César, mais si nous le laissons vivre et qu'il se fasse roi, qu'arrivera-t-il?" 

Hérode se dressa alors et menaça le gouverneur en disant : "Prends garde que par ta complaisance envers lui cette nation ne se rebelle, car alors je t'accuserai de rébellion devant César ". Le gouverneur craignit alors le sénat et il fit la paix avec Hérode, car auparavant ils se haïssaient à mort, et ils ne firent plus qu'un pour la mort de Jésus. Ils dirent au pontife : "Chaque fois que tu sauras où se trouve ce malfaiteur, fais appel à nous et nous te donnerons les soldats!" 

Cela arriva pour que s'accomplisse la prophétie de David au sujet de Jésus, Prophète d'Israël : "Les princes et les rois de la terre se sont unis contre le saint d'Israël car il leur annonce le salut du monde ". Et ce jour-là, on se mit à chercher Jésus partout à Jérusalem.

 

Chapitre 211 

Chez Nicodème, au-delà du torrent Cédron, Jésus réconfortait ses disciples en disant : "L'heure est proche où je quitterai le monde, mais consolez-vous, ne vous attristez pas, car là où je vais je ne souffrirai aucune tribulation. Seriez-vous mes amis si vous vous attristez pour mon bien? Non, bien sûr, bien plutôt des ennemis! Quand le monde se réjouit, attristez-vous, car la joie du monde se change en deuil. Mais votre tristesse se changera en joie, et votre joie, personne ne vous l'enlèvera; le monde entier ne peut enlever la joie que le cœur éprouve en Dieu, son créateur. 

Prenez garde d'oublier les paroles que Dieu vous a dites par ma bouche! Faites en sorte d'être mes témoins contre quiconque contaminera le témoignage que j'ai donné contre le monde et contre les amis du monde par mon Evangile."

 

Chapitre 212 

Les mains levées vers le Seigneur, il pria : "Seigneur, notre Dieu, Dieu d'Abraham, Dieu d'Ismaël et d'Isaac, Dieu de nos pères, fais miséricorde à ceux que tu m'as donnés et sauve-les du monde! je ne dis pas : enlève-les du monde! car il est nécessaire qu'ils témoignent contre ceux qui contamineront mon Evangile, mais je te prie, garde les du mal, pour qu'ils viennent avec moi au jour de ton jugement témoigner contre le monde et contre la maison d'Israël qui a contaminé ton alliance. 

Seigneur, Dieu fort et jaloux qui venges l'idolâtrie des pères idolâtres dans leurs fils jusqu'à la quatrième génération, maudit à jamais quiconque contaminera l'évangile que tu me donna en y écrivant que je suis ton fils, car moi qui suis boue et poussière, serviteur de tes serviteurs, jamais je n'ai pensé que j'étais ton bon serviteur. En effet, je ne puis rien te rendre pour ce que tu m'as donné puisque tout t'appartient! 

Seigneur Dieu miséricordieux, qui fait miséricorde pendant mille générations à ceux qui te craignent, fais miséricorde à ceux qui croient aux paroles que tu m'as données. Car de même que tu es vrai Dieu, de même la parole que j'ai dite est vraie puisqu'elle est tienne. En effet j'ai toujours parlé comme celui qui lit et qui ne peut lire que ce qui est écrit dans son livre. Aussi ai-je annoncé tout ce que tu m'as dit. 

Seigneur Dieu sauveur, sauve ceux que tu m'as donnés pour que Satan ne puisse rien contre eux! Sauves-les, et non seulement eux, mais aussi toux ceux qui croiront en eux! 

Seigneur libéral et riche en miséricorde, accorde à ton serviteur de faire partie de la congrégation de ton Messager au jour du jugement. Non seulement moi, mais tous ceux que tu m'as donnés et même tous ceux qui me croiront à cause de leur prédication. Fais-le pour toi même, Seigneur, afin que Satan ne s'en glorifie pas contre toi! Seigneur Dieu qui dans ta providence as pourvu ton peuple d'Israël de tout le nécessaire, souviens-toi de toutes les tribus de la terre. Tu as promis de les bénir par ton Messager pour lequel tu as crée le monde! Fais miséricorde au monde et envoie vite ton Messager pour que Satan, ton ennemi, perde son empire." 

Puis Jésus ajouta trois fois : "Qu'il en soit ainsi, Seigneur, Dieu grand et miséricordieux!" Et tous répondirent en pleurant : "Qu'il en soit ainsi!" sauf Judas car il ne croyait rien.

 

Chapitre 213 

Venu le jour de manger l'agneau, Nicodème envoya secrètement l'agneau au jardin pour Jésus et ses disciples et leur annonça ce qu'Hérode, le gouverneur et le pontife avaient décrété. Jésus se réjouit en esprit et dit : "Béni soit ton saint nom, Seigneur, car tu ne m'as pas séparé du nombre de tes serviteurs qui ont été persécutés par le monde et tués! Je te remercie, mon Dieu, car j'ai accompli ton œuvre." 

Puis, tourné vers Judas, il lui dit : "Qu'attends-tu, mon ami? mon temps est proche, va donc et fais ce que tu dois faire!" Les disciples crurent que Jésus l'envoyait acheter quelque chose pour le jour de la Pâque. Cependant Jésus savait que Judas le trahissait, mais comme il désirait quitter ce monde, il parla de cette manière. Judas répondit : "Maître, laisse-moi manger et je m'en irai." -"Mangeons, dit Jésus, parce que j'ai grandement désiré manger cet agneau avant de vous quitter!" 

S'étant levé, il prit une serviette et se ceignit les reins. Ayant versé de l'eau dans une cuvette, il se mit à laver les pieds de ses disciples, en commençant par Judas. Quand il arriva à Pierre, celui-ci lui dit : "Maître, c'est toi qui veut me laver les pieds?" Jésus répondit : "Ce que je fais maintenant, tu ne le sais pas, mais tu le seras plus tard." Pierre répondit : "Non, Jamais tu me laveras les pieds!" Jésus se leva alors et dit : "Toi non plus, tu ne m'accompagnera pas au jour du jugement!" Pierre répondit : "Seigneur, lave-moi non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!" 

Quand les disciples furen

t lavés et se furent mis à table pour manger, Jésus dit : "Je vous ai lavé, mais vous n'êtes pas tous purs, car l'eau de la mer ne lavera pas celui qui ne me croit pas." Jésus dit cela, car il savait qui le trahissait. Les disciples s'attristèrent à ces paroles. Jésus ajouta alors : "Je vous le dis en vérité, l'un de vous me trahira, en sorte que je serai vendu comme une brebis. Mais malheur à lui car il accomplira ce que David notre père dit de ceux-là : "Il tombera dans la fosse celui qui l'avait préparée pour d'autres!". " Les disciples se regardaient les uns les autres en se disant avec douleur : "Quel sera le traître? " Judas dit alors : "Est-ce que ce sera moi, Maître?" Jésus répondit : "Tu m'as dit quel sera celui qui me trahira!" Mais les onze apôtres ne l'entendirent pas. 

L'agneau une fois mangé, le diable entra en Judas et celui-ci sortit de la maison. Jésus lui dit de nouveau : "Fais vite ce que tu dois faire!"

 

Chapitre 214 

Sorti de la maison, Jésus se retira dans le jardin pour prier selon sa coutume. Il priait en effet, en ployant cent fois les genoux et en se prosternant la face contre terre. 

Judas, qui connaissait l'endroit où se trouvait Jésus avec ses disciples, alla chez le pontife et dit : "Si vous voulez me donner ce que vous m'avez promis, je livrerai cette nuit entre vos mains ce Jésus que vous cherchez. Il se trouve seul avec onze compagnons." Le pontife répondit : "Combien désires-tu? " Judas répondit : "Trente deniers d'or!" Le pontife lui compta aussitôt l'argent et envoya un pharisien chez le gouverneur et chez Hérode pour prendre des soldats. Ils en fournirent une légion car ils craignaient le peuple. Ils prirent les armes et sortirent de Jérusalem avec des lumières et des lanternes sur des bâtons.

 

Chapitre 215 

Comme les soldats et Judas approchaient de l'endroit où se trouvait Jésus, celui-ci entendit venir beaucoup de monde. Il eu peur et se retira dans la maison. Les onze dormaient. Mais Dieu voyant le périple que courait son serviteur ordonna à Gabriel, Michel, Raphaël et Uriel, ses serviteurs, d'enlever Jésus du monde. Les saints anges vinrent et enlevèrent Jésus par la fenêtre qui fait face au midi. Ils l'emportèrent et le mirent au troisième ciel avec des anges, bénissant Dieu à jamais.

 

Chapitre 216 

Judas fit irruption le premier dans la pièce d'où Jésus avait été enlevé et où dormaient les onze. Alors, l'admirable Dieu agit admirablement : Judas devint si semblable à Jésus par son langage et dans son visage que nous crûmes que c'était Jésus. 

Judas, lui, nous ayant réveillés, cherchait où était le Maître. Mais, stupéfaits, nous répondîmes : "C'est toi, Seigneur, notre Maître! Nous as-tu oubliés ? " Mais il nous dit en souriant : "Etes-vous fous? Je suis Judas Iscariote." 

Tandis qu'il parlait, la milice entra et on mit la main sur lui car il était en tout semblable à Jésus. Quant à nous, après avoir entendu les paroles de Judas et vu la foule des soldats, comme hors de nous-mêmes, nous nous enfuîmes. Jean qui dormait enveloppé d'un drap s'éveilla et s'enfuit. Comme un soldat l'avait saisi par le drap, il laissa le drap et se sauva nu, car Dieu avait exaucé la prière de Jésus et sauvé les onze du mal.

 

Chapitre 217 

Les soldats s'emparèrent de Judas et le ligotèrent non sans dérision car il niait la vérité qu'il était Jésus. Ils lui disaient en se moquant de lui : "Ne crains pas, Seigneur, nous sommes venu pour te faire roi d'Israël! Nous ne t'avons ligoté que parce que nous savons que tu refuses le royaume!" Judas répondit : "Avez-vous perdu la cervelle? Vous êtes venus prendre Jésus Nazaréen avec des armes et des lanternes comme un voleur et vous m'avez ligoté pour me faire roi, moi qui vous ai conduits ici!" Alors les soldats perdirent patience et à coups de poings et à coups de pieds ils commencèrent à rendre à Judas la monnaie de sa pièce et en furie, ils le conduisirent à Jérusalem. 

De loin, Jean et Pierre suivaient les soldats. Ils affirmèrent à celui qui écrit qu'ils avaient vu tous les interrogatoires auxquels le pontife et le conseil des pharisiens réunis pour mettre à mort Jésus soumettaient Judas. Celui-ci débitait tant de folies qu'il faisait rire tout le monde, tous croyant qu'il était vraiment Jésus et qu'il faisait le fou par crainte de la mort. Les scribes lui mirent un bandeau sur les yeux et disaient en se moquant de lui : "Jésus, Prophète des Nazaréen, - car c'est ainsi qu'ils appelaient ceux qui croyaient à Jésus- , dis-nous qui t'a frappé!" Ils le souffletaient et lui crachaient au visage. 

Le matin venu, le grand conseil des scribes et des anciens du peuple se réunit. Le pontife et les pharisiens cherchaient de faux témoins contre Judas, croyant que s'était Jésus. Ils ne trouvaient pas ce qu'ils cherchaient. Que dis-je, les pontifes croyaient que Judas était Jésus! mais tous les disciples et même celui qui écrit le croyaient. La pauvre vierge mère de Jésus, elle-même, le croyait, ainsi que ses parents et ses amis et la douleur de tous était incroyable! Vive Dieu, celui qui écrit avait oublié que Jésus lui avait dit qu'il serait enlevé de monde, qu'il souffrirait dans un autre et qu'il ne mourrait qu'aux approches de la fin de monde. 

Aussi se rendit-il près de la croix avec la mère de Jésus et Jean. 

Le pontife se fit amener Judas toujours ligoté et l'interrogea sur ses disciples et sa doctrine. Judas comme privé de sens ne répondit rien là-dessus. Aussi le pontife l'adjura-t-il par le Dieu vivant d'Israël de lui dire la vérité. Judas répondit : "Je vous ai dit que je suis Judas Iscariote qui vous ai promis de livrer Jésus de Nazareth entre vos mains, mais vous, je ne sais pas par quel artifice, vous êtes sortis de vous-mêmes! Vous voulez à tout prix que je sois Jésus!" Le pontife répondit : "Séducteur pervers, par ta doctrine et tes faux miracles tu as trompé tout Israël de la Galilée jusqu'ici à Jérusalem, et maintenant tu crois échapper au juste châtiment qui te revient en faisant le fou! Vive Dieu, tu n'échapperas pas!" 

Cela dit, il ordonna à ses serviteurs de lui donner des soufflets et des coups de pieds pour lui faire recouvrer les esprits. Les serviteurs du pontife lui firent alors subir un traitement incroyable. Ils s'ingénièrent à trouver du nouveau pour faire plaisir au conseil. Ils l'habillèrent en jongleur et lui donnèrent tant de coups de poings et de coups de pieds qu'il aurait fait pitié aux Cananéens s'ils l'avaient vu ainsi. Mais les pontifes, les pharisiens et les anciens du peuple avaient le cœur si endurci contre Jésus qu'ils prenaient plaisir à voir Judas traité de cette manière en croyant qu'il était vraiment Jésus. 

Puis, toujours ligoté, ils l'emmenèrent chez les gouverneur. Or celui-ci aimait Jésus en secret. Persuadé que Judas était Jésus, il le fit entrer dans sa chambre et lui demanda pour quelle raison les pontifes et le peuple le livraient entre ses mains. Judas répondit : "Si je te dis la vérité, tu ne me croiras pas car tu es sans doute trompé comme le sont les pontifes et les pharisiens." Croyant qu'il voulait parler de la loi, le gouverneur répondit : "Ne sais-tu pas que je ne suis pas juif et que ce sont les pontifes et les anciens de ton peuple qui t'ont livré entre mes mains? dis-nous donc la vérité pour que je fasse ce qui est juste, car j'ai le pouvoir de te libérer ou de te donner la mort." Judas répondit : "Seigneur, crois-moi, si tu me donnes la mort, tu feras un grand péché car tu tuera un innocent. En effet je suis Judas Iscariote et non pas Jésus. Lui, c'est un magicien. Il m'a transformé ainsi par son artifice. 

Le gouverneur s'étonna fort en l'entendant; aussi cherchait-il à le libérer. Il sortit dehors et dit en souriant : "De deux choses, il y en a au moins une pour laquelle il n'est pas digne de mort, mais plutôt la compassion. Il prétend - dit le gouverneur- qu'il n'est pas Jésus, mais un certain Judas qui guida la milice pour prendre Jésus. Et il dit que Jésus de Galilée l'a ainsi transformé par son art magique. Si c'est vrai, ce serait un grand péché de le tuer, puisqu'il serait innocent. Mais si c'est Jésus et qu'il le nie, il a certainement perdu l'esprit et il serait impie de tuer un fou!". Les pontifes, les anciens du peuple ainsi que les scribes et les pharisiens s'écrièrent avec force : "C'est Jésus de Nazareth que nous connaissons, car si ce n'était pas ce malfaiteur, nous ne l'aurions pas livré entre vos mains. Et il n'est pas fou non plus, mais plutôt fourbe; il cherche à échapper de nos main par cet artifice; mais la sédition qu'il fomenterait en s'enfuyant, serait pire que la première!" Pour se débarrasser de ce cas, Pilate - c'était le nom du gouverneur- dit : "Il est Galiléen. Or Hérode est roi de Galilée et il ne m'appartient pas de juger ce cas. Emmenez-le donc chez Hérode!" 

Ils conduisirent alors Judas chez Hérode. Depuis longtemps celui-ci souhaitait que Jésus vienne chez lui; mais Jésus ne l'avais jamais voulu car Hérode était païen et adorer les dieux faux et menteurs, vivant à la manière des nations impures. Chez lui, Hérode interrogea Judas sur beaucoup de sujets, mais Judas y répondait hors de propos en niant qu'il était Jésus. Alors Hérode se moqua de lui avec toute sa cour et le fit habiller de blanc comme on habille les fous. Puis il le renvoya à Pilate en lui disant : "Ne soit pas injuste envers le peuple d'Israël !" Hérode écrivit cela parce que les pontifes, les scribes et les pharisiens lui avaient donné une bonne somme d'argent. 

L'ayant pris par un serviteur d'Hérode, le gouverneur feignit de vouloir libérer Judas, lui aussi pour gagner de l'argent. Il le fit flageller par ses serviteurs qui furent payés par les scribes pour le faire tuer sous le fouet. 

Mais Dieu qui avait décrété ce qui devait arriver garda Judas pour la croix afin qu'il reçoive cette horrible mort qu'il avait vendue à d'autres. Il ne laissa pas mourir Judas sous le fouet, bien que les soldats le flagellèrent tant que son corps pleuvait du sang. Puis par moquerie, ils l'habillèrent d'une vielle robe de pourpre en disant : "Il convient d'habiller notre nouveau roi et de le couronner." Ils prirent des épines et firent une couronne semblable à celle d'or et de pierres précieuses que les rois portent sur la tête. Ils placèrent cette couronne d'épines sur la tête de judas, lui mirent dans la main un roseau en guise de sceptre et ils le firent asseoir en un lieu élevé. Les soldats venaient devant lui, s'inclinaient par moquerie et le saluaient comme "Roi des Juifs!" Ils étendaient la main pour recevoir des cadeaux puisque les nouveaux rois ont coutume d'en donner. Mais comme ils ne recevaient rien, ils frappaient Judas en disant : "Comment es-tu couronné, roi fou, si tu veux ni payer tes soldats ni tes serviteurs?" 

Les pontifes, les scribes et les pharisiens voyant que Judas ne mourait pas sous le fouet et craignant que Pilate ne le laissât libre, donnèrent de l'argent au gouverneur. L'ayant reçu, celui-ci livra Judas aux scribes et pharisiens comme méritant la mort. Avec lui, ils condamnèrent deux voleurs à mourir en croix. 

Ils l'emmenèrent au mont Calvaire où on suspendait les malfaiteurs. Là, ils le crucifièrent nu pour que la moquerie soit plus grande. Judas ne faisait vraiment autre que crier : "Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné, car le malfaiteur a fuit et moi je suis tué à tort ? " 

En vérité, je le dis, sa voix, son visage et sa personne ressemblaient tellement à Jésus que ses disciples et ses fidèles, croyaient tout à fait que c'était Jésus. Certains d'entre eux s'éloignèrent de la doctrine de Jésus, en croyant qu'il était faux Prophète et qu'il avait opéré ses miracles grâce à la magie. Jésus en effet avait dit qu'il ne mourrait qu'au approches de la fin du monde et qu'à ce moment là il serait enlevé du monde. 

Mais ceux qui demeurèrent fermes dans sa doctrine étaient si affligés de douleur en voyant mourir celui qui lui ressemblait qu'ils ne se rappelaient pas ce qu'il avait dit. Aussi en compagnie de la mère de Jésus, allèrent-ils au mont Calvaire. Ils se tinrent non seulement présents à mort de Judas, en pleurant toujours, mais encore par l'intermédiaire de Nicodème et de Joseph d'Arimathie, ils réclamèrent au gouverneur le corps de Judas pour l'ensevelir. Ils l'enlevèrent de la croix en un tel deuil que certainement personne ne le croirait, et l'ayant enveloppé avec cent livres de parfum précieux, ils l'ensevelirent dans le monument neuf de Joseph.

 

Chapitre 218 

Chacun rentra chez soi. celui qui écrit, ainsi que Jean, et son frère Jacques se rendirent à Nazareth avec la mère de Jésus. Ceux des disciples qui ne craignaient pas Dieu allèrent voler de nuit le corps de Judas, le cachèrent et répandirent le bruit que Jésus était ressuscité. Ainsi naquit une grande confusion. 

Le pontife interdit à quiconque, sous peine d'anathème, de parler de Jésus de Nazareth. Une grande persécution s'en suivit. Beaucoup furent lapidés, beaucoup frappés de verges et beaucoup exilés, car ils ne pouvaient se taire sur un tel sujet. 

La nouvelle parvient à Nazareth que Jésus, leur concitoyen, mort sur la croix, était ressuscité. Alors celui qui écrit pria la mère de Jésus de bien vouloir quitter son deuil puisque son fils était ressuscité. En l'entendant, la vierge Marie dit en pleurant : "Allons à Jérusalem trouver mon fils, car je mourrais volontiers quand je l'aurai vu!"

 

Chapitre 219 

Le jour où parut de décret du pontife, la vierge revint à Jérusalem avec celui qui écrit, ainsi qu'avec Jacques et Jean. Aussi, comme elle craignait Dieu. elle ordonna à ceux qui habitaient avec elle d'oublier son fils quoiqu'elle sut que le décret du pontife était injuste. 

Comment chacun fit-il? Dieu qui connaît les coeurs des hommes sait qu'avec la mère de Jésus nous nous consumions entre la douleur de la mort de Judas, que nous croyions être Jésus notre maître, et le désir de le voir ressuscité. 

Aussi les anges gardiens de la vierge Marie montèrent-ils au troisième ciel oú se tenait Jésus en compagnie des anges. Ils lui racontèrent tout et Jésus pria Dieu de lui donner le pouvoir de voir sa mère ainsi que ses disciples. Le Dieu miséricordieux ordonna alors aux quatres anges ses favoris, Gabriel, Michel, Raphaël et Uriel, de conduire Jésus chez sa mère et de l'y garder pendant trois jours de suite, ne le laissant voir qu'à ceux qui croyaient à sa doctrine. 

Environné de splendeur, Jésus vint où la Vierge Marie demeurait avec ses deux soeurs ainsi qu'avec Marthe, Marie-Madeleine, Lazare, celui qui écrit et Jean, Jacques et Pierre. De crainte, ceux-ci tombèrent comme morts. Mais Jésus releva sa mère et les autres en disant : "Ne craignez pas, je suis Jésus! Ne pleurez pas, je suis vivant et non pas mort!" A la vue de Jésus, ils restèrent longtemps comme privés de sens, car ils croyaient sans aucun doute qu'il était mort. 

Alors la Vierge dit en pleurant : "Maintenant, dis-moi, mon fils, pourquoi Dieu qui t'a donné le pouvoir de ressusciter les morts, t'a laissé mourir ainsi à la honte de tes parents et de tes amis, et à la honte de ta doctrine, de sorte que tous ceux qui t'aiment sont restés comme morts? "

 

Chapitre 220 

En embrassant sa mère, Jésus répondit : "Croyez-moi, mère : je vous le dis en vérité, je n'ai jamais été mort; Dieu m'a réservé jusqu'au approches de la fin du monde." 

Ayant ainsi parlé, il pria les quatres anges de se manifester et de témoigner de la manière dont la chose s'était passée. Les anges se manifestèrent donc comme quatres soleils si resplendissants que, de crainte, tous tombèrent de crainte comme morts. Jésus donna alors quatres voiles aux anges pour qu'ils s'en couvrissent et que sa mère et ses compagnons puissent les voir et les entendre parler. Les ayant relevés, il les réconforta en disant : "Voici les ministres de Dieu : Gabriel qui annonces les secrets de Dieu, Michel qui combat les ennemis de Dieu, Raphaël qui reçoit les âmes de ceux qui meurent, Uriel qui, au dernier jour, appellera chacun au jugement dernier de Dieu. 

Les quatres anges racontèrent alors à la vierge que Dieu avait envoyé chercher Jésus et qu'il avait transformé Judas pour qu'il reçoive la peine qu'il avait vendue à d'autres. Celui qui écrit dit alors : "Maître, m'est-il permis de t'interroger comme lorsque tu habitais parmi nous?" Jésus répondit : "pose les questions qui te plaisent, Barnabé, je te répondrai!" Celui qui écrit dis alors : "Maître, puisque Dieu est miséricordieux, pourquoi nous a-t-il tourmentés en nous faisant croire que tu `tais mort? Ta mère t'a tellement pleuré qu'elle en a été tout près de mourir. Et pourquoi Dieu a-t-il laissé retomber sur toi, qui es saint de Dieu, l'infamie d'être tué parmis les voleurs sur le mont Calvaire?" 

Jésus répondit : "Barnabé, crois-moi, Dieu punit tout péché, pour petit qu'il soit, par une grande peine, car il est offensé par le péché. Aussi, comme ma mère, mes fidèles et mes disciples m'aimaient un peu d'amour terrestre, le Dieu juste a voulu punir cet amour par la douleur présente, pour qu'il ne soit pas puni dans les flammes de l'enfer. 

Quant à moi, je fus innocent dans le monde, mais comme les hommes m'ont appelé Dieu et fils de Dieu, Dieu a voulu pour que je ne sois pas raillé par les démons le jour du jugement, que les hommes me bafouent dans le monde par la mort de Judas en faisant croire à chacun que c'était moi qui était mort sur la croix. Aussi cette dérision durera-t-elle jusqu'à la venue de Muhammad, le Messager de Dieu. En venant dans le monde, il détrompera de cette tromperie tous ceux qui croiront à la loi de Dieu." 

Puis Jésus ajouta : "Tu es juste, Seigneur notre Dieu, car à toi seul appartiennent honneur et gloire sans fin!"

 

Chapitre 221 

Se tournant vers celui qui écrit, Jésus dit : "Barnabé, fais très attention à écrire mon Evangile sur tout ce qui est arrivé durant mon séjour dans le monde! Ecris de même tout ce qui est arrivé à Judas, pour que les fidèles soient détrompés et que chacun croie à la vérité!" Celui qui écrit répondit : "Je ferai tout cela, s'il plaît à Dieu, Maître, mais je ne sais pas ce qui est arrivé à Judas, car je n'ai pas tout vu." Jésus répondit : "Jean et Pierre qui ont tout vu sont là, ils te diront comment tout s'est passé." 

Puis Jésus nous commanda d'appeler ses fidèles disciples pour qu'ils le voient. Jacques et Jean rassemblèrent donc les sept disciples ainsi que Nicodème, Joseph et un grand nombre de soixante douze et ils mangèrent avec Jésus. 

Le troisième jour, Jésus dit : "Allez avec ma mère au mont des Oliviers; c'est de là que je monterai au ciel et vous verrez qui m'emportera au ciel." 

Tous s'y rendirent donc, excepté vingt-cinq des soixante-douze disciples qui, par crainte, avaient fui à Damas. Alors que tous se trouvaient en prière, à l'heure de midi, Jésus vint avec une grande foule d'ange qui bénissaient Dieu. Tous prirent peur en voyant la splendeur de son visage et tombèrent la face contre la terre. Les ayant relevés, Jésus les réconforta en disant : "Ne craignez pas, je suis votre Maître!" Il en réprimanda beaucoup qui croyaient qu'il était mort et ressuscité : "Nous pensez-vous donc, moi et Dieu, pour des menteurs? Dieu m'a donné de vivre jusqu'aux approches de la fin du monde comme je vous l'ai dit. Je vous le dis, je ne suis pas mort; c'est le traître Judas qui est mort. Prenez garde, Satan fera tout pour vous tromper! Efforcez-vous donc d'être mes témoins partout en Israël et dans le monde entier, témoins de ce que vous avez entendu et vu!" 

Cela dit, il pria Dieu pour le salut des fidèles et la conversion des pécheurs. La prière terminée, il embrassa sa mère et dit : "Sois en paix, ma mère, et repose-toi en Dieu, ton créateur et le mien!" Puis il s'adressa aux disciples : "Que la grâce et la miséricorde de Dieu demeurent avec vous! Alors, les quatres anges l'enlevèrent visiblement au ciel.

 

Chapitre 222 

Jésus parti, les disciples se divisèrent selon les diverses régions. La vérité haïe par Satan, fut persécutée par le mensonge, comme cela se passe encore aujourd'hui. Quelques mauvais hommes, en effet se prétendant disciples prêchaient que Jésus était mort sans ressusciter; d'autres prêchaient que Jésus était vraiment mort et ressuscité; d'autres, et parmi eux se trouve Paul, trompé lui aussi, prêchaient et prêchent encore maintenant que Jésus est le fils de Dieu. 

Quant à nous, nous prêchent à ceux qui craignent Dieu tout ce qu'il a écrit pour qu'ils soient sauvés au dernier jour du jugement de Dieu. Amen!

 

Fin de l'Évangile

 

 

 

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